23.06.2007

23/06/07

Revenu sur Paris ce matin, par le train de nuit.

Mes derniers jours dans le sud étaient vraiment bien. Revu H*, un vrai bon pote, rencontré quand j'étais ado. La rencontre avec H* : je jouais de l'harmonica dans un groupe de pop rock (si si, c'est possible), et lu il bossait dans un bar, dans lequel, un soir, on était venu faire un concert. Bon feeling, on s'est revu, et on est rapidement devenu inséparables. A cette époque, H* était accro au Bérurier Noir, et à tous les groupes qui gravitaient autour. Moi aussi, je l'étais (j'avais découvert le punk et l'alternatif quelques années plus tôt, quand j'étais scout d'Europe (1), grâce à un type assez formidable qui était dans ma patrouille -je raconte ça juste pour l'anecdote, je trouve ça amusant de dire que j'ai découvert le Bérurier Noir aux scouts d'Europe).

Bref, H* et moi, et sa copine aussi, on est à cette époque rapidement devenu le noyau dur d'une petite bande d'une dizaine de personnes, une bande de rebelles à deux balles. A l'époque, j'avais un fourgon, dont je me servais pour mes livraisons (j'étais livreur), alors je mettais tout le monde derrière et on partait écumer les concerts de la région. En bref, on a fait littéralement n'importe quoi pendant plusieurs années, avant que je ne décide de partir pour Paris afin de passer à autre chose. Depuis, des gens de cette bande sont morts, d'autres sont en HP, d'autres encore je ne sais pas où, mais avec H*, on a toujours continué à se voir. Et ce même quand j'ai commencé, disons, à "diverger" politiquement de la l'idéologie "rebelles à deux balles" de cette époque. Car H*, lui, n’a pas bougé d’un poil de cul : il voit la réalité exactement comme quand il avait 15 piges.

Alors, aujourd’hui, quand H* est bourré, il me traite de facho, puis il dit avec un air sentimental « mais de toute façon, le seul mec que je planquerais chez moi en cas de problèmes, ça serait toi, même si tu es mon seul pote de droite ». H*, c’est mon pote. Mon grand pote.

Cette semaine, donc, on s’est fait un barbecue chez lui et sa copine. C’était bien, comme si le temps n’avait jamais filé depuis toutes ces années. C’était doux, j’avais besoin de ça, je crois.

Egalement : beaucoup discuté avec ma petite sœur, qu a monté sa boite de graphisme et qu m’impressionne de plus en plus. Elle est étonnamment mûre. Elle se révèle.

Ajourd’hui, fini donc la belle lumière du sud : je suis à Paris. Ce soir, direction l’appart de la jeune J*, qui fête son anniversaire. Puis aller rejoindre ma prof de français (qui m’a presque manqué), et qui est ce soir à une sorte de crémaillère je crois. Enfin, elle veut me présenter des amis.

Petit bonheur : retrouvé cette après-midi, en rangeant mes CD, « the sinking of the titanic » de Gavin Bryars. Que j’écoute en écrivant cette note.

(1)    : pourquoi les scouts d’Europe ? A 14 ans, lorsque j’ai voulu rentrer dans les scouts, dans le but d’échapper à l’atmosphère disons oppressante de mon milieu familial à cette époque, je savais qu’il y avait des scouts « normaux » et des scouts « fachos » (c’est en tout cas ainsi que je classais les choses à cette époque). Bien sûr, je voulais éviter les « fachos » (2). J’ai pris les pages jaunes, vu qu’il y avait les ceux de France et ceux d’Europe. J’ai naïvement pensé que les « mauvais » étaient ceux « de France »… et j’ai appelé les scouts d’Europe, sûr de ne pas me tromper. Je me suis rendu compte dès la première sortie avec eux que j’avais faux. Il y avait des mecs du FNJ, pour moi c’était assez exotique. Mais je suis resté, car en fait c’était sacrément bien. La plupart des mecs étaient ouverts, intelligents, et issus de toutes les couches sociales, et de toutes origines ethniques aussi. Bref, mes préjugés ont vite fondu. Dans la troupe, on était 4-5 « de gauche », et le soir, on se battait contre les autres, les « de droite », amicalement mais quand même assez virilement. Inutile de dire qu’on se faisait méchamment éclater.

(2)    Je réalise que je parle beaucoup dans ce post d'orientations politiques. Mais j’espère que vous n’êtes pas dupes ; la politique, ça fait un gros bail que je n’en ai vraiment plus rien à foutre.

Commentaires

l'amour a frappé à ta porte sous l'aspect d'une prof de lettres.

C'est beau !

Ecrit par : totot | 25.06.2007

Je sais pas si on peut parler d'amour, mais en tout cas c'est vrai que c'est assez inattendu, et bien aussi.

Ecrit par : Lazare | 26.06.2007

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