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12.02.2007

Ces deux dernières semaines

-          Une nuit chez S*. Tendre et bon, comme d’hab.

-          Une soirée avec la Blonde du bar. Resto, avec une conversation intéressante sur les choses de l’enfance. Puis elle m’invite à une fête. On déconne, on rigole. Je m’entends décidément bien avec cette fille. Puis on rentre chez moi, dans sa voiture. On est bourrés. A un moment, je passe les vitesses à sa place, c’est amusant. On arrive chez moi. Et puis on passe à la séquence sexe.

-          Rencontré une fille qui bosse dans une agence immobilière, lors de ma période de recherche d’appartement. Contexte : juste après la première visite avec elle, je trouve mon appartement, via une autre agence. Mais cette jeune agent immobilier (23 ans) est beaucoup trop belle pour que j'interrompe mes visites avec elle. Une beauté vraiment insolente, presque agressive ; un truc qui rend vraiment nerveux. Je continue donc des visites d’appartement qui ne servent à rien, inspecte avec une mine sérieuse des apparts complètement hors de prix pour moi, juste pour la voir. Au terme de la troisième visite, je l’invite à prendre un verre. Elle dit ok, mais vite, car pressée. Echange agréable, échange de coordonnées. La semaine qui suit, on prend un autre verre. Longue discussion. Elle me dit des trucs qui me dépriment un peu. Elle me parle de son boulot dans son agence immobilière, installée dans une ville de la proche banlieue parisienne. Elle me parle du racisme des maghrébins, qui lui parlent « comme à une merde », sous le prétexte qu’elle est blanche et donc forcément « discriminante » dans sa politique d’attribution des apparts (la vérité étant bien sûr que ce n’est pas elle qui décide cela, évidemment). Elle me parle de sa mère, qui bosse dans une mairie de banlieue, au service des logements sociaux. Elle raconte les africaines qui débarquent régulièrement dans le bureau de sa mère, enceintes jusqu’aux dents, et qui disent « je vais avoir un nouvel enfant, donnez-moi un appartement plus grand ». Et qui, si l’attribution n’est pas possible, lui mettent la pression, l’engueulent, juste pour avoir cet appart plus grand. La jeune agent immobilier me dit qu’elle est écoeurée, qu’elle en a marre « de ce pays de merde », et qu’elle veut se casser ailleurs. Je la regarde, et bien qu’étant largement blasé sur ce genre de thèmes, me dit qu’un pays qui donne une envie aussi forte de s’expatrier à une jeune femme aussi belle et dynamique a vraiment du souci à se faire. La fin de la soirée devient tactile. Puis je la ramène en scooter. Elle viendra dormir chez moi quelques jours plus tard. Et je réaliserai à quel point les ruses de l’évolution les plus archaïques (de type : « je suis jeune, j’ai un visage de poupée, des gros seins, et demande à être protégée ») ont un formidable pouvoir sur moi.

-          Un week end à Tours, chez une journaliste rencontrée récemment dans une soirée sur Paris. Une jeune femme de 24 ans, plutôt quelconque physiquement, mais pleine de vie et d’intelligence. Elle me dit que de me connaître fait que du coup, elle a moins peur de devenir trentenaire.

-          Je fais mon état des lieux d’entrée, dans mon nouvel appart, avec un type de 50 ans mandaté par l’agence immobilière. L’état des lieux durera plus de deux heures. D’emblée, quand j’arrive et vois le mec, je me dis « putain de roublard ce mec, j’ai intérêt à rien laisser passer ». Et de fait, il essaie rapidement de m’embrouiller sur la qualité du plancher du salon. Il veut écrire « bon état » et moi je veux ecrire « état moyen ». On se prend la tête 5 minutes. Puis il cède en rigolant, et me dit en me tendant sa main « topons là, comme deux maquignons ! ». On continue l’état des lieux, sur le même rythme, c'est-à-dire très lent, car je ne veux rien lâcher. Ca paie. Il finit par fatiguer, et écrit presque toujours dans l’état des lieux ce que je veux, tout en me tendant à chaque fois sa main pour que je tape dedans. Il marque même à plusieurs reprises « mauvais état » pour plusieurs éléments de l’appartement, alors que je n’avais encore rien dit. On finit par sympathiser. Il me dit que sa femme est chinoise, qu’il ne supporte plus la France , et qu’il est en train de monter un business dans le sud de la Chine , dans le but d’aller s’y établir le plus vite possible. Je lui dit que je suis sur la même longueur d’ondes. On se quitte d’une façon particulièrement cordiale.

-          Une fête sympathique, au cours de laquelle je retrouve la Journaliste de Tours, venue sur Paris pour le week end. Elle passe ces 2 jours chez moi. Pas la moindre fausse note au cours de ce week end entre elle et moi. Et ce, même lors d’une discussion politique, alors qu’elle est plutôt de gauche, bien qu’assez lucide et critique au sujet de son positionnement. A cette occasion, on parle de l’immigration. Je lui dis que je considère que le culte pour la repentance pratiqué par la gauche (et une bonne partie de la droite française, certes, aussi) envers les immigrants récents n’est que la face émergée du désir de continuer à se croire tout-puissant, puisque responsable de tous les maux qui frappent le Tiers-Monde (« je suis tellement puissant que tous tes problèmes ne peuvent forcément que venir de moi », « je suis si puissant que ma force t’a irrémédiablement et très gravement pénalisé, et je me dois donc de te donner une compensation à la hauteur de l’immense tort que ma toute-puissance t’a infligé », etc). En d’autres termes, ce n’est que le désir inconscient de remonter sur le piédestal sur lequel la France se tenait, à l’orée du 20e siècle. Je lui dis aussi que la bienveillance permanente de la gauche envers les erreurs et infractions commises en France par les immigrants récents est à mon sens la face émergée d’une sorte de racisme de gauche particulièrement pervers, qui consiste en gros à dire « Tu es si peu capable de te débrouiller tout seul, de vivre normalement en respectant les lois du pays qui t’accueille, tu es si handicapé, si peu un homme à part entière, qu’il est normal que tu aie droit à un régime dérogatoire et qu’on ne te pénalise pas trop ». Je lui dis enfin, qu’étant doté d’un patrimoine génétique fort peu européen (il est plutôt proche-oriental en fait, je dis ça pour les nouveaux), je me sens par conséquent insulté par la pensée de gauche telle qu’elle est en France. Elle écoute ce que je dis, admet qu’elle n’avait jamais vu les choses comme cela, et trouve au final le propos plutôt sensé.

-     Arrêt officiel de mes liaisons avec l’Allemande à l’étrange visage et la Journaliste slovène. A leur instigation. Et ce suite à une série de piteuses reculades de ma part au vu des choses potentiellement sérieuses qui se profilaient avec elles. L’occasion de me demander quel est mon putain de problème avec la gent féminine, et de réfléchir pour la énième fois à mon histoire familiale, certes un peu particulière par rapport à ce qui se fait d’habitude.

-          Je bosse avec ma pote C* sur l’un de mes projets. On prépare un dossier pour un concours destiné aux jeunes (futures) entreprises qui ont des projets sur le Net. Le dossier doit être rendu le 28 février, et on a beaucoup de travail.

-          J’obtiens mon premier rendez-vous avec un client potentiel pour mon « projet à pognon », grâce à l’entremise de ma pote Y*. Lequel est prévu pour dans une semaine. Pas mal de choses à préparer pour cela, mais je pense que je serai prêt. Je stresse un peu.

-          Je pense de plus en plus souvent à l’expatriation. Le désir de réussir dans mes projets professionnels, de mettre un peu de fric de côté, et de me casser devient carrément ardent. De toute façon, plonger ne serait-ce que 5 minutes le nez dans les tables de la démographie française devrait en donner la furieuse envie à n’importe quel individu normalement constitué, me semble-t-il.

01.02.2007

01/02/2007

Un peu débordé ces temps-ci, entre mes recherches d’appartement, la préparation de ma période post-démission (laquelle prend effet dans un mois, soit début mars), la boxe, ou encore la gestion de divers problèmes financiers. 
Et puis dans tout ça, trouver le temps pour l’organisation de quelques séances de baise, mais qui, bizarrement, ne sont pas révélées à but exclusivement « hygiéniques », mais aussi empreintes d’autres choses un peu nouvelles pour moi : en fait, lors de ces moments d'intimité récents, des choses inattendues sont sorties de moi, des comportements tournant autour de la tendresse, de l’affection, des choses dites humaines, dont je n’ai pourtant jusque-là jamais été un grand spécialiste. Non pas que je soie une sorte de macho froid et méprisant envers la gent féminine, je ne pense pas être comme ça, en tout cas au fond de moi. Mais disons que j’ai toujours eu un peu de mal à rester moi tout en m’ouvrant à l’autre, du mal à me perdre dans la fusion momentanée d’une relation sexuelle tout en restant pleinement moi. Ce qui fabriquait de l’angoisse, et donc une sorte de repli vers une posture artificielle de macho distant, justement. Par peur. Or tout cela se modifie en ce moment, sans que je l’aie pourtant décidé. Et donc du coup, des choses plus sincères et chaleureuses peuvent jaillir de moi.
En fait, c’est une période mouvante pour moi, en ce moment. Divers petits indices en attestent. Il y a déjà ce que je viens d’énoncer. Mais aussi, il y a que je suis heureux d’avoir démissionné, et d’avoir pour perspective ces deux années d’indemnisation assedic au cours desquelles je vais pouvoir m’adonner à plein à mes projets professionnels perso. Cette décision correspond en plein à ce que je veux vraiment faire. J’ai l’impression que c’est l’une des premières fois de ma vie où je fais un acte libre. Et ça me rend serein, en phase avec moi-même.
Et puis il y a plein d’autres choses, presque insignifiantes. Comme le fait d’avoir subitement décidé d’acheter une guitare électrique il y a deux semaines : j’en avais (mal) joué durant 3 ans il y a une dizaine d’années, avant de la vendre brutalement. A l’époque, j’en jouais comme un névrosé, de façon masturbatoire. Je répétais des phrases, toujours les mêmes, sans rien faire émerger de vraiment constructif. Ca m’avait gonflé d’être aussi impuissant et peu créatif avec cet instrument, et donc je l’avais vendue. Et puis là, depuis deux semaines, non seulement j’ai retrouvé mon niveau d’il y a 10 ans (ce qui certes n’était pas très dur), mais de surcroît il y a plein de choses nouvelles qui sortent, avec des lignes de voix et puis des paroles. Résultat : les soirs où je dîne chez moi, j’accompagne la cuisson de mes pâtes en faisant du son que j’aime bien, du son qui vient de moi, du son qui vit.
Il y a aussi le fait d’arriver depuis un mois à faire des trucs instinctifs à la boxe, des histoires d’esquives et de crochets, que je ne maîtrisais pas vraiment avant, ou en tout cas pas « instinctivement » justement. Et là, il y a eu un déclic.
Puis il y a encore le fait d’avoir trouvé depuis hier, après moult visites infructueuses, un appart assez formidable, et ce malgré quelques faux papiers dans mon dossier : dans une semaine, j’emménage dans un 2 pièces de 42 m2, sis dans le 13e arrdt. L’appart n’est pas en très bon état, mais le loyer est très nettement en dessous du cours actuel, ce qui m’a décidé à le prendre. C’est une putain d’occasion, en fait. Bon, il faudra repeindre les murs et réparer divers trucs, mais je m’en fous. Car il y a un grand beau salon où j’aurai la place d’inviter tous les gens que j’aime bien, où je pourrai installer mon bureau et toutes mes docs pour bosser sur mes projets, et où je vais aussi pouvoir installer mes tableaux et mon matos de peinture ; il y un hall d’entrée très large où je vais pouvoir installer un sac de frappe pour mes exercices physiques du matin (jusque là, je chaussais mes gants et frappais dans un mur, ce qui n’était pas le top pour mes phalanges) ; une cuisine étonnamment vaste où je vais pouvoir prendre toute la place que je veux pour faire des expériences culinaires délirantes tout en grattant sur ma guitare ; et puis fin du fin, il y a une baignoire... Aux alentours, il y a un lycée, avec une sonnerie qui règle la vie des voisins dès 8h du mat du lundi au vendredi. Ce qui ferait chier plein de gens je pense, mais moi ça me plaît bien : étant « du soir » comme on dit, j’ai du mal à me réveiller spontanément tôt le matin, et le temps que cela me fait perdre m’énerve. Malgré tous mes efforts depuis des années, je n’ai jamais vraiment réussi à régler mon sommeil pour un réveil spontané aux aurores. Et bon là, je crois que ce lycée va être une sorte de méthode choc pour y parvenir. Sinon, dans ma rue, il y a un marché assez connu, où je vais pouvoir m’approvisionner en bons légumes bien frais. Et ça c’est bien aussi. Voilà, en gros mon nouvel appart, c’est tout ça. Je l’ai baptisé mentalement « l’appartement de la force ».
Sinon, ce matin, je me suis réveillé en éclatant de rire : je faisais un rêve où un personnage sentencieux avait entrepris de m’expliquer l’origine du monde, et ce qu’il disait était tellement grotesque que j’ai éclaté de rire, ce qui m’a réveillé.