09.03.2007

Femmes

Journée bien ; des conversations intéressantes.

Ce soir, resto, avec une connaissance de passage sur Paris, quartier Bastille. La fille en question est très attirante. Très très très, même. On parle, puis on se promène dans les rues. Je tente de l’embrasser. Elle refuse. Elle me dit qu’elle n’a pas envie. Bon. On va pour se séparer. Je retente quelque chose. Mais c’est un non catégorique. Je suis super frustré, mais évidemment, j’essaie de rester classe. Loin de moi, rancœur, ressentiment, et toutes ces choses ! Je lui dis alors simplement que je la trouve vraiment belle, et que je risque fort de penser beaucoup à elle en m’endormant ce soir. Etrangement, j’ai alors l’impression de lui parler avec l’intonation de Doc Gynéco.

Je rentre vers mon scoot, les couilles pleines. Pas mal de racaille dans les rues. Normal, c’est Bastille, et ses petites rues. Devant le scoot, un bar, déco chaleureuse, avec plein de petits Blancs dedans, à l’abri du dehors. Et aussi, plein de serveuses qui s’agitent, jolies manifestement. Je rentre, bière au comptoir. Je dis un truc idiot à la barmaid. Je bois. Dehors, une racaille en voiture de sport passe à une vitesse hallucinante, et pile d’un coup devant un groupe de petits Blancs qui sortent du bar. Il dit un truc aux petits Blancs, un truc qui ne me semble pas très chaleureux, puis redémarre en trombe. Les petits Blancs rigolent nerveusement. J’efface cette vision de ma mémoire visuelle, et me reconcentre sur les serveuses.

Une serveuse blonde, que j’avais déjà vue une fois, passe. Echanges de regards, sourires. Elle est croustillante. Et moi je suis affamé de cul. Je lui dis quelques mots. Le patron me voit faire, et dis à la serveuse qu’elle doit aller bosser au resto d’en face pour les aider à la fermeture (c’est le même propriétaire). En lui disant ça, il me regarde droit dans les yeux, avec sa tête de cul, genre je suis méchant, c’est moi le chef du harem. C’est tellement appuyé qu’il me fait sourire. Petit garçon, va.

Je prends alors un bout de papier, écris mon no de tel, puis je le donne discrètement à la serveuse. Elle me dit merci avec un beau sourire, sans que je puisse déterminer si c'est parce que je lui plais, ou s’il s’agit simplement d’une sorte de joie narcissique. Mais je m’en fous un peu, en fait. Et puis après tout, c’est la journée de la femme.

Je pars. En roulant vers chez moi, je pense aux femmes, et songe à ma période adolescente. A cette époque, je rêvais d’une relation romantique, d’une histoire d’amour. Comme une gonzesse, en fait. Mais malheureusement, je n’avais aucun succès avec les filles. J’étais renfermé, parano. Elles me trouvaient laid. Ce fut une traversée du désert assez infernale. Vraiment douloureuse.

C’est à cette période, pleine de manque, que je me suis mis à faire jaillir des choses de moi : je me suis mis à dessiner. Et tout mon désir d’amour, je l’ai converti graphiquement. Ce désir était tellement fort que je suis devenu vraiment bon en dessin. Au lycée, j’étais la star du dessin, tout le monde venait me voir pour que je dessine un truc. Je n’avais toujours aucun succès avec les filles, mais j’avais découvert une force créative en moi, une force née du manque, de l’absence. Et mon insuccès fut du coup plus supportable : je n’avais pas ce que je voulais, mais au moins, je m’étais trouvé.

Puis, vers 20 ans, les choses ont commencé à changer avec les filles. Et ça s’est rapidement accéléré. Evidemment, j’ai arrêté très vite de dessiner. Et plus j’ai vieilli, plus le niveau moyen de beauté des filles que je me tapais a augmenté. C’est étrange. Ma sœur dit que ça marche pour moi avec les filles parce que j’ai une gueule.

Mais le plus étrange, c’est qu’à l’intérieur de moi, je suis toujours resté l’ado renfermé, sans confiance en lui, sans succès avec les filles, que j’ai été pendant si longtemps. Et à chaque fois qu’une beauté s’ouvre toute entière à moi, je suis secrètement bouleversé.

08.03.2007

La suite

La suite du post précédent. Donc, cette histoire d’anniversaire dans un resto du 11e. Je me pointe. Un resto du côté de Belleville, dans une rue bien bobo. Je m’assieds, je suis un des derniers. La musique est assourdissante, genre salsa commerciale. Le patron doit penser que c’est cool. Quartier de merde, resto de merde. Il faut hurler pour se faire entendre de son voisin. Putain, j’ai déjà envie de me casser, je suis fatigué. On mange, des gens dansent. Je reste en retrait, je n’ai pas d’énergie du tout. Il y a quelques belles filles, mais je ne fais rien, je me sens fragile, je n’ai pas de force. Vers 1h du mat, je paie mon repas, addition très salée, putain d’arnaque (quartier de merde, resto de merde), et je pars, le premier.

Je roule en scoot direction chez moi. Je n’ai plus de cigarettes, alors je m’arrête dans une brasserie vers Répu. Cigarettes, comptoir, bière. Je me sens vraiment off, ce soir. Je m’apprête à partir,  et une fille arrive. Elle aussi, comptoir, à deux mètres de moi. Elle a le visage beau, des traits fins, gracieux, mais on sent la trentenaire.. Des cernes, des pattes d’oies naissantes. Fourchette : 28-32 ans Je n’ai pas très envie de la draguer. Ce n’est pas mon cœur de cible, disons. Elle lit un journal, puis me demande une clope, que je lui file. Puis, elle enlève son manteau, elle a un haut assez dénudé. Un corps magnifique, des formes superbes. Glurps. De la musique des îles passe. Le serveur passe derrière elle, et dit que c’est une musique pour faire l’amour. Elle ne réagit pas. Bon, je me dis, on va parler. J’engage la discussion sur Polnareff (elle lit un article sur lui). On parle de choses et d’autres. Elle me dit qu’elle est suédoise, et alors je réalise qu’elle a un léger accent. Elle m’explique qu’elle bosse dans l’image, sur des tournages de téléfilms. Au fil de la discussion, je me mets à penser au passage sur « la femme de 30 ans » dans « Confession d’un dragueur » de Alain Soral. Un passage que j’avais beaucoup aimé. En passant, je dois bien dire que je n’aime pas Soral ; notamment parce que je crois que l’antisémitisme ne me semble pas être une voie d’avenir, géostratégiquement parlant. Mais en tout cas, ce livre est bon et amusant, et ce passage en particulier est bien vu, plein d’intelligence, et doté d’une humanité certaine. Donc je pense à ce passage, en regardant cette fille. Et je me dis que je ne suis probablement pas loin d’éprouver ce qu’il ressentait lorsque il a écrit ce passage.

Le bar ferme. Elle ne veut pas du rendez vous que je lui propose, probablement parce que cela implique un échange de nos de téléphone. Alors je lui dis, 19h demain, ici même. Elle dit ok, mais je ne suis pas du tout sûr qu’elle viendra.

Le lendemain, à 19h. Je suis au bar, je l’attends. Elle arrive une demi heure en retard. Elle dit qu’elle a hésité à venir. On parle. On boit. On mange. Elle est vraiment intéressante. J’apprends qu’elle est protestante (comme tous les suédois, qui le sont dès la naissance, apprends-je), mais également croyante. On parle du protestantisme. Du bouddhisme, notamment de l’école Soto zen. Puis de Fight Club.Elle adore ce film. Merde alors. On parle des féministes, des femmes qui veulent avoir le phallus, et la douleur que cela crée dans leur vie. Elle est revenue de plein de choses dans sa vie, elle a beaucoup muté. Elle ne le dit pas, mais cela se sent. Je sens que je l’apprécie de plus en plus. Elle est mûre, simple. Elle n’est pas dupe de plein de choses. Elle me dit aussi que, en fait, elle ne fume pas. Et qu’elle m’a taxé une clope juste pour parler, hier.

On se sépare vers 1h du mat. Elle part en tournage cette semaine, mais on se donne rendez vous le week-end prochain. Je ne suis pas encore bien sûr qu’elle viendra. On verra. J’espère qu’elle viendra.

Puis je rejoins mon allemande, avec qui ça part de plus en plus en couilles (mais comme je l’ai dit récemment, pas vraiment à cause de moi, pour une fois). Elle repart le lendemain en Allemagne. Le moment est un peu bizarre. On avait prévu de continuer la relation, sérieusement et tout ça, mais ses comportements de bourge m’ont un peu refroidi ces derniers jours. On échange simplement un peu de tendresse, et puis je rentre.

Les jours suivants, je termine mon dossier pour cette histoire de concours pour jeunes entreprises. Et je l’envoie, enfin. Tout n’est pas formidablement bien ficelé, mais on verra. J’ai l’impression d’avoir donné le meilleur de moi-même, et je crois que mon amie C*, qui bosse avec moi sur ce coup-là, a fait de même.

Puis soirées :

-          chez mon pote P*. Discussion, champagne, et sandwich au roquefort.

-          chez S*. Du sexe.

Un peu de boxe, aussi.

Ce matin, je suis au radar. Mais heureux.

04.12.2006

Du 2 au 4 décembre 06

Samedi soir :

A 21h, j’arrive au resto où j’ai rendez-vous avec mon amie S*, et ses amis. Il y a une quinzaine de trentenaires. J’en connais certains. Au début, je me sens mal à l’aise, pas vraiment dans mon assiette. Les mecs présents sont prestants, amusants, et je me sens « en dessous » par rapport à eux. Mais bref, je m’accroche.

En face de moi, des gens se décalent, et je me retrouve en face d’une allemande, qui parle bien français, et qui fait un stage à Paris pour ses études de droit. Traits faciaux particulier, mais assez sexy, en fait, avec une belle bouche qui suggère 1001 choses. Au début, elle plaisante avec un autre mec. Bon, alors je discute alors avec la femme d’un mec qui est là : une bourgeoise blonde, d’apparence superficielle, et en fait qui se révèle pleine d’esprit et d’humour, bref qui ne se prend pas au sérieux ; j’aime bien ces filles.

Puis je me mets à discuter avec l’allemande à l’étrange visage. Elle se révèle futile, aimant les fringues, et en même temps, assez férue de politique et de trucs considérés comme « sérieux ». Un mélange de sérieux et de futilité. Bon, cocktail intéressant, je me dis. S’éveille en moi le désir de la draguer, de la toucher, de la baiser en farfouillant dans ses cheveux blonds.

Puis le repas s’achève, et on décide d’aller dans une boîte. On se pointe, et il y a 50 mètres de queue. On est proche de renoncer, mais la bourgeoise superficielle va voir les videurs et leur dit « Je suis avec 6 belles filles qui aiment danser, et avec des mecs à grosses cartes bleues. Et on veut pas faire la queue ». Il y avait plein de mensonges dans cette phrase, mais pourtant, ça a marché : on est passé devant tout le monde. Bien joué.

On se met dans un coin un peu calme, canapés et bouteilles. Et ça parle un peu dans tous les sens. Agréable. Je discute avec le mari de la bourgeoise superficielle, un assez beau gosse plein de classe, typé asiat, avec une belle mèche sur le devant dont il joue pas mal. Il bosse pour une boîte qui a des besoins que j’ignorais, et qui se connectent à merveille avec l’un des projets professionnels que j’aimerais lancer. Du coup, on parle un peu, échange de coordonnées.

Pendant ce temps, l’allemande à l’étrange visage se fait draguer par un mec d’origine iranienne, lequel est pas mal aussi. Genre le charmeur oriental à belle gueule. Heureusement, il est assez petit, ce qui limite son pouvoir. Cependant, je reste vigileant, et me dis que j'ai intérêt à passer rapidement à l’attaque. Je les regarde du coin de l’œil, tout en continuant ma discussion avec le beau gosse asiat.

Puis je me retrouve à discuter à nouveau avec la bourgeoise superficielle, pendant que l’allemande continue de se faire draguer par l’iranien. On parle de son môme de 3 ans et du complexe d’Œdipe. Elle dit des trucs lucides sur son enfant, que j’ai rarement entendu dans la bouche d’une jeune maman. Elle a une approche à la fois clinique, "biologisante", de son enfant, et en même temps pleine d'amour. Je suis assez bluffé.

Puis tout le monde bouge un peu dans tous les sens, et je me retrouve à côté de l’allemande, enfin. On parle de plein de trucs, et notamment du poids de la culpabilité allemande, et de sa gestion par les jeunes générations. Puis je lui demande si elle a un mec, elle dit oui. Je lui demande s’il n’a pas peur de la savoir sans lui à Paris, cette ville pleine de dragueurs. Elle dit que non, qu’il n’est pas jaloux, et que d’ailleurs ça l’emmerde un peu de ne pas le savoir jaloux. Puis elle me demande si je suis jaloux. Je dis oui, parce que je suis un méditerranéen, et du coup lui dis qu'elle devrait essayer des trucs avec moi. Elle se marre, dit que je suis un mec qui "aime jouer". Elle n'a pas tort, du reste. On continue de parler. Elle commence à être bourrée, me touche de plus en plus souvent les bras et les jambes.

A ce moment, tout le monde lève le camp, et elle doit aussi partir, car elle rentre avec une amie au même endroit. Je lui dis que je peux la ramener, mais elle préfère partir quand même. Elle me file son tél. S* me demande alors si les amies célibataires qu'elle voulait me présenter m'ont plu. Je dis "lesquelles?". En fait, il s'avère que je ne les même pas vues, j'étais un peu trop obsédé par mon allemande.

Dimanche :

Après-midi passée avec mon amie C* à discuter de nos projets sur le net. Elle est prête à lâcher son boulot, et moi aussi. De plus en plus de choses se précisent. C’est amusant ces projets avec elle. Car C* est une ex : lorsque nous étions ensemble, nous n’avons pas réussi a partager des choses sur le plan intime à la hauteur de ce que nous attendions, mais sur le plan professionnel en revanche, il est probable que l’histoire soit bien différente. Ca me rend assez heureux de me dire qu’il arrive parfois dans la vie que des choses précieuses ne se perdent pas, mais se transforment ; nous sommes des processus.

Soir : resto avec ma petite slovène, puis nuit chez elle. On s’entend de mieux en mieux. Il est évident que quelque chose de sérieux se profile avec elle, mais je fais encore semblant de ne pas le voir, et continue à me considérer comme célibataire. Mais il va me falloir bientôt adopter un comportement plus clair, je le sais. Même si elle a l'intelligence de ne rien m'imposer.

Lundi :

Journée sans grand intérêt à mon taf. Si ce n’est qu’à midi, à la cantine d’entreprise où je mange, je parviens à adresser la parole à une fille qui me fait fantasmer depuis des mois. Je lui ai sorti les pires banalités pendant que nous attendions notre tour pour être servi de notre assiette de porc+riz. La prochaine fois, je lui proposerai un café, mais je ne suis pas sûr qu’elle accepte, car j’ai été très nul.

Dans l’après-midi, texto reçu de l’allemande à l’étrange visage. Content.

Soir : je ne branle rien, et compte me coucher tôt, car demain… je vais à Rouen, voir V*. Et oui, je sais, c’est très con.

30.11.2006

17/11/2006

Oublié ce que j’ai fait la journée. Soir : une interne en chirurgie à qui j’ai roulé une pelle il y a quelques jours un peu par hasard me propose de la rejoindre dans un bar qui ferme au petit matin. J’y vais. Dans le bar, il y a une sacré effervescence, des filles qui dansent un peu partout, dont une blonde à bottes dotée d’un corps à se damner (corps dont la moindre courbure est rendue assez visible, du fait de sa tenue vestimentaire).
Je retrouve l’interne en chirugie, elle est avec des potes, ils fêtent un anniversaire. D’emblée, je me demande ce que je fous là. D’autant plus qu’avec cette fille, je m’aperçois qu’on a pas grand-chose à se dire, et que de surcroît, je ne la trouve pas super attirante. Je suis poli, essaie un peu de faire la conversation, elle aussi fait des efforts, mais ça ne marche pas vraiment. Quiproquo total. Je me sens mal à l'aise. Mon regard s'égare. La blonde que j’avais vu en entrant, qui continue de danser, me fait de loin un joli sourire, mais c’est peut-être parce que je la fixais de façon assez insistante.
Puis j’écoute les amis de l’interne en chirurgie déconner. Il y a un couple, qui s’apprête à se marier, comprends-je rapidement. Ils sont assez beaux tous les deux. Le mec dit des trucs qui me font comprendre qu’il est juif ; grosses études apparemment, beau gosse, baraqué, et simple dans son comportement. La fille est du genre « je suis belle, pas conne, et comme je cultive une sorte d’égoïsme sain, je songe d’abord à mes intérêt, et donc je me marie avec un mec bien, pas taré ; et comme moi aussi, je suis bien dans mes baskets, je suis par conséquent heureuse d’être moi, donc plutôt ouverte, sociable et souriante ; bref je ne me prends pas la tête car je sais que je dispose d’une forte probabilité d’être assez heureuse dans la vie ».

Pour ceux qui ont vu « History of violence » ou « Mystic river », et bien cette fille me fait penser à des personnages féminins de ces films : soit une fille dotée d’une psychologie tournée vers la défense du clan et des apparentés quoi qu’il arrive, et même si pour cela faut contrevenir à la loi de la société. Ceux qui ont vu les films voient de quoi je veux parler. Et j’aime ça, chez une fille. Je trouve ça terriblement attirant, même.
Je regarde ce couple assez longtemps, ils me charment. Je suis content qu’ils existent, et je crois bien qu’à ce moment, je leur souhaite du fond du cœur d’être le plus heureux possible dans la vie. Je ne suis même pas jaloux du mec, je réalise simplement encore une fois que j’ai probablement raté quelques trains au cours de mon existence, avec les filles. Mais bon, j’ai intégré cette information depuis un moment maintenant, ce n’est plus un scoop.
Je finis par me casser de la table, et je vais au bar. Sur le chemin, je tire vers moi une sorte de serpentin pendu au plafond que la blonde aux bottes s’apprêtait à happer avec sa bouche tout en dansant. Ca la fait rigoler. Bon, cette fille est bon public, je me dis. J'arrive au bar, et commande une cucaracha, cet alcool à base de kahlua qui fait des flammes quand on approche une flamme de briquet. Le serveur enflamme mon verre. Je lui demande une paille, et siffle le verre. Il me dit qu’il apprécie que je boive le verre immédiatement, car d’habitude, les gens attendent que les flammes s’éteignent. Je trouve ça bizarre : en effet, dans le Sud de la France, tout le monde sait qu’il faut boire d’emblée ce genre de breuvage dès le début des flammes, car sinon, logiquement, l’alcool se barre avec les flammes.
Je bois d’autres verres, je discute avec des types, et je me fais un peu chier. Je me dis alors que j’ai envie de me barrer, même si l’envie d’aller brancher la blonde aux bottes m’incite à rester. C’est alors qu’une brune m’alpague, elle a bien bu, mais est franchement assez jolie. Elle est avec un type, qui s’appelle Fred, et m’explique qu’en fait elle ne le connaît pas. On parle. Je la vanne, elle aime bien. Elle a 22 ans, et sort d’une obscure école de cinéma. Je lui dit que son école est la plus pourrie de tout le marché (dans une vie précédente, il se trouve que j’ai bossé dans le cinéma, je dis ça pour les nouveaux). Elle rigole et me dit qu’elle le sait. Puis un mec bourré vient vers elle, insiste pour un échange de téléphone. Apparemment, ils ont déjà discuté auparavant dans la soirée. Il lui propose un « toilette-minute ». Je mets quelques secondes à comprendre de quoi il s’agit. Puis je comprends, me dis au passage que cette expression est assez ridicule (pour les trucs un peu crades, je vois pas l’intérêt de travestir le contenu informationnel), et pense aussi que, décidément, je suis un peu vieux jeu, puisque je n’ai en effet jamais osé proposer à une fille que je ne connaissais pas de venir me pomper dans les toilettes.
Le mec bourré se barre. Ultérieurement, j’apprendrai qu’il est maqué avec une fille du bar, que ladite fille découvrira au cours de la soirée qu’il drague une cliente du bar, pètera les plombs, pleurera, et qu’une sorte de baston aura lieu. Mais à ce moment, je serai déjà parti.
Donc je discute avec la brune qui veut travailler dans le cinéma. Plus précisément, dans le casting. Brave petite, courageux petit cheval, je me dis à ce moment. Elle me file son téléphone.
Puis je me décide à aller aborder la blonde aux bottes, mais la brune qui veut faire du casting s’aggripe un peu à moi. Physiquement, je veux dire. Je crois en fait qu’elle veut éloigner le mec qui lui a proposé le toilette-minute, lequel rôde autour de nous. Ca me fait chier, je ne veux pas être utilisé, et donc je me casse un peu brusquement. Et finis par me retrouver à discuter avec la blonde aux bottes, putain, enfin. Pendant qu’on discute, l’interne en chirurgie passe devant nous, me dit au revoir sympathiquement, sans rancœur, et je me dis alors que c’est bien, qu’on est tous les deux sur la même longueur d’ondes. Je retourne à ma conversation. La blonde aux bottes est une jolie petite bombe, et comme je suis un peu bourré, je suis troublé, et ne suis donc pas à ce moment d’une intelligence absolue. Mais je fais mon possible, et récolte quand même au final son téléphone.
A 4h du mat, lorsque je quitte le bar, je me sens vieux. A peine le temps de claquer des doigts, et je serai mort, je le sais. La vie passe en un clin d'oeil.

09.08.2006

La jeune stagiaire

Alors, que s'est-il passé ces derniers jours ? Je parlerai dans ce post de la jeune stagiaire de mon taf, la fille qui est à l'origine de ma récente "faille thoracique". Et du rebondissement quelque peu inattendu qui s'est produit à ce sujet.

Comme je vous l'avais dit, je pensais m'être pris une veste avec elle. Or, ce n'en était pas une. J'explique : elle n'avait pas lu un mail que je lui avais envoyé, et dans lequel j'avais été assez explicite quant à ce que j'éprouvais pour elle. Et au bout de quelques jours, sans aucune réponse, j'en avais déduis que je devais considérer cela comme une veste. A tort. Car elle ne consulte que rarement l'adresse mail que j'avais utilisée, et donc elle n'avait pas lu mon message...

En fait, comme nous nous voyions principalement dans le cadre du taf, il était hors de question que je la relance verbalement sur ce mail, sur mon lieu de travail. L'absence de réponse de sa part constituait pour moi une réponse explicite et suffisante. Cela d'autant plus qu'elle m'avait dit qu'elle avait un mec depuis longtemps.

En fait, je me suis rendu compte du quiproquo en l'invitant, le soir du dernier jour de son stage, à prendre un dernier verre avant son départ de Paris (sa famille est en province). Un verre qui était simplement censé clore la sympathique relation que nous avions eue durant ces quelques mois. A mes yeux, il me semblait logique qu'elle accepte, même si elle n'avait pas voulu donner suite à mon mail. Je n'avais pas été incorrect, bref, elle n'avait aucune raison de refuser de prendre un verre avec moi.

Donc on s'installe dans un bar du 15e, on discute, on plaisante. Je réalise à quel point j'adore vraiment parler avec elle. Je réalise combien  j'adore toutes ses qualités dont j'ai déjà parlé. Je me dis que j'aurais vraiment aimé être avec elle. Et puis surtout, qu'elle va beaucoup me manquer.

Et puis je fais allusion en déconnant, au détour d'une phrase, au mail que je lui avais envoyé quelques jours avant (genre le mec "même pas mal, t'as vu, j'ai pris une veste mais je garde le sourire, je continue quand même de communiquer avec toi"). Et là je comprends qu'elle ne l'a pas lu. Et que c'est fort dommage, parce qu'elle était en fait sur la même longueur d'onde que moi. Du coup la soirée prend une autre tournure. Pas parce qu'on se jette l'un sur l'autre, non. On ne se touche même pas, en fait. Mais disons que la conversation devient de plus en plus intime.

Le bar ferme, on prend un taxi, et on va dans un bar-club branché du 6e arrdt. L'endroit est plein de bourgeoises trentenaires souvent refaites, et souvent défoncées. Assez décadentes. On s'installe dans un canapé, on continue à discuter. Je la regarde, et je regarde les autres femmes autour de moi. Et je me dis que putain, cette fille a vraiment quelque chose de supérieur. Qu'il n'y pas photo. Bien plus belle, plus simple, plus intelligente, que toutes les salopes autour de moi. Cette fille est un sacré évènement dans ma vie, même si je ne me fais, à ce moment-là, pas beaucoup d'illusions sur la suite des évènements. Ma rencontre avec cette fille me réconcilie avec quelque chose.

On finit par s'embrasser doucement. Elle me dit que c'est la première fois qu'elle embrasse un autre type que son mec, en 7 ans. Elle n'est pas du genre volage. Son mec est son premier mec. Elle l'a connu à 18 ans. Et elle n'en a jamais changé, même pas pour une nuit. Putain, c'est vraiment une autre planète que la mienne, sa planète, je me dis à ce moment. Je ne savais même pas que des filles comme ça existaient encore. Forcément, je suis alors encore plus touché par elle.

Du coup, elle est quand même pas mal emmerdée. La situation la perturbe. D'autant plus que le lendemain, elle doit revoir son mec, qui habite, lui, en province (dans le bled d'où elle est partie pour faire ses études). On se quitte vers 8h du mat. Concrètement, il ne s'est rien passé. Rien d'autre que des baisers. Mais forcément, pour moi, c'est énorme.

Le lendemain, elle part. Je l'accompagne à la gare. Je lui dis que je suis disponible. Que je suis prêt à construire quelque chose avec elle, dès qu'elle le voudra. Je sais que l'année prochaine, elle habitera à Lille, soit à 55 minutes de Paris, et à plusieurs heures du bled où habite son mec. Et que donc j'aurai l'avantage. Il y a toute une stratégie à mettre en place. Elle me dit cependant qu'il ne faut pas que je me fasse d'illusions. Que pour l'instant, elle est avec son mec, même si, c'est vrai, ça ne se passe pas super bien avec lui en ce moment. Je la serre contre moi. Puis le train part.

Bon, lecteur, tu as certainement pressenti le piège dans lequel je pourrais facilement bien tomber avec cette histoire : cette fille est très liée à son mec. Vraiment très liée. Donc si je fais du forcing, je parviendrai peut-être à la faire quitter son mec pour quelques mois. Elle essaiera un truc avec moi. Et puis elle reviendra avec lui. Et moi, je n'aurai servi dans tout ça qu'à une seule chose au fond : renforcer in fine leur relation. Et ça, c'est hors de question. Je ne veux pas être le pigeon qui cimentera leur couple.

Alors comment faire ? Rester présent, bien sûr. Mais surtout, ne pas faire de forcing. Des mails, des textos, mais pas pour la convaincre de quoi que ce soit, non. Juste pour qu'elle me connaisse mieux. Pour lui dire un peu mieux qui je suis. Pour lui rappeler qu'il y a dans sa vie un autre mec qui lui plaît que celui avec lequel elle est. Et qu'elle finisse, peut-être, par se dire que je peux objectivement lui apporter des choses plus intéressantes que celles apportées par son mec. Et qu'elle le quitte à cause, avant tout, de ce qu'il est (ou n'est pas). Ou bien qu'elle décide de rester avec lui. Mais quoi qu'il en soit, une telle décision lui appartient, à elle seule. Pas d'ingérence à faire là-dessus. Quant à moi, pendant ce temps, hors de question que je m'abstienne de rencontrer d'autres personnes avec qui il pourrait se passer des choses intéressantes. La vie continue.

Bilan des courses : la jeune stagiaire est donc, depuis quelques jours, loin de Paris. Ma faille thoracique initiale s'est donc refermée, mais une autre est apparue. Moins douloureuse, moins aigue, mais je sais qu'elle va rester plus longtemps. Cependant, ce n'est pas un problème : cette faille-là, je peux très bien vivre avec. Elle précède peut-être le début d'une formidable histoire, ou peut-être rien du tout. En tout cas, elle me montre que la vie sans V* est possible, que le monde est rempli de femmes désirables. Que je ne suis pas mort.

17.07.2006

Récapitulons

Aujourd'hui je suis au radar. Je bosse au ralenti. Mon week-end m'a un peu crevé, mais pour des raisons plutôt agréables. Bref récapitulatif :

Jeudi : fête chez l'ami d'une amie. Grand appart, deux terrasses sur les toits, des mecs intelligents et pas mal de belles femmes. La présence de ces dernières me conduit d'ailleurs à inviter mon pote P* à la dernière minute, car ce dernier vient de se séparer d'avec son amie, et a conséquemment besoin de réaliser que la vie continue.

Vendredi : je rejoins P* qui dîne avec des amis, dont quelques filles plutôt pas mal. Au cours de la soirée, nous raterons le feu d'artifice, nous partirons dans une boîte théoriquement gay mais en fait comprenant aussi pas mal d'hétéros, je boirai bien plus que de raison, claquerai beaucoup de fric, draguerai avec succès l'une des filles de notre groupe, et finirai conséquemment la soirée agréablement.

Samedi + dimanche : samedi, je lessive, nettoie, range mon appart. Puis je bosse jusqu’à minuit sur mon projet à pognon. La fille de la veille vient chez moi vers 1h du mat. J'aime pas mal de trucs d'elle, même si je la trouve un peu grande (elle fait à peine 2 cm de moins que moi), ce que je n'aime pas trop. La suite des évènements se déroulera sans sous-titre, et ce jusqu’au lendemain 17h. Heure à laquelle j’accompagnerai la fille à son train (elle habite en Suisse), en bon gentleman que je suis.

Lundi, soit aujourd’hui, donc : je bosse avec le peu de cerveau qui me reste. Puis je rentre chez moi, en faisant un petit bout de chemin avec la jeune stagiaire de ma rédaction, dont j’ai déjà parlé une fois ici, et qui, depuis ce post, s’avère décidément être quelqu’un qui gagne à être connu. Sa douceur, sa joie de vivre, sa détermination dans le travail, sa simplicité et son intelligence me touchent en permanence (oui, quand je la vois, je suis touché par tous ces trucs-là en même temps). Si nous tentions quelque chose ensemble, je me dis qu'elle serait même peut-être capable d’éradiquer à terme les souvenirs de V* stockés dans les neurones de mon hippocampe.

Pourquoi ne se passe-t-il rien entre elle et moi, alors ? Juste parce qu’elle est avec son mec depuis 7 ans, et qu’elle ne prévoit manifestement pas d’en changer. Certes, on s'entend plutôt bien. Ce qui donne même à croire à certains membres de ma rédaction qu'il se passe quelque chose entre nous. Alors que non, rien, juste des discussions assez formidables. Certes, la situation est en soi contrariante (enfin, pour moi surtout), mais le plaisir que j'éprouve à la cotoyer l'emporte toujours sur le reste. Et puis bon, 7 ans, c'est un bon chiffre, ça fait un compte rond, genre qui clôt un processus, non ? A suivre, donc.