15.09.2007

13+14+15/09/07

Avant-hier soir, après avoir écrit le précédent post, j’ai finalement trouvé un mec pour aller boire quelques verres avec moi : un type rencontré récemment dans un troquet de mon quartier, assez intéressant ; on se voit de temps en temps, d’autant qu’on est voisin. Le type est normand, à Paris depuis une dizaine d’années. Il bosse dans le business ; en gros il met en contact des entreprises cotées en bourse avec des investisseurs, lors de salons. C’est un mec assez blasé, qui se la joue pas malgré son taf. J’aime bien. Il me dit qu’il possède rien, pas d’objets, pas d’appartement. Il s’en fout. Il peut tout lâcher du jour au lendemain. On parle de l’argent, du concept même de l’argent, de la révolution radicale que cela a introduit dans l’histoire de l’humanité.

Il part tôt, car devant se lever le lendemain. Je reste un peu dans le bar, et discute avec un Noir qui vient d’arriver. Le mec, d’un abord assez sympa et ouvert, est originaire de Gambie, bosse dans la restauration en France depuis 20 ans.. On parle des femmes. Il me dit que qu’il a fait 2 enfants à une française, puis qu’il s’est barré. Apparemment, il y a eu un problème avec sa copine losqu’elle a compris qu’il avait d’autres femmes. Selon lui, les françaises sont trop chiantes, comparé aux filles plus nordiques (Danemark, Suède). En revanche, il reconnaît que il ne reviendrait en Gambie pour rien au monde, car là bas, on peut certes avoir plein de femmes, mais il faut impérativement se marier avec. Il aime donc la « souplesse » française, ce pays où on peut baiser et engrosser des filles sans trop avoir de responsabilités derrière. Il me parle d’amis à lui qui ont fait la même chose que lui avec des françaises, mais dupliqué avec beaucoup plus de françaises que lui.

Comme je veux arriver à une conclusion un peu synthétique, je lui demande si c’est plus pour les femmes ou le boulot qu’il est venu en France. Il me dit que le boulot, ça joue bien sûr, mais l’accessibilité de la Blanche, ça fait toute la différence. Et ses copains sont là pour les mêmes raisons.

Bon, comme le courant passe bien, et que le mec ne s’encombre pas de chichis moraux pour exposer sa vision de la vie, je décide de lui parler franchement. Je lui dis que perso, je suis pour que des mecs comme lui dégagent d’ici, et ne touchent pas les femmes de mon pays. Je parle aussi du racisme, des racistes, de moi par rapport au racisme, bref je dis des trucs là dessus que je ne peux pas rapporter ici car il manquerait le contexte qui va autour.

Le mec me dit que j’ai raison de penser comme ça, que c’est normal, et qu’il penserait la même chose s’il était à ma place. Il défend pas du tout sa position; et ça en est assez troublant. Il parle en s'infériorisant, comme un enfant qui aurait été pris la main dans le sac. Il reconnaît qu’il déconne, que « en soi, ce n’est pas correct ce qu’il fait ». Mais il me dit que tant que c’est permis, il ne voit pas pourquoi il se priverait. Je lui dis que j’espère que l’Europe sera capable un jour de foutre dehors des mecs comme lui. Il n’a pas l’air de penser que ça sera possible, et malheureusement je sais qu’il a raison.

On se quitte. Du début à la fin, le ton de la conversation est resté sincère et cordial, c’est assez agréable.  On a parlé certes franchement, mais de façon urbaine. Peut être parce que au fond, on a les mêmes motivations : diffuser nos gènes.

Je rentre chez moi un peu bourré. Je réveille ma prof de français en chantant « Relax, take it easy » trop fort dans les escaliers. Elle me fait des câlins. Elle est un bonbon suave qui m’attend sous la couette. Je lui raconte ma soirée.

  

Le lendemain vendredi, quand je me réveille, il y a un post-it dans la cuisine : elle m’a laissé ce qu’il est communément admis d’appeler « une déclaration d’amour». Bon.

Je pars bosser. Je reçois un coup de fil : mon producteur (le mec qui avait produit mon court métrage il y a longtemps), a touché du fric pour développer des nouveaux scénarios, et il veut développer mon film de droite. Il me demande si je peux lui remettre un nouveau traitement de mon projet sous un mois. Je dis oui, tout en réalisant que je vais avoir du mal à faire tout ce que j’ai lancé ces derniers mois.

Soirée avec ma prof de français, qui m’a fait un chouette repas.

  

Aujourd’hui, samedi, boxe à midi. C’était pas mal, j’ai un peu plus la forme que la semaine dernière. Il y avait un mec qui vient de temps en temps, un grand Noir qui a gagné quelques petits championnats quand il était plus jeune, et qui vient sporadiquement nous donner quelques conseils. Ce mec est super beau quand il boxe, sa technique est impressionnante.

Après la boxe, avec quelques autres mecs du club, on prend notre verre rituel, toujours à la même terrasse de café. C’est un moment de ma semaine que j’aime bien. On parle de cul, des différences ethniques dans la boxe. On jette en même temps un œil sur le match de rugby, où l’Autralie est en train d’éclater le pays de Galles.

Puis je fais à ma banque, remplir des papiers pour sortir de mon interdiction bancaire.

C’est fait, je me retrouve maintenant à une terrasse de café, dans le 5e arrdt. Il est 17h. Je bosse un peu sur mon film de droite, tout en attendant que ma prof de français vienne me rejoindre. On s’est prévu un petit week end en amoureux : ciné, promenade, expo. La vie est belle. Jouissons vite avant l’apocalypse.