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20.07.2007

20/07/07

Journée : tâches administratives et boulot. Je découvre un truc dingue : le site web déjà existant qui se rapproche aujourd’hui le plus du concept de celui que je veux monter a été lancé… par un type qui bossait deux étages en dessous de moi, lorsque j’étais journaliste. Et cette découverte est importante, car je veux nouer un partenariat préalable avec un canard qui travaille au même étage que ce mec. Et bien sûr, je veux que tout reste discret, tant que rien n’est mis en ligne. Il va falloir éviter d’être con, sur ce coup-là.

Soir : ma sœur m’appelle pour me parler de ma prof de français, que je lui ai récemment présentée. C’est une fan. Son mec aussi, apparemment : il dit à ma sœur durant notre conversation (il le lui dit discrètement, mais ma sœur me le répète) que je dois garder ma prof parce qu’elle est « bonne ». Je ne peux pas le contredire sur ce point.

Il est 22h, je suis toujours dans mon bureau. Je viens de retracer en quelques lignes les quelques jours qui viennent de s’écouler.

19/07/07

 Journée un peu fade. Le soir, dîner avec mon pote R* et sa nouvelle copine, d’origine haitienne. On parle de Haiti. Elle me dit que la colonisation française a causé la pauvreté actuelle de Haiti. Bon, moi, comme je vous l’ai déjà dit, les sujets politique/idéologie/histoire, j’en ai ma claque, je me contente depuis quelques années de me radicaliser tranquillement dans mon coin, et à l’extérieur, je suis généralement assez fréquentable. De plus, le fait est que les connaissances que j’ai acquises au cours de ces dernières années dans le domaine des sciences cognitives via mon activité journalistique, m’ont rendu assez blasé sur la situation actuelle : ayant réalisé que l’histoire des sociétés humaines n’est finalement que la répétition/amplification stupide de quelques mécanismes cognitifs simples parfaitement connus des neurobiologistes, neuropsychologues et autres éthologues, cela m’a peu à peu détaché de l’actualité du monde. Je me suis houellebecquisé.

Mais revenons à Haiti. Donc la fille parle des méfaits de la colonisation. Je lui demande depuis combien de temps les français en sont partis. Elle dit « 2 siècles »... Bon. La réponse me remue un peu, mais, fidèle à ma ligne, je souris sympathiquement. Puis on parle du vaudou. Je demande si on peut faire des choses positives avec, mais apparemment non. Sa description du vaudou me donne à penser que le vaudou est assez glauque.  

C’est alors, toujours à ce resto, que je croise une fille que j’aime beaucoup : polonaise, magnifique, diplômée en science po et marketing, consultante en marketing pour quelques multinationales, culture générale monstrueuse… et mannequin pour une marque que je qualifierai pudiquement de « prestigieuse ». La fille qui calme, quoi. La bise que nous échangeons est un courant d’air frais bienfaisant.

Je rentre chez moi un peu fatigué.

18.07.2007

18/07/07

Je prends un rendez-vous pour une formation création d’entreprise (pour mon projet de site web). Je passe ma journée à me documenter sur les aides à la création, un vrai labyrinthe.

Au fait, petite parenthèse explicative, car j’ai l’impression que je ne suis pas très clair avec mes activités. En gros, actuellement, je voue mes journées à :

-          matin, de 9h à 11h : écriture de scénarios. J’ai décidé de reprendre des vieux écrits laissés depuis des années en deshérence. Le producteur qui avait produit, il y a 7 ans maintenant, mon petit film, est intéressé par les histoires que je lui ai récemment racontées.

-          Après : direction mon bureau collectif de journalise, où je partage mon temps entre le projet à pognon et mon projet de site web. Parfois, j’écris aussi des propals de reportages pour des boîtes de prod que je connais. Je fais cela « par sécu », en me disant que je dois garder une activité de journaliste au cas où le reste foire. Mais c’est parfois chronophage, et je ne sais pas si j’ai raison de faire ça, en fait. C’est peu comme partir perdant. Il faut dire que j’ai assez peur de l’échec, en ce moment. Je n’éprouvais pas ça aussi violemment avant, c’est emmerdant. Peut-être à cause de cette histoire qui débute avec ma prof de français, pour laquelle je me dis qu’il faudra rapidement un peu de stabilité. Toujours est-il que je l’ai récemment briefée à ce sujet, en lui disant que mes prochains mois/années ne seraient peut-être pas empreints de la plus grande sérénité professionnelle. Elle m’a dit qu’elle s’en foutait, qu’elle voulait me suivre de toute façon. J’ai trouvé ça beau. Mais il faudra voir à l’usage.

Le soir, je dîne avec un ex plan-cul, dont j’avais je crois brièvement parlé (celle de Tours). On se met en terrasse, dans une rue paisible du 7e (j’aime bien ce coin, les filles y sont plus belles qu’ailleurs, et cela n’est pas seulement du à leur budget beauté moyen largement supérieur à la moyenne). A la fin du repas, la fille me demande pourquoi j’ai accepté de la voir, si ce n’est pas pour la baiser ensuite. Je dis que c’est parce que j’aime bien sa compagnie, ce qui est vrai. Je lui dis aussi que j’ai pour habitude de cotoyer plusieurs de mes exs, quand elles sont fréquentables. C’est mon côté gay, il y a des filles avec lesquelles j’aime bien parler. Que parler.

Je la ramène en scoot, puis rentre chez moi. Sur le retour, il y a un bar où j’allais à une époque. Je m’arrête, et prends une bière au comptoir. Je demande au barman s’ils cherchent du monde en salle. Il dit qu’ils ne prennent que des filles. Damned, me voilà discriminé. Un client m’entend, et me parle du resto où il est actuellement barman, un truc lounge énorme, et me donne la carte du resto, me disant de passer. On devise aimablement de tout et de rien. Il me parle de ses ambitions déçues de journaliste sportif. Puis il se casse, et je parle avec le barman. Il me dit qu’il était coiffeur, et qu’il s’est récemment reconverti dans la restauration. Drôle de type, il est assez marrant. On imagine des nouvelles solutions pour faire du fric dans la coiffure, puis je finis par me casser à mon tour. Je n’aurai fait que parler, ce soir. Et d’ailleurs, ce n’est pas fini, car quand je rentre, ma prof de français m’attend, et je parle encore.

17.07.2007

17/07/07

Matin : rendez-vous avec mon ancien boss, pour lui proposer d’utiliser l’outil sur lequel je travaille depuis plus d’un an maintenant, et dont la vocation est, pour faire très court, d’augmenter les ventes d’un titre de presse via un procédé un peu particulier. L’idée est de le tester grandeur nature chez lui, gratuitement, puis de le commercialiser auprès d’autres titres de presse (mon « projet à pognon », c’est ça, au fait).

En arrivant, je suis un peu stressé. Il faut dire que mes relations avec mon ex-boss ont toujours été un peu particulières, empreintes d’une sorte de rivalité assez enfantine, de type qui-c’est-qui-pisse-le-plus-loin. Diverses histoires à base de femmes, aussi, entrent en ligne de compte.

Mais au final, le rendez-vous se passe beaucoup mieux que ce que je craignais. Je lui montre ma présentation powerpoint, et il adhère, il trouve ça pertinent. Il est ok pour tester l’outil pour les mois qui arrivent, et me propose de parler de mon outil à des patrons d’autres magazines. Je suis super content.

L’après-midi, je me rends dans un resto, où ils cherchent un responsable de salle – j’ai vraiment besoin de renflouer les caisses. Le salaire est bien, paiement tous les jours, et ce dans des modalités « souples ». C’est bien, c’est exactement ce que je recherche. Je réalise alors que le salaire qu’il propose est grosso modo celui que ce que je gagnais au bout de 4 ans de journalisme en poste. Sans commentaires. Le mec qui me reçoit me sent bien, manifestement. Il me dit que je suis le premier candidat avec lequel il parle plus de 5 minutes, car il a certains « préjugés », dit-il, envers les candidats qu’il a reçus avant moi. Préjugés que je devine très bien. N’ayant pas mis mon lieu de naissance sur mon CV, je me sens à ce titre tout à fait tranquille. Il me parle d’un essai à faire bientôt, à condition que l’essai en cours ne soit pas concluant. A voir, donc.

Le soir, je retrouve ma prof de français chez moi, qui m’a préparé à manger. Elle squatte de plus en plus souvent chez moi, en fait. Je lui raconte ma journée, elle me raconte sa journée ménage, et conclut en disant qu’on est un couple très années 50 (homme-bureau et femme-vaisselle). Ce qui la ravit manifestement, et n’est pas non plus pour me déplaire, je ne le cache pas.

16.07.2007

16/07/07

Lundi réunion avec des mecs d’une régie publicitaire web. Centre de paris, bureau trop climatisé, ambiance « tu vois moi je bosse dans le web » et tout ce qui va avec. Je les vois pour mon projet de site web. Ils sont trois, à vanter les mérites de leur taule. L’un d’entre eux ressemble trait pour trait à une connaissance libanaise que j’aime bien, et donc du coup je lui fais beaucoup plus confiance à lui qu’aux autres. La reconnaissance des apparentés est un putain de mécanisme. Le contenu de la réu est intéressant. La cible que je vise avec mon site les intéresse, car elle est recherchée par beaucoup de leurs annonceurs. Je repars avec pas mal de chiffres intéressants. Bon, bien sûr, passer par une régie n’est pas ce que je vise, je recherchais surtout des infos sur leurs annonceurs, ainsi que sur le modèle économique de certains sites qu’ils ont en régie et qui s’adressent à la cible que je vise.

L’après midi, je retombe dans le réel : mon proprio m’appelle pour me dire que le virement du loyer n’est pas passé. Mon compte bancaire fait vraiment la gueule (mes assedic ne me suffisent pas du tout pour bouffer). Dans la foulée, je fais les annonces « restauration » sur le web, et prends des rendez-vous.

Cette nouvelle période de merde financière fait que je retrouve des sensations bizarres que j’avais eues, il y a quelques années, avant mon passage par la case « entreprise ». De la jouissance et de la terreur. Cette impression d’être tout le temps sur le fil du rasoir, en faillite imminente. Je réfléchis pour la énième fois au pourquoi de mon attrait pour cela. La première réponse que je trouve est que j’ai besoin de stimuler mes instincts de survie en permanence. Comme un entraînement.

Puis je me dis que, étant les fils de ceux qui ont mieux réussi que les autres (je parle de nos lointains ancêtres), nous avons donc hérité de leurs aptitudes. Or, évoluant dans un monde qui est sorti de toute continuité historique, nous n’héritons plus par conséquent de grand-chose. Mes aptitudes à la survie sont donc probablement le seul héritage qui me reste. C’est donc peut-être pour cela que je tiens tant à faire honneur à ces aptitudes. Je tiens à les briquer comme les chromes d’une voiture.

09.07.2007

09/07/07

Grosse fatigue. Chopé la crève sur mon scooter avec ce temps de merde. Il est 23h, je suis encore à bosser dans mon bureau. J’ai la fièvre. Je jongle entre les tests médicaux chiants et les trucs que j’ai à écrire en ce moment pour mes projets. Je rêve d’un mois d’inactivité totale au soleil.

Vendredi, grâce à C*, discuté avec un ancien d’Apple France, un mec qui a monté des trucs bien, qui font référence dans le domaine, quoi, et à qui j’ai parlé d’une de mes marottes web du moment. J’étais content de voir que, tout newbie que je suis, j’ai pas forcément tort d’insister avec mes histoires de web.

Hier, déménagement d’une amie, puis soirée chez des amis avec ma prof de français. Qui a passionné les gens avec ses histoires d’élèves du 93.

Aujourd’hui, interviewé un chercheur pour un sujet de reportage que j’écris pour une boîte de prod, lequel va traiter d’une dimension un peu étrange du rêve, qui intrigue pas mal de chercheurs aujourd’hui. On avait rdv dans un bar à Chatelet. Il pleuvait des cordes. En l’écoutant, j’ai eu des poussées de fièvre. A un moment, des avions sont passés juste au dessus de Paris, sûrement les mirages du 14 juillet. Je vous garantis que le cocktail entre cette conversation sur le rêve, ma fièvre, et puis les mirages dans le ciel à ce moment, et bien ça a fait un effet cognitif très bizarre. En fait, j’ai eu ni plus ni moins l’impression qu’il n’y avait pas d’écoulement temporel, qu’il n’y en avait jamais eu, et que rien n’existait. Bizarre.

Sinon, côté « projet à pognon », et bien ça avance, j’ai un rdv cette semaine avec mon ancien boss à ce sujet qui va être intéressant. A voir.

Bon, je vais rentrer chez moi, y vivre le premier moment agréable de ma journée : car ma prof de français y est déjà, et elle m’a dit qu’elle m’a fait un super repas (ah oui, je vous avais pas dit, je lui ai filé un double des clés de chez moi).

06.07.2007

5/07/07

Hier soir, gagné un peu de fric au poker. Du coup, ce soir, après ma journée de taf, je m’octroie un petit resto tout seul. J’ai des calculs à faire sur mon pc pour un rendez-vous prévu pour demain, et manger une entrecôte frite+pichet de rouge en bossant un peu, franchement c’est agréable.

Je trouve un resto pas mal, un resto assez vaste, près de chez moi, que je n’ai jamais testé. Je m’installe, je mange et je bosse, donc. Vers 1h, je suis le seul dans la salle, hormis les serveurs. Je pianote toujours sur mon pc, tout en écoutant plus ou moins les serveurs parler entre eux. La plupart sont maghrébins, ils parlent des pourboires laissés par telle et telle table, puis ils se vannent sur des trucs que je ne comprends pas. Il y a un serveur non maghrébin, et il a l’air un peu largué lui aussi. Je réfléchis aux serveurs maghrébins : ceux là sont passés « de l’autre côté » : ils ont transité, en 1-2 générations, d’un « cosmos » où ils avaient une place, vers un monde absurde, qui n’a aucun sens, et où ils n’ont conséquemment aucune place (comme les occidentaux, du reste, mais eux, ça fait plusieurs générations qu’ils s’y habituent tant bien que mal, et puis surtout ça s’est fait pour eux un peu plus progressivement). Ces mecs, donc, ont décidé d’accepter les règles de leur nouvel environnement. Pour l’instant en tout cas. Mais que feront-ils, plus tard dans leur vie, vers 40-50 piges, lorsque le sentiment d’absurdité se fera en eux par trop douloureux ? Un brusque retour à leurs origines, à leur religion ? C’est pour le moins probable. Tout cela s’accompagnera de beaucoup de rancœur, d’ailleurs, et à mon avis ce n’est pas un paramètre à négliger.  

Du coup, j’en viens à me rappeler de ma période « restauration ». Je me rappelle de cette ambiance assez malsaine, ces mecs qui ne pensaient qu’aux pourboires. J’étais devenu comme eux, moi aussi je regardais les pourboires. Je me haïssais. J’étais devenu un animal domestiqué, qui en était venu à se soucier de trucs situés à mille lieux de toute logique de survie. Domestiqué par mon environnement. Domestiqué par moi-même. Mentalité d’esclave, morale du faible. Ressentiment. Y a-t-il pire aliénation que celle à laquelle on souscrit délibérément ?

C’est marrant, parce que depuis que je bosse sur mon (mes) projet (s) à pognon, je réalise à quel point il n’y a aucune issue. Je réalise à quel point les gens qui font du fric aujourd’hui, en ont été réduit à faire fi de toute morale, à considérer leurs contemporains comme des %. C’est un préalable indispensable, sinon c’est la loose assurée. Ils se  croient libres, ils ont du fric, mais ils sont dans la pire des aliénations, au fond : ils se sont asservis eux-mêmes. Je dis ça sans ressentiment, car moi aussi je n’espère qu’une chose : faire du fric.

Bon, au fond, cet état de fait, je le connaissais depuis longtemps, j’ai bossé dans le commerce il y a quelques années. Et j’étais pas mauvais, du reste : moi aussi, je sais « faire fi » quand il faut, il me semble que c’est une vertu adaptative, d’ailleurs, dans l’absolu. Mais en ce moment, c’est vrai que ça me fait un peu bizarre, cette disparition totale de tout sens moral. Enfin, à ce point là, disons. Ce qui me met mal à l’aise, c’est que cette « cession » d’une part de soi ne s’accompagne d’aucune contrepartie véritablement désirable.

Bon, pour résumer, disons que j’a l’impression que :

Ø        vers l’âge de 4-7 ans, pour tout membre du genre humain : prise de conscience que la vie réelle n’offre pas la possibilité de fusion, de jouissance totale, ce putain de truc qu’on croit tous avoir eu il y a longtemps, puis perdu, et qui manque tant. Il n’y pas de sens, on va passer le restant de notre existence à déployer de l’énergie pour maintenir en vie une enveloppe charnelle qui finira de toute façon par cesser de fonctionner, et cela sans la moindre contrepartie à la hauteur de la fusion perdue. Merde. Tout cela n’a aucun sens, vraiment.

Ø        Après (ado, adulte, vieillard) : 2 solutions pour pallier à ça :

     o         S’imaginer l’existence d’une volonté créatrice, que l’on pourrait faire jouir par un comportement adéquat (religion). Ersatz de l’enfant qui fait jouir le parent par son comportement, et donc retrouvailles virtuelles d’avec la fusion perdue

OU :

     o         Anesthésier la douleur du manque par le consumérisme (matérialisme)

Disons que en gros, chez l’humain d’aujourd’hui, j’ai l’impression que c’est un peu l’un ou l’autre.

Et donc (et tout ce discours c’est pour arriver à ça, en fait) : je pense que la troisième voie, la solution non régressive, la seule solution qui peut nous grandir face à cette situation de merde, c’est l’art. C’est la création. C’est créer du beau, vouer toute son énergie à cela. Ni adoration d’un père tutélaire imaginaire qui donnerait un sens à une généalogie humaine qui n’en a en fait concrètement aucune, ni engloutissement délibéré dans la fange, mais la beauté.

Je sais, c’est un peu con, mais je crois profondément à ce que je viens d’écrire. Il faut dire que je suis un peu bourré, aussi.

En attendant, depuis 1 mois, mes deux premières heures du matin sont consacrées à ça : je mets dans un bar que j’aime bien près de chez moi, avec mon pc, et j’écris des scénarios. J’imagine des personnages. J’essaie de faire un peu de beau. Et après, vers 11h, je passe à la séquence « il faut que je fasse du fric ». Qui dure jusqu’à très tard dans la journée. D’ailleurs, là, il faut que je me couche, c’est pas raisonnable. Allez, salut les gonzes.

Putain, je suis vraiment bourré. 

04.07.2007

03/07/07

Ce matin je passe un scanner du poumon. Petit contrôle, motivé par le fait que je fume 2 paquets par jour depuis 15 ans. J’attends les résultats dans le couloir. C’est long. Je me mets à réfléchir à des trucs, à mon père notamment. Il a longtemps fumé 1 paquet de cigarettes fortes par jour. Moi j’ai d’emblée choisi la double dose. Pour mourir avant lui. Je me souviens de ce fantasme enfantin récurrent où j’imaginais que je sauvais la vie de mon père, en payant de la mienne. Le sauver de ma haine.

On m’apporte les résultats. Question tabac, RAS. Mais il y a d’autres trucs, des « petites choses » me dit le mec. Donc examens complémentaires. Des histoires de tuyau dans les poumons, et d’autres réjouissances aussi, sont à prévoir. Bon. Restons solide, continuons à vouloir.

Journée travail, dans mon bureau de journalistes. Mes collègues de bureau, tous indépendants, cherchent désespérément des CDI dans des rédactions. Forcément, ils ne comprennent pas pourquoi je me suis barré de la mienne. Ils me demandent souvent pour « quoi » je suis parti, et comme je donne à chaque fois des réponses assez vagues, ils vont sûrement bientôt penser que je suis un peu taré, ou con.

Soir : La jolie S* vient dîner chez moi. J’ai une copine maintenant, alors on baise plus. C’est assez facile de résister, je me dis à ce moment.

Je la raccompagne à Bastille, là où elle habite. Sur le retour, je vois Jean Dujardin dans la rue, qui téléphone. Je roule un peu puis je me dis que c’est con, j’aurais pu lui parler de mon projet de film. Je fais demi-tour. Il est rentré dans un bar. Je rentre commande une bière, et vais lui parler de mon film. J’ai bossé il y a longtemps pour « un gars, une fille », alors ça facilite un peu les choses. Il me donne les coordonnées de son agent. Bon, je ne lui ai pas dit que dans mon film, il est censé bouffer la moitié de la tête d’un type. C’est que j’aime bien le contre-emploi, dans les choix de casting.

Je rentre, mate un film de cul, lis quelques pages de « Une folle solitude », et éteins la lumière.

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