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27.09.2007

Dans le guidon

Ca y est. Mon projet à pognon est en train de passer à la phase 2. La semaine dernière, revu ce patron d’une société de conseil, à qui j’avais présenté mon outil. Comme il veut tester mon truc, il m’a refilé une mission que sa société doit effectuer pour le compte d’une chaine de TV. En utilisant mon outil, je dois faire une sorte de travail théorique, poser des hypothèses afin de comprendre pourquoi l’émission ne décolle pas, faire des schémas… Jouer au mec intelligent, quoi. Question salaire, il m’a envoyé une propal financière plutôt basse, mais j’ai dit oui : je veux absolument montrer l’efficacité de mon outil, et on reparlera fric si mon travail convient. Bon, le but c’est de l’impressionner, quoi. J’ai commencé à bosser lundi, et je dois rendre mon travail pour demain vendredi après-midi.

En tout cas, je suis content, je m’apprête à toucher les premiers euros de mon projet à pognon : mon illusion de contrôle s’en trouve notablement renforcée. Tout cela est très bon pour le vouloir.

Du coup, voilà plusieurs jours que j’ingurgite des heures d’émissions de TV, celle pour laquelle je bosse et puis ses concurrentes. Hier, par exemple, passé 14 heures devant ma TV. Autant dire que c’est assez indigeste ; ça donne un aperçu assez gerbant de la nature humaine. Heureusement, quand j’ai un peu trop mal au cœur, je peux écouter ce beau morceau de Arvo Part :

 

15.09.2007

13+14+15/09/07

Avant-hier soir, après avoir écrit le précédent post, j’ai finalement trouvé un mec pour aller boire quelques verres avec moi : un type rencontré récemment dans un troquet de mon quartier, assez intéressant ; on se voit de temps en temps, d’autant qu’on est voisin. Le type est normand, à Paris depuis une dizaine d’années. Il bosse dans le business ; en gros il met en contact des entreprises cotées en bourse avec des investisseurs, lors de salons. C’est un mec assez blasé, qui se la joue pas malgré son taf. J’aime bien. Il me dit qu’il possède rien, pas d’objets, pas d’appartement. Il s’en fout. Il peut tout lâcher du jour au lendemain. On parle de l’argent, du concept même de l’argent, de la révolution radicale que cela a introduit dans l’histoire de l’humanité.

Il part tôt, car devant se lever le lendemain. Je reste un peu dans le bar, et discute avec un Noir qui vient d’arriver. Le mec, d’un abord assez sympa et ouvert, est originaire de Gambie, bosse dans la restauration en France depuis 20 ans.. On parle des femmes. Il me dit que qu’il a fait 2 enfants à une française, puis qu’il s’est barré. Apparemment, il y a eu un problème avec sa copine losqu’elle a compris qu’il avait d’autres femmes. Selon lui, les françaises sont trop chiantes, comparé aux filles plus nordiques (Danemark, Suède). En revanche, il reconnaît que il ne reviendrait en Gambie pour rien au monde, car là bas, on peut certes avoir plein de femmes, mais il faut impérativement se marier avec. Il aime donc la « souplesse » française, ce pays où on peut baiser et engrosser des filles sans trop avoir de responsabilités derrière. Il me parle d’amis à lui qui ont fait la même chose que lui avec des françaises, mais dupliqué avec beaucoup plus de françaises que lui.

Comme je veux arriver à une conclusion un peu synthétique, je lui demande si c’est plus pour les femmes ou le boulot qu’il est venu en France. Il me dit que le boulot, ça joue bien sûr, mais l’accessibilité de la Blanche, ça fait toute la différence. Et ses copains sont là pour les mêmes raisons.

Bon, comme le courant passe bien, et que le mec ne s’encombre pas de chichis moraux pour exposer sa vision de la vie, je décide de lui parler franchement. Je lui dis que perso, je suis pour que des mecs comme lui dégagent d’ici, et ne touchent pas les femmes de mon pays. Je parle aussi du racisme, des racistes, de moi par rapport au racisme, bref je dis des trucs là dessus que je ne peux pas rapporter ici car il manquerait le contexte qui va autour.

Le mec me dit que j’ai raison de penser comme ça, que c’est normal, et qu’il penserait la même chose s’il était à ma place. Il défend pas du tout sa position; et ça en est assez troublant. Il parle en s'infériorisant, comme un enfant qui aurait été pris la main dans le sac. Il reconnaît qu’il déconne, que « en soi, ce n’est pas correct ce qu’il fait ». Mais il me dit que tant que c’est permis, il ne voit pas pourquoi il se priverait. Je lui dis que j’espère que l’Europe sera capable un jour de foutre dehors des mecs comme lui. Il n’a pas l’air de penser que ça sera possible, et malheureusement je sais qu’il a raison.

On se quitte. Du début à la fin, le ton de la conversation est resté sincère et cordial, c’est assez agréable.  On a parlé certes franchement, mais de façon urbaine. Peut être parce que au fond, on a les mêmes motivations : diffuser nos gènes.

Je rentre chez moi un peu bourré. Je réveille ma prof de français en chantant « Relax, take it easy » trop fort dans les escaliers. Elle me fait des câlins. Elle est un bonbon suave qui m’attend sous la couette. Je lui raconte ma soirée.

  

Le lendemain vendredi, quand je me réveille, il y a un post-it dans la cuisine : elle m’a laissé ce qu’il est communément admis d’appeler « une déclaration d’amour». Bon.

Je pars bosser. Je reçois un coup de fil : mon producteur (le mec qui avait produit mon court métrage il y a longtemps), a touché du fric pour développer des nouveaux scénarios, et il veut développer mon film de droite. Il me demande si je peux lui remettre un nouveau traitement de mon projet sous un mois. Je dis oui, tout en réalisant que je vais avoir du mal à faire tout ce que j’ai lancé ces derniers mois.

Soirée avec ma prof de français, qui m’a fait un chouette repas.

  

Aujourd’hui, samedi, boxe à midi. C’était pas mal, j’ai un peu plus la forme que la semaine dernière. Il y avait un mec qui vient de temps en temps, un grand Noir qui a gagné quelques petits championnats quand il était plus jeune, et qui vient sporadiquement nous donner quelques conseils. Ce mec est super beau quand il boxe, sa technique est impressionnante.

Après la boxe, avec quelques autres mecs du club, on prend notre verre rituel, toujours à la même terrasse de café. C’est un moment de ma semaine que j’aime bien. On parle de cul, des différences ethniques dans la boxe. On jette en même temps un œil sur le match de rugby, où l’Autralie est en train d’éclater le pays de Galles.

Puis je fais à ma banque, remplir des papiers pour sortir de mon interdiction bancaire.

C’est fait, je me retrouve maintenant à une terrasse de café, dans le 5e arrdt. Il est 17h. Je bosse un peu sur mon film de droite, tout en attendant que ma prof de français vienne me rejoindre. On s’est prévu un petit week end en amoureux : ciné, promenade, expo. La vie est belle. Jouissons vite avant l’apocalypse.

13.09.2007

Ce post, c’est rien que pour me la péter

 Bon. Il se passe des trucs bien pour moi, là, en ce moment. D’où le fait entre autres que j’ai pas trop eu le temps de poster.

En gros :

-          j’avais mentionné dans un post récent le fait que je devais rencontrer en septembre le boss d’une grosse agence d’étude parisienne, et qui se disait intéressé par mon « projet à pognon » (ce truc pour voir clair dans la tête des lectorats, sur lequel je travaille depuis un bon bout de temps maintenant, et avec lequel je vous bassine depuis longtemps aussi). Bon. Donc je l’ai rencontré il y a quelques jours. J’avais préparé une petite prez powerpoint. Il m’a écouté pendant une heure. Puis il a commencé à me dire ce qu’il en pensait. En bon parano, j’attendais des critiques… mais il y en a pas eu. En bref, il pense que mon outil est bon. Il dit qu’il a 3 clients qui seraient intéressés, là maintenant tout de suite, par mon truc. Il aimerait qu’on co-développe mon outil avec d’autres éléments théoriques qu’il maîtrise bien (des éléments à bases de sémiotique), puis qu’on s’en aille voir ses clients actuels avec le truc sous le bras. Par ailleurs, il me dit que mes compétences en sciences humaines l’intéressent, et qu’il pourrait me faire bosser comme consultant free lance sur des missions, si ça me branche. On finit le rencart en calant une date pour discuter modèle économique, partage de revenus, en ce qui concerne mon outil. Au final, je ressors en pleine forme, et je passe le restant de la journée à rien foutre, tellement je suis content.

-          une amie qui bosse dans une prod cinéma m’appelle pour me dire qu’elle a pensé à moi pour co-écrire un scénario que sa boîte est actuellement en train de produire. C’est pas encore signé, car il faut que le courant passe avec le boss de sa boîte, mais enfin, c’est à suivre. En attendant, elle m’envoie le scénario histoire de préparer le rencart.

-          je vais changer de bureau (je ne peux plus rester là où je suis, car un mec qui était à ma place avant, a décidé de revenir) : le patron d’un magazine que je connais me sous-loue un bureau dans ses locaux. La chose intéressante est que ce mec m’avait déjà dit qu’il pouvait me donner des conseils sur les histoires de levée de fonds. Et donc ça risque de servir, pour mon projet de site web. Je vais donc quitter ce bureau que je sous loue actuellement, où je dois bien avouer que la fréquentation des bobojournalistes commençait à me peser, pour me retrouver dans un environnement à priori beaucoup plus intéressant.

-          j’ai trouvé deux actionnaires pour mon site web (deux amis, en fait, qui d’une part m’aiment bien et qui d’autre part pensent que le concept est bon).

-          le boss de la boîte d’étude dont j’ai parlé plus haut m’appelle aujourd’hui pour me faire deux propals. Première propal : l’un de ses clients, un magazine de presse écrite qui marche plutôt bien en ce moment, est ok pour tester mon outil. Ce qui est intéressant, c’est que je vais pas bosser dans mon coin sur ce coup là : je vais bosser de concert avec ce mec, on va mobiliser chacun nos domaines d’expertise respectifs. Je vais donc apprendre plein de trucs. Deuxième propal : il me demande si ça m’intéresse de faire un travail de consulting sur une émission TV qui ne marche pas bien. Je la joue tranquille et je dis « je sais pas, il faudrait que j’ai plus d’éléments pour répondre ». Le mec me donne rencart pour en parler la semaine prochaine.

 

Bon, voilà. 

Putain, les mecs, j’ai la grosse pêche. En même temps, je me dis que si cet été passé à bosser tout seul sous la pluie parisienne n’avait débouché sur rien de positif à la rentrée, mon moral aurait fait un peu la gueule, je crois.

En ce moment, je pense souvent à ce phénomène qui, lorsqu’on a décidé de tout perdre, de lâcher des choses auxquelles on tient très fort, des évènements positifs complètement inattendus se mettent à survenir. J’ai expérimenté cette chose plusieurs fois dans ma vie, et ça s’est souvent vérifié. Il y a toujours un moment où je veux lâcher « la chose précieuse » pour vivre la résurrection à nouveau. A chaque fois, mon entourage me dit que je déconne, que je suis dingue. Mais je le fais quand même. En fait, je crois que j'opère volontiers à ce genre de choix parce que j’y ai été précocément « entraîné » : au début de ma vie, j’ai tout perdu, et puis un peu plus tard j’ai tout gagné. De ce fait, j’ai toujours eu en moi une sorte de conscience bizarre, pas intellectuelle mais émotionnelle, de l’absence totale de sens aux choses. On perd des choses vitales, on ressuscite, on meurt à nouveau…. On fait un combat de boxe où on donne tout ce qu’on a dans le bide, alors même qu’on a appris juste avant le match que les dés sont pipés, que on perdra le match de toute façon, que le mec en face va nous descendre quoi qu’il arrive. Donc je trouve ça ludique, et même paradoxalement « sensé », de vivre ainsi. Hum, c’est un peu embrouillé, tout ça, pas vrai ?

En attendant, il est 19h30, je suis dans mon bureau à écrire cette note, et je me fais un peu chier. J’ai plus envie de bosser, et aucun ami n’est disponible ce soir pour aller prendre un verre. Je crois que je vais aller faire une petite virée solo, dans le bar tenu par ces mecs que j’ai rencontré récemment, et dont j’ai parlé dans un de ces derniers posts.

Avant de partir, je vous mets ce morceau que j’écoute en boucle en ce moment. Ok, ça passe partout à la radio+TV, mais franchement, c’est le feu nucléaire, ce morceau. En plus, ce Mika, il est libanais. Take it easy, les mecs.     

 

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