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31.10.2007
Mysticisme
16:10 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
30.10.2007
30/10/07
Je suis claqué. Dormi 4 heures en trois jours afin de finaliser le taf de consulting que je faisais pour cette TV. Ce matin, présentation de ce boulot dans les locaux de la TV en question. Il y a une belle vue sur les toits, des minicroissants, et un grand écran sur lequel se projette mon boulot. Ca se passe pas trop mal, si ce n’est que je parle trop vite à plusieurs moments. Qui plus est, à la fin, je dois accélérer parce qu’une autre réunion débute.
Puis je sors, et voilà, je viens de terminer officiellement mon premier contrat dans le nouveau métier que je me suis choisi. Je m’étais donné jusqu’à la fin de l’année pour toucher les premiers euros de cette nouvelle activité, je suis dans les temps, c’est satisfaisant.
Je discute avec le boss de la boîte d’études qui m’a mis sur le plan, et qui était là ce matin aussi. En fait, ça fait quelques jours que on parle d’un truc : monter une boîte pour vendre un produit qui résumerait au fond les deux façons de travailler qu’on propose à nos clients. D’autant plus que ce mec a une flopée de clients, que je serai bien incapable de toucher moi tout seul.
Ces derniers temps, sinon :
- une fête, organisée par une connaissance qui produit des trucs pour des chaînes du câble. Il y a des hôtesses/serveuses toutes coiffées de la même perruque rose + même jupe blanche très courte. C’était assez particulier. Je discute avec la fille qui prête le lieu où est la fête : elle est le sosie d’une libanaise que j’avais rencontré à Beyrouth : une fille avec qui j’avais passé des après-midis à sillonner les rues de Beyrouth, dans sa voiture, elle conduisant comme une méditerranéenne (cad ne ralentissant qu’en vue d’un obstacle complètement inévitable) tout en chantant à tue-tête sur Fairouz. Et puis moi, la tête sortie par la vitre, dans l’air chaud et odorant de la ville, un peu dans un état second… Bref, cette fête est l’occasion de me remémorer de bons souvenirs.
- un poker : je perds beaucoup de fric pendant 80% du temps puis, sur la dernière heure, je remonte bizarrement jusqu’à presque zéro.
- un retour inopiné chez mes anciens collègues journalistes (le magazine où je bossais) : c’est assez agréable, on rigole bien, en tout cas bien plus que quand j’y bossais. L’occasion aussi de me dire que ce boulot ne me manque vraiment pas.
- un rdv pour mon projet à pognon chez un magazine : j’y vais avec le boss de cette boîte d’étude, et en fait les gens qui nous reçoivent le connaissent de réputation (laquelle est bonne, manifestement). Du coup, ça se passe plutôt bien. Et je commence à me dire que cette rencontre avec ce type est peut être un putain d’accélérateur.
- une autre fête, via C*. J'ai quelques trous de mémoire, mais je crois que c'était bien. Ma prof de français s'est lâchée, et moi aussi. On a joyeusement fait les cons, en fait.
Ca y est, mes yeux se ferment tout seul. Direction mon lit. Bye, folks.
21:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.10.2007
Ovalie, Courbet et niaiseries
Vendredi
Jour : je bosse sur mon projet à pognon.
Soirée : avec mon pote R* et d’autres mecs, des potes à lui assez sympathiques, dans un pub anglais du centre, pour la « petite finale » France/Argentine. Bon, le match se passe de commentaires. J’étais simplement assez triste, au vu de l’ampleur de l’humiliation. Du coup, on boit beaucoup après le match, et on discute de divers trucs dans la rue, au milieu des anglais qui se dechirent la tête en prévision de la finale de demain.
A la fermeture du bar, je dis au revoir à tout le monde, et je me casse rejoindre ma prof de français. Mais sur le retour, j'ai une pulsion subite, une sorte de mini-crise du démon de midi : je passe devant une sorte de boîte où je sais qu'ils passent souvent du funk. Je me gare devant, et rentre à l'intérieur. Et je passe une petite heure à danser sur la piste de danse, sur des bons morceaux de Prince et de Barry White. Je ne parle à personne, j'ai juste envie de me lâcher un peu. Puis je repars, et rentre cette fois chez moi.
Samedi
Jour : Boxe. Chouette séance. Les petits nouveaux de cette année me demandent des conseils. Ca fait plusieurs séances que ça se passe comme ça d’ailleurs, et je me sens flatté, parce que mon niveau en boxe est pourtant très moyen. Après, je prend un verre avec le boss du club, puis je vais bosser sur mon film de droite dans un café.
Soir : Je parviens à convaincre ma prof de français de m’accompagner dans un autre pub, pour y voir cette fois la finale GB/Afrique du Sud. Elle fait un peu la gueule, je le sens bien, elle avait imaginé autre chose. Mais bon, je lui ai préparé une petite surprise pour après le match, grâce à un plan de mon pote P*, dont je ne lui parle pas.
Elle me suit au pub, donc. Là-bas, il y a R*, et on mate le match tous les trois, devant de grosses assiettes de frites et un plateau de fromage. Voilà un bon moment. Ma prof de français s’entend bien avec R*. Elle lui parle de ses élèves du 93, des stratagèmes qu’elle utilise pour maintenir leur attention. J’adore l’écouter parler aux autres, ça me permet de mieux profiter d’elle. Dans ces moments, je joue à un petit jeu mental : j’imagine que je la connais pas, et que je la découvre là juste maintenant, en train de parler. Je regarde ses courbes, j’écoute sa discussion, et alors je me dis alors « merde, j’aimerais bien être avec cette fille ». Et à ce moment précis, hop, je m’autorise alors à réaliser que je suis avec elle. Et je suis super content.
On sort du pub, je discute avec le vigile, un antillais que j’aime bien, qui me parle de ses activités multiples : gérant d’une société de nettoyage, un boulot dans la sécurité pour une administration, depuis peu investisseur immobilier locatif, et puis aussi adepte de tuning. Ce mec m’aime bien aussi, il veut souvent que je lui parle de mes projets. Il dit que ça lui donne confiance, de voir que des gens qui n’ont pas fait d’études arrivent à faire des trucs en France.
Puis j’emmène ma prof de français à ma petite surprise : mon pote P* travaille dans l’organisation d’un gros évènement, et il nous fait rentrer dans la soirée de clôture, qui se deroule dans un endroit plutôt chic. Là bas, on danse sur des musiques débiles, on regarde la place de la Concorde et la tour Eiffel éclairée, on boit du champagne. On rentre bien attaqués vers 5h. A un feu rouge, il y a le sosie de Salma Hayek qui conduit une décapotable.
Dimanche
Ma désormais traditionnelle journée en couple. Il fait beau. La lumière d’automne est presque aussi belle que dans ma jolie région du Sud. On se promène sur les quais, puis on va voir l’expo de Courbet. Bon, Courbet, la chatte géante, l’histoire avec les versaillais, tout ça, ça me donnait pas très envie à priori. Mais j’avoue que j’ai été surpris. Car il y a toute une partie de l’expo qui est consacrée à sa région, à ses proches : il a peint tout ça de façon assez touchante. Ce mec est né en France Comté, il était très fier de sa région, et apparemment, ce qui le branchait surtout, c’était sa famille, ses amis, et son petit bled. Du coup, il a souvent peint ses sœurs, son père, ses amis. J’aime bien l’idée de peindre son père. Au final, j’ai vu Courbet comme une sorte de « peintre enraciné ». Bon, après, son engagement politique a été ce qu’il a été, après tout, je ne vivais pas à son époque (en ce moment, j’essaie d’éviter de trop tomber dans le biais du jugement rétrospectif).
Soir : on mange un ragoût concocté par mes soins devant « Fargo », que je n’avais pas vu (ce qui aurait d’ailleurs du rester à jamais ainsi).
Aujourd’hui
Matin dans mon bar favori pour écrire. Je bosse sur mon film de droite.
Puis direction mon bureau. Je cale un rendez vous pour mercredi chez le directeur marketing d’un magazine de presse, pour lui présenter mon projet à pognon. Le boss de la boîte d’étude qui m’a fait bosser sur l’émission de TV va venir avec moi, pour présenter le truc à deux. On va tester pour la première fois le cobrandage de mon projet à pognon. Je suis un peu anxieux, car je sais encore pas bien comment sentir ce mec. Je sais pas si c’est bien ou pas de faire des trucs avec lui, en fait.
Ma petite pute m’appelle. Ca faisait longtemps, sa petite voix traînante m’avait presque manqué. Elle me raconte qu’elle a foutu le bordel dans son dernier taf, et maintenant elle reprend les études. Elle a un gros paquet de chocolat à m’offrir, dit-elle, car elle est allée au Salon du Chocolat, et il y avait plein de chocolats gratos. Toujours aussi givrée et attachante.
Je relis mon post et je me dis que en ce moment, je trouve souvent les gens sympathiques, les endroits où je vais beaux, Courbet un peintre émouvant, enfin je vois plein de trucs de façon positive. Tenez, même là, j’écoute le morceau « Rodeo » de Zazie sur radioblog, et je me dis que j’aime bien le morceau. La preuve qu’il doit y avoir une couille quelque part. C’est peut-être la fréquentation de ma prof de français. Quoi qu’il en soit, je crois que j’ai pas trop envie que ça change.
20:15 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
18.10.2007
18/10/07
Je suis dans un bar près de chez moi, à pianoter sur mon ordinateur. Je sors de la boxe, c’était pas mal. Mais je suis un peu crevé. Il faut dire que ces derniers jours, je suis sorti tous les soirs. D’ailleurs, de ce fait, ma prof de français commence discrètement à en avoir marre. Elle dit que je « rôde ». Je me prépare donc à une période plus calme, à faire des trucs de couple et toutes ces choses. Ca me déplaît pas, et puis après tout, j’ai signé pour ça.
En face de moi, dans le bar, il y a un vieux, 80 piges facile. Il lit des journaux en sirotant paisiblement un Coca. Il a un assez beau visage, très marqué, facile à dessiner je pense. J’imagine le mec actif dans sa jeunesse. Une retraitée s’installe à côté de lui, et ils se mettent à taper la discute. Ils se moquent gentiment d’un bébé qui, non loin d’eux, ne cesse de pleurer depuis tout à l’heure.
A côté de moi, un couple « mixte » s’est installé : un français avec une japonaise, tous deux la trentaine. Ils n’ont pas l’air de se connaître depuis très longtemps. Le mec a une tête de geek, pas très bien dans ses pompes ; il est maladroit, dit des trucs un peu débiles à la fille, du type « je préfère être avec des japonais », etc. On sent le mec qui ne réussit pas ici, et qui se dit que les barrières linguistiques et culturelles aidant, on l’acceptera plus facilement ailleurs qu’ici. Qu’on ne verra pas qui il est vraiment. Pauvre gars, si c’est vraiment le Japon qu’il a décidé de choisir comme point de chute pour son désir d’acceptation sociale, il est mal barré.
De mon côté, je bosse sur mon film de droite. Et tout à l’heure, apéro avec une amie, puis direction… chez moi, retrouver ma prof de français, donc.
19:05 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
05.10.2007
4/10/07
Fini ce boulot pour cette TV. J'ai fait ma présentation vendredi dernier dans les locaux de la boîte qui m'a embauché pour la mission. On m'a dit que je posais des "hypothèses fortes". Je n'ai pas su comment traduire cette phrase.
Puis ça s'est cloturé le soir même par un "test de panel" : des téléspectateurs sont réunis dans une salle munie d'une vitre sans tain, contre rémunération constituée de chèques-cadeaux. Un mec les questionne, pendant que ses petits copains sont de l'autre côté de la vitre sans tain, et se marrent en matant la tête des membres du panel, imaginant que ces derniers ne se doutent pas qu'ils sont observés. Et ce tout en picolant du bon vin. Posture de toute puissance un peu grotesque.
Moi, j'étais donc de l'autre côté de la vitre, à me marrer, donc. Enfin, surtout à picoler. J'avais besoin d'évacuer le stress de ces derniers jours. C'était toutefois intéressant, parce que le mec qui posait des questions aux membres du panel testait en fait mes hypothèses. Lesquelles ont semblé tenir la route. Du coup, le vin aidant, je me suis senti important. Je me suis adonné sans retenue aux joies de l'homme qui se prend pour Dieu, à la jouissance de la négation de la transcendance. A côté de moi, il y avait une fille qui représentait la chaîne de TV. On a discuté assez longtemps. Pas très jolie, mais avec "un truc", comme on dit. C'était peut-être le vin, je sais pas.
Aujourd'hui, je m’installe aujourd’hui dans mon nouveau bureau, sis dans les locaux d’un magazine de presse écrite, dans le 9e arrdt. Le boss a aussi d’autres activités en lancement dans de tous autres domaines, ce qui fait qu’il y règne une saine atmosphère d’effervescence créative.
Mon bureau est calme, lumineux, bref c’est parfait. De la fenêtre, je vois les toits de Paris. En haut d’un immeuble voisin, il y a un arbre. Un vrai arbre, perché tout là haut. Quand je me retourne, je le vois, et je vois qu’il me voit. Il veille sur moi. J’aime bien.
En le regardant tout à l’heure, je me suis dit que ma vie était un truc comme ça : gravir lentement tous les étages d’un immeuble, pour parvenir au final à un face à face déroutant avec un objet organique, chaotique, rebelle.
Malgré tout, je passe cette première journée à flipper : le mec pour qui j’ai fait ce taf de consulting la semaine dernière ne m’a toujours pas donné de retour sur mon travail, et j’angoisse un peu. Je calcule les mois d’assedic qui me restent, et je réalise que le temps passe vite. Du coup, je me dis que il faut avancer, et je me mets à appeler des magazines de presse écrite, pour prendre des rendez-vous afin de présenter mon outil. Je prends deux rendez-vous : le boss d’un mag que j’avais déjà rencontré il y a quelques mois, et qui était intéressé par mon truc mais pas la responsable du marketing de ce mag, et un responsable marketing du groupe de presse où je bossais avant, que j’appelle via mon ancien boss. Ca me déstresse un peu.
Fin de journée : boxe. Je suis très mauvais ce soir, mais au moins, je continue à me déstresser.
Soir : je vais à la crémaillère d’une jeune gonzesse rencontrée récemment : elle a 21 ans, sort de son école privée de cinéma merdique pour laquelle elle s’est endettée jusqu’au cou, et cherche donc désormais à travailler. Il y a quelques semaines, je lui avait présenté les quelques personnes que je connais encore de ce milieu, l’avais emmenée à une avant-première histoire de taper la discute avec des directeurs de prod, en me disant que son joli physique allait faire le reste… Je voulais l’aider un peu, j’ai joué au papa, quoi. Mais ça n’a pas marché, elle n’a rien décroché. Mais du coup, depuis ça, elle m’aime bien et m’appelle de temps en temps. Elle dit que je suis son maître à penser.
Bon, donc, je vais à cette crémaillère. En arrivant en bas de chez elle, alors que j’attache mon scoot, une fille sort d’un bar et m’appelle : c’était cette polonaise dont j’ai parlé récemment. Lorsqu’elle s’approche de moi, je réalise qu’elle pleure : elle me dit qu’elle vient de se faire larguer par son mec (que je connais un peu, c’est un pote de mon ami P*), et là elle est avec une copine dans ce bar, elle n’ose plus rentrer chez elle vu que chez elle, c’est aussi chez son mec (enfin son ex, maintenant). Elle a pas l’air bien, quoi. Elle me dit qu’elle trouve la situation injuste : elle a annulé des défilés (elle est mannequin) pour l’aider à bosser dans son restaurant, elle a quitté son appart pour s’installer avec lui… et elle comprend pas pourquoi il la jette.
Je dis que son mec lui doit rien, que c’est elle qui a librement consenti à lui donner ces choses, qu’il ne l’a pas obligée. Je dis « c’est pas un deal, une relation amoureuse. Tu peux te garantir sur rien ». Elle dit « c’est cruel ». Je dis « oui ».
Je regarde ses larmes, et je me rappelle ma tristesse lorsque, étant gosse, j’ai découvert la cruauté du monde : à l’école primaire, je passais mes récrés à regarder mes semblables, et je ne comprenais pas du tout pourquoi ils jouissaient de faire du mal à autrui. J’étais une sorte de primatologue, en observation permanente. Je regardais mes congénères comme un scientifique, j’essayais sincèrement de comprendre leurs motivations, car leur logique m’échappait totalement.
De façon un peu inattendue, la polonaise me dit merci, qu’elle avait besoin de l’avis d’un mec. Comme je sais que ma prof de français apprécie cette fille, je lui dit qu’elle peut venir squatter quand elle veut à l’appart si elle a besoin. J’ai envie de la réconforter, j’aime bien cette fille.
Puis je monte enfin à cette crémaillère. J’y rencontre les amis de la jeune gonzesse qui m’invite, dont un jeune mec assez sympa qui monte sa boîte de prod. Je discute aussi avec le mec de cette fille : discussion intéressante, on a pas mal de points communs, c’est amusant. Je lui propose de venir faire un peu de boxe dans mon club, puis je me casse.
Quand j’arrive chez moi, il est tard. Ma prof de français se réveille, et on se fait plein de câlins.
18:35 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

