22.10.2007

Ovalie, Courbet et niaiseries

Vendredi

Jour : je bosse sur mon projet à pognon.

Soirée : avec mon pote R* et d’autres mecs, des potes à lui assez sympathiques, dans un pub anglais du centre, pour la « petite finale » France/Argentine. Bon, le match se passe de commentaires. J’étais simplement assez triste, au vu de l’ampleur de l’humiliation. Du coup, on boit beaucoup après le match, et on discute de divers trucs dans la rue, au milieu des anglais qui se dechirent la tête en prévision de la finale de demain.

A la fermeture du bar, je dis au revoir à tout le monde, et je me casse rejoindre ma prof de français. Mais sur le retour, j'ai une pulsion subite, une sorte de mini-crise du démon de midi : je passe devant une sorte de boîte où je sais qu'ils passent souvent du funk. Je me gare devant, et rentre à l'intérieur. Et je passe une petite heure à danser sur la piste de danse, sur des bons morceaux de Prince et de Barry White. Je ne parle à personne, j'ai juste envie de me lâcher un peu. Puis je repars, et rentre cette fois chez moi.

Samedi

Jour : Boxe. Chouette séance. Les petits nouveaux de cette année me demandent des conseils. Ca fait plusieurs séances que ça se passe comme ça d’ailleurs, et je me sens flatté, parce que mon niveau en boxe est pourtant très moyen. Après, je prend un verre avec le boss du club, puis je vais bosser sur mon film de droite dans un café.

Soir : Je parviens à convaincre ma prof de français de m’accompagner dans un autre pub, pour y voir cette fois la finale GB/Afrique du Sud. Elle fait un peu la gueule, je le sens bien, elle avait imaginé autre chose. Mais bon, je lui ai préparé une petite surprise pour après le match, grâce à un plan de mon pote P*, dont je ne lui parle pas.

Elle me suit au pub, donc. Là-bas, il y a R*, et on mate le match tous les trois, devant de grosses assiettes de frites et un plateau de fromage. Voilà un bon moment. Ma prof de français s’entend bien avec R*. Elle lui parle de ses élèves du 93, des stratagèmes qu’elle utilise pour maintenir leur attention. J’adore l’écouter parler aux autres, ça me permet de mieux profiter d’elle. Dans ces moments, je joue à un petit jeu mental : j’imagine que je la connais pas, et que je la découvre là juste maintenant, en train de parler. Je regarde ses courbes, j’écoute sa discussion, et alors je me dis alors « merde, j’aimerais bien être avec cette fille ». Et à ce moment précis, hop, je m’autorise alors à réaliser que je suis avec elle. Et je suis super content.

On sort du pub, je discute avec le vigile, un antillais que j’aime bien, qui me parle de ses activités multiples : gérant d’une société de nettoyage, un boulot dans la sécurité pour une administration, depuis peu investisseur immobilier locatif, et puis aussi adepte de tuning. Ce mec m’aime bien aussi, il veut souvent que je lui parle de mes projets. Il dit que ça lui donne confiance, de voir que des gens qui n’ont pas fait d’études arrivent à faire des trucs en France.

Puis j’emmène ma prof de français à ma petite surprise : mon pote P* travaille dans l’organisation d’un gros évènement, et il nous fait rentrer dans la soirée de clôture, qui se deroule dans un endroit plutôt chic. Là bas, on danse sur des musiques débiles, on regarde la place de la Concorde et la tour Eiffel éclairée, on boit du champagne. On rentre bien attaqués vers 5h. A un feu rouge, il y a le sosie de Salma Hayek qui conduit une décapotable.

Dimanche

Ma désormais traditionnelle journée en couple. Il fait beau. La lumière d’automne est presque aussi belle que dans ma jolie région du Sud. On se promène sur les quais, puis on va voir l’expo de Courbet. Bon, Courbet, la chatte géante, l’histoire avec les versaillais, tout ça, ça me donnait pas très envie à priori. Mais j’avoue que j’ai été surpris. Car il y a toute une partie de l’expo qui est consacrée à sa région, à ses proches : il a peint tout ça de façon assez touchante. Ce mec est né en France Comté, il était très fier de sa région, et apparemment, ce qui le branchait surtout, c’était sa famille, ses amis, et son petit bled. Du coup, il a souvent peint ses sœurs, son père, ses amis. J’aime bien l’idée de peindre son père. Au final, j’ai vu Courbet comme une sorte de « peintre enraciné ». Bon, après, son engagement politique a été ce qu’il a été, après tout, je ne vivais pas à son époque (en ce moment, j’essaie d’éviter de trop tomber dans le biais du jugement rétrospectif).

Soir : on mange un ragoût concocté par mes soins devant « Fargo », que je n’avais pas vu (ce qui aurait d’ailleurs du rester à jamais ainsi).

Aujourd’hui

Matin dans mon bar favori pour écrire. Je bosse sur mon film de droite.

Puis direction mon bureau. Je cale un rendez vous pour mercredi chez le directeur marketing d’un magazine de presse, pour lui présenter mon projet à pognon. Le boss de la boîte d’étude qui m’a fait bosser sur l’émission de TV va venir avec moi, pour présenter le truc à deux. On va tester pour la première fois le cobrandage de mon projet à pognon. Je suis un peu anxieux, car je sais encore pas bien comment sentir ce mec. Je sais pas si c’est bien ou pas de faire des trucs avec lui, en fait.

Ma petite pute m’appelle. Ca faisait longtemps, sa petite voix traînante m’avait presque manqué. Elle me raconte qu’elle a foutu le bordel dans son dernier taf, et maintenant elle reprend les études. Elle a un gros paquet de chocolat à m’offrir, dit-elle, car elle est allée au Salon du Chocolat, et il y avait plein de chocolats gratos. Toujours aussi givrée et attachante.

Je relis mon post et je me dis que en ce moment, je trouve souvent les gens sympathiques, les endroits où je vais beaux, Courbet un peintre émouvant, enfin je vois plein de trucs de façon positive. Tenez, même là, j’écoute le morceau « Rodeo » de Zazie sur radioblog, et je me dis que j’aime bien le morceau. La preuve qu’il doit y avoir une couille quelque part. C’est peut-être la fréquentation de ma prof de français. Quoi qu’il en soit, je crois que j’ai pas trop envie que ça change.