30.11.2006
17/11/2006
Oublié ce que j’ai fait la journée. Soir : une interne en chirurgie à qui j’ai roulé une pelle il y a quelques jours un peu par hasard me propose de la rejoindre dans un bar qui ferme au petit matin. J’y vais. Dans le bar, il y a une sacré effervescence, des filles qui dansent un peu partout, dont une blonde à bottes dotée d’un corps à se damner (corps dont la moindre courbure est rendue assez visible, du fait de sa tenue vestimentaire).
Je retrouve l’interne en chirugie, elle est avec des potes, ils fêtent un anniversaire. D’emblée, je me demande ce que je fous là. D’autant plus qu’avec cette fille, je m’aperçois qu’on a pas grand-chose à se dire, et que de surcroît, je ne la trouve pas super attirante. Je suis poli, essaie un peu de faire la conversation, elle aussi fait des efforts, mais ça ne marche pas vraiment. Quiproquo total. Je me sens mal à l'aise. Mon regard s'égare. La blonde que j’avais vu en entrant, qui continue de danser, me fait de loin un joli sourire, mais c’est peut-être parce que je la fixais de façon assez insistante.
Puis j’écoute les amis de l’interne en chirurgie déconner. Il y a un couple, qui s’apprête à se marier, comprends-je rapidement. Ils sont assez beaux tous les deux. Le mec dit des trucs qui me font comprendre qu’il est juif ; grosses études apparemment, beau gosse, baraqué, et simple dans son comportement. La fille est du genre « je suis belle, pas conne, et comme je cultive une sorte d’égoïsme sain, je songe d’abord à mes intérêt, et donc je me marie avec un mec bien, pas taré ; et comme moi aussi, je suis bien dans mes baskets, je suis par conséquent heureuse d’être moi, donc plutôt ouverte, sociable et souriante ; bref je ne me prends pas la tête car je sais que je dispose d’une forte probabilité d’être assez heureuse dans la vie ».
Pour ceux qui ont vu « History of violence » ou « Mystic river », et bien cette fille me fait penser à des personnages féminins de ces films : soit une fille dotée d’une psychologie tournée vers la défense du clan et des apparentés quoi qu’il arrive, et même si pour cela faut contrevenir à la loi de la société. Ceux qui ont vu les films voient de quoi je veux parler. Et j’aime ça, chez une fille. Je trouve ça terriblement attirant, même.
Je regarde ce couple assez longtemps, ils me charment. Je suis content qu’ils existent, et je crois bien qu’à ce moment, je leur souhaite du fond du cœur d’être le plus heureux possible dans la vie. Je ne suis même pas jaloux du mec, je réalise simplement encore une fois que j’ai probablement raté quelques trains au cours de mon existence, avec les filles. Mais bon, j’ai intégré cette information depuis un moment maintenant, ce n’est plus un scoop.
Je finis par me casser de la table, et je vais au bar. Sur le chemin, je tire vers moi une sorte de serpentin pendu au plafond que la blonde aux bottes s’apprêtait à happer avec sa bouche tout en dansant. Ca la fait rigoler. Bon, cette fille est bon public, je me dis. J'arrive au bar, et commande une cucaracha, cet alcool à base de kahlua qui fait des flammes quand on approche une flamme de briquet. Le serveur enflamme mon verre. Je lui demande une paille, et siffle le verre. Il me dit qu’il apprécie que je boive le verre immédiatement, car d’habitude, les gens attendent que les flammes s’éteignent. Je trouve ça bizarre : en effet, dans le Sud de la France, tout le monde sait qu’il faut boire d’emblée ce genre de breuvage dès le début des flammes, car sinon, logiquement, l’alcool se barre avec les flammes.
Je bois d’autres verres, je discute avec des types, et je me fais un peu chier. Je me dis alors que j’ai envie de me barrer, même si l’envie d’aller brancher la blonde aux bottes m’incite à rester. C’est alors qu’une brune m’alpague, elle a bien bu, mais est franchement assez jolie. Elle est avec un type, qui s’appelle Fred, et m’explique qu’en fait elle ne le connaît pas. On parle. Je la vanne, elle aime bien. Elle a 22 ans, et sort d’une obscure école de cinéma. Je lui dit que son école est la plus pourrie de tout le marché (dans une vie précédente, il se trouve que j’ai bossé dans le cinéma, je dis ça pour les nouveaux). Elle rigole et me dit qu’elle le sait. Puis un mec bourré vient vers elle, insiste pour un échange de téléphone. Apparemment, ils ont déjà discuté auparavant dans la soirée. Il lui propose un « toilette-minute ». Je mets quelques secondes à comprendre de quoi il s’agit. Puis je comprends, me dis au passage que cette expression est assez ridicule (pour les trucs un peu crades, je vois pas l’intérêt de travestir le contenu informationnel), et pense aussi que, décidément, je suis un peu vieux jeu, puisque je n’ai en effet jamais osé proposer à une fille que je ne connaissais pas de venir me pomper dans les toilettes.
Le mec bourré se barre. Ultérieurement, j’apprendrai qu’il est maqué avec une fille du bar, que ladite fille découvrira au cours de la soirée qu’il drague une cliente du bar, pètera les plombs, pleurera, et qu’une sorte de baston aura lieu. Mais à ce moment, je serai déjà parti.
Donc je discute avec la brune qui veut travailler dans le cinéma. Plus précisément, dans le casting. Brave petite, courageux petit cheval, je me dis à ce moment. Elle me file son téléphone.
Puis je me décide à aller aborder la blonde aux bottes, mais la brune qui veut faire du casting s’aggripe un peu à moi. Physiquement, je veux dire. Je crois en fait qu’elle veut éloigner le mec qui lui a proposé le toilette-minute, lequel rôde autour de nous. Ca me fait chier, je ne veux pas être utilisé, et donc je me casse un peu brusquement. Et finis par me retrouver à discuter avec la blonde aux bottes, putain, enfin. Pendant qu’on discute, l’interne en chirurgie passe devant nous, me dit au revoir sympathiquement, sans rancœur, et je me dis alors que c’est bien, qu’on est tous les deux sur la même longueur d’ondes. Je retourne à ma conversation. La blonde aux bottes est une jolie petite bombe, et comme je suis un peu bourré, je suis troublé, et ne suis donc pas à ce moment d’une intelligence absolue. Mais je fais mon possible, et récolte quand même au final son téléphone.
A 4h du mat, lorsque je quitte le bar, je me sens vieux. A peine le temps de claquer des doigts, et je serai mort, je le sais. La vie passe en un clin d'oeil.
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26.11.2006
Du 13 au 16/11/06
Lundi :
- Journée : j’ai un peu le blues. Mon boulot m’emmerde de plus en plus, vraiment trop de monotonie. Payé pour remplir les pages d’un magazine, et puis c’est tout. Bien qu’ayant arrêté de fumer, je passe des heures dans la salle fumeur à réfléchir à ce que je vais faire au cours des prochains mois, et de temps en temps discute avec des gens.
En fin de journée, je reçois un mail de mon ami P*. Il s’excuse de ne pas être dans son assiette en ce moment, et aimerait qu’on se voit tranquillement un de ces soirs. En pj, il me joint le mp3 d’un morceau de Duke Ellington, « Fleurette africaine ». Il sait que j’aime beaucoup ce morceau. J’écoute le mp3, en fermant les yeux, affalé dans mon fauteuil de bureau, tout pensant à mon ami P*. Je me dis que j’aime vraiment bien ce mec. Et je réalise qu’il est devenu l’un de mes meilleurs amis, peut-être même le plus proche depuis quelques temps.
- Soir : dîner avec ma pote Y*. Je l’invite dans un resto du 3e arrdt, pour fêter un CDI qu’elle vient de signer. Elle est belle, comme toujours, avec ce délicat fumet de salope qui flotte autour d’elle, et que j’adore. Conversation agréable et sans chichis, comme d’habitude avec elle. On parle surtout fric et sexe. Puis je la ramène chez elle en scoot, et rentre me coucher.
Mardi :
- Journée : l’une des deux filles que j’avais branché dans un bar il y a quelques jours (la blonde qui fait du marketing, pour ceux qui se souviennent) m’appelle, suite à un sms envoyé par moi. On convient de se voir dans la semaine.
Puis j’appelle un membre de la branche libanaise de mon arbre généalogique, et lui propose d’aller voir « Mémoire de nos pères » dimanche prochain. Il accepte. Je suis heureux. Cet appel est important pour moi. En effet, je connais cette personne depuis peu de temps, mais les liens qui me lient à cette personne sont importants. Bon, arrêtons de tourner autour de pot. Cette personne est mon frère. Il a quelques années de moins que moi, on s’est rencontré pour la première fois il y a quelques années, mais la relation a tourné court, par ma faute. Depuis quelques mois, j’ai commencé à revenir vers lui, prenant prétexte de l'intervention de Tsahal au Liban. Il ne m’en veut pas d’avoir coupé court à notre relation naissante, et semble content de la reprise de nos relations.
- Soir : ma sœur m’invite à dîner (cette sœur-là fait partie d’une autre branche de mon arbre généalogique, et ne connaît pas mon frère). On dîne dans un resto proche du salon de coiffure où elle travaille. L’une de ses amies est là. On parle de choses assez légères, c’est bien. Puis thé chez ma sœur, et direction le lit.
Mercredi
- Journée : je me prends la tête avec mon boss. Je veux faire changer une clause de mon contrat, et il n’est pas très coopératif. Ce que je lui dis va plus loin que ce que je pense. Je suis assez énervé, aujourd’hui en fait. Il prend mal ce que je dis. En sortant de son bureau, je réalise que j’ai été con. J’appelle alors un conseiller juridique pour quelques infos, suite à ce que je viens de dire à mon boss. Puis à nouveau, discussion avec mon boss. Il me suggère alors que notre conversation est peut-être enregistrée. Bonjour l’ambiance. J’atténue alors ce que je lui ai dit tout à l’heure, et rentre dans le rang. Il est le chef, et je suis le sous-fifre, tout est bien. Je sors du bureau en me disant qu’il faudrait que je me calme.
J'ai vraiment du mal à bosser pour des supérieurs hierarchiques, en fait. Bon, je fais quand même des progrès, car il y a seulement 4 ou 5 ans, j'aurais tout simplement été incapable de bosser en bureau, sous la responsabilité d'autres personnes. Mais j'ai encore quelques progrès à faire, je pense.
- Soir : je suis crevé, et veut me coucher tôt. Demain soir, je vois la Blonde du bar, et j’aimerais bien être en forme. Mais je croise près de chez moi J*, une amie qui est aussi une voisine, et on dîne ensemble, chez elle. Elle nous fait un repas simple, mais bon et assez original, à base de chou. On parle de projets de bizness, et de fidélité conjugale (elle est en couple). J’aime bien cette fille. On se connaît depuis peu, mais je l’apprécie assez. Fragile, légèrement instable, et en même temps forte. Une sorte d’équilibre qui pourrait à tout moment céder, mais qui ne cède pas. Elle frôle le malheur, la tristesse de vivre, mais elle n’y tombe pas. Il lui suffirait de resserrer juste un ou deux petits boulons de sa psyché, et tout irait mieux je pense. Elle est toute proche d’une vie assez heureuse. Mais en même temps, elle ne souffre pas assez pour avoir besoin de se casser le cul à resserrer ces quelques boulons.
Jeudi
- journée : je prends une journée de congé au dernier moment. Je dois terminer des choses sur mon dossier « projet à pognon », dossier que je suis censé donner à mon amie C* en fin de semaine.
- Soir : rendez-vous avec la Blonde du bar. On se voit dans le 6e. J’avais oublié qu’elle était si grande : à peine 3 cm de moins que moi. Elle est assez classe, physiquement (j’avais un peu oublié à quoi elle ressemblait, pour être franc). On dîne, et on parle longtemps. Elle a une personnalité assez intéressante. Elle me semble courageuse. Elle véhicule plein de contradictions dont elle est consciente, et semble déterminée à les résoudre. Puis on prend un verre ailleurs, et on continue à parler. Le bar va fermer. Je lui caresse les cheveux. On sort du bar, et on s’embrasse. On s’installe dans sa voiture, et on y reste une bonne heure, à se rouler des pelles comme des ados à la sortie d’une boîte de nuit, un samedi soir. Vers 4h du mat, on se sépare : elle rentre à Versailles, là où elle habite en ce moment, et moi dans mon 14e arrdt. Dans mon lit, quelques échanges de sms, et puis extinction des feux.
15:30 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
21.11.2006
Au fait
Depuis quelques posts, j'essaie de faire un compte rendu jour par jour, mais j'ai pris un peu de retard, je dois bien le reconnaître. On va essayer de rattraper ça cette semaine. Sinon, j'ai lu aujourd'hui une drôle d'histoire, où il est question de défenestration et de discrimination ethnique.
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13.11.2006
Bruxelles
Samedi
- Soir : départ pour Bruxelles. Une fois arrivé là-bas, mon portable ne marche plus. Et c’est con, parce que je dois appeler mon amie S*, qui est déjà arrivée avec ses amis à Bruxelles. Et je ne sais pas où ils sont. Bon. Je sors de la gare, et marche sur les boulevards. J’ai un peu l’impression d’être au Maghreb : il n’y a que des mecs, souvent barbus, qui déambulent. A un moment, sur le trottoir devant moi, une baston éclate entre des maghrébins et des mecs d’Europe centrale. J’hésite à continuer tout droit, mais ça m’humilie un peu de faire un détour, alors je me lance droit vers la baston. J’essaie de prendre un air dur, fermé. Je sais que je suis une tapette occidentale mais tant pis, j’essaie de me faire croire que je dispose d’un pouvoir de dissuasion. Au moment où je passe au milieu de la baston, ça part dans tous les sens entre les mecs. Un mec ramasse une pierre pour la balancer sur un autre mec. Et personne ne semble me voir. Tel un fantôme, je traverse une sorte de petit chaos très limité dans l’espace. Une sorte de vortex, un bug dans l’espace-temps. Au final, il n’arrive rien à la tapette occidentale, personne ne s’est rendu compte de son existence. Je trouve que c’est une belle métaphore de certaines choses que j’ai souvent en tête.
Je continue à marcher, et trouve un endroit où téléphoner. J’obtiens ma pote S*, qui m’indique où ils sont. Ok. Je continue ma marche, en direction du centre-ville.
Je me rapproche lentement du centre, et je continue à ne croiser que des maghrébins. Je me dis que ça va s’arrêter, que je vais voir des belges tels que je me les imagine, mais en fait non. Sur mes côtés, des épiceries de nuit, des salons de thé, et des narguilés qui déploient leurs structures tubulaires à travers les vitrines... A 20 ans, j’aurais trouvé ça cool, vachement exotique. Mais je suis trentenaire, et tout ça commence à me faire chier. Et je me fais cette réflexion, que j’avais eue à Beyrouth, notamment : cette évidence que chaque être humain aspire à vivre avant tout avec des gens qui lui ressemblent, qui partagent les mêmes valeurs, des façons de vivre assez similaires. C’est un droit qui est accordé à tous, sans discuter, à l’exception des tapettes occidentales, bizarrement. Je ne ressens pas de haine ou de ressentiment face à cette situation, mais juste beaucoup de tristesse. Plus encore, je ressens à quel point tout cela est au fond assez éloigné du racisme : c’est juste le désir d’avoir la possibilité de pouvoir se recentrer, de temps à autres, sur un univers où l’on croise des gens qui sont proches de soi, qui ont un minimum de valeurs en commun avec soi. Parce que ça donne de la force. Parce que c'est tout simplement humain. Pendant 2 millions d’années, nous avons évolué en petits groupes de chasseurs-cueilleurs, pour le meilleur et pour le pire. Il y avait les in-group, et il y avait les out-group. Ce n’était ni bien ni mal, c’était juste des histoires de survie. Et nous avons hérité de tout cela, qu’on le veuille ou non.
Fermons cette parenthèse, et revenons à Bruxelles. J’arrive donc au cœur de ville, et retrouve les gens que je devais retrouver : mon amie S*, et un couple que je ne connais pas. On va prendre l’apéro dans un bar un peu caché. Je fais connaissance avec le couple. Le mec est informaticien, et la fille est avocate. Ils sont marrants, le courant passe plutôt bien. Puis on va manger. On se remplit le bide, et je finis les assiettes des autres comme un gros porc, car je suis vraiment affamé. Puis on part dans une boîte de nuit. Dans la boîte, je réalise que ne suis pas super en forme. Je n’ai pas mes repères, en fait. La musique est plutôt Rn’B, ce qui me fait assez chier. Vers 2heures du mat, un nombre assez conséquent de belles filles arrivent, vraiment excitantes. Je commence à devenir nerveux. Je ne me sens pas en position de force. Et en même temps, je suis ravagé par le désir sexuel. Ca me dévore, ça me fait mal.
Mes collègues rentrent à l’hôtel, je reste seul. J’aborde une fille, dotée d’une poitrine assez prodigieuse, et qui m’avait donné une clope quelques minutes avant, mais je me prends une veste. Bon. Je commande un verre pour faire passer la pilule, puis je me balade un peu dans la boîte, et regarde danser une blonde assez somptueuse. Et autour, d’autres canons, bien que assez jeunes tout de même. Ma nervosité augmente encore, et je picole à fond. Je m’approche d’une fenêtre, et constate qu’il neige.
En déambulant, je croise à plusieurs reprises une brune plutôt moyenne, mais que je trouve sexy. On déconne à chaque fois qu’on se croise. Puis on parle, au bar. Elle est infirmière, dans une petite ville proche de Bruxelles. Mais rapidement, je constate que je n’ai rien à dire. Ma conversation se tarit. Je me sens nul. La fille sent que je ne suis pas dans mon assiette. J’ai presque honte, à un moment. Puis je lui dis salut, un peu brusquement, et je casse.
Dans le taxi, en direction de l’hôtel, j’ai les couilles qui bourdonnent. C’est infernal. Il y avait longtemps que je n’avais pas éprouvé autant de douleur suite à un état de frustration sexuelle. Le degré avec lequel cet état de frustration influe sur mon humeur à ce moment me stupéfie. Le chasseur-cueilleur n’a pas réussi à diffuser ses gènes, et il en ressent du désagrément (voilà qui, au passage, va d’ailleurs peut-être faire plaisir à un certain Blueberry, même si, en même temps, j’ai la faiblesse de penser qu’il n’est pas sujet à des sentiments aussi bas).
Dimanche
- journée : visite de l’Atomium. Je ne sais pas ce que je fous là, mais enfin, je suis là. Je n’ai jamais visité un lieu qui avait aussi peu d’intérêt. Il y a juste un seul truc bien : les miroirs déformants. Il y a notamment un miroir qui transforme en nain tous les gens qui s’y regardent. On se marre comme des cons. Une sorte de rire gras, qui vient des tripes. Puis je m’assied, et contemple le spectacle des nouvelles personnes qui se regardent dans ce miroir. Et c’est assez génial, parce que les gens arrivent avec leur humeur normale, assez plate ; puis ils se voient dans ce miroir, et là, ce rire qui vient des tripes les secoue soudain : ils se voient tout petits, en forme de nain dans le miroir, et ils ne peuvent pas se retenir de se marrer : les vieux, les jeunes, les dignes, les discrets… J’adore. « Mais sur les quais, aux temps occidentaux, on dansait, on buvait le vin et la bière, on chatouillait les filles fraîches qui riaient et l’on riait aussi au nez du supplicié roué, à la langue du pendu, au cou du décapité car l’Occident sérieux savait rire aussi bien que pleurer », écrit Jean Raspail dans le « Camp des saints ».
- soir : retour à Paris, en voiture. En roulant, on écoute la radio, et on chante sur des daubes comme je les aime. C’est un moment bien. A un moment, « Le paradis blanc » de Michel Berger passe, et je chante largement plus fort que la radio.
Rentré chez moi, j’ai envie d’aller au cinéma. J’appelle la jeune J*, que je n’ai pas vu depuis quelques temps, pour lui proposer de venir avec moi, mais elle ne peut pas. Tant pis, j’y vais seul. Je vais voir « Les fils de l’homme » : une bonne idée de départ, plein de bonnes intentions, mais pour un résultat moyen, et des ficelles plutôt épaisses.
Ma sœur m’appelle pour m’inviter à dîner mardi. Puis direction le lit, car je sais que la semaine qui s’annonce va être un peu fatigante.
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11.11.2006
Champagne, frites et religion
Jeudi :
- Journée : longue discussion téléphonique avec mon amie C* : je lui parle de diverses discussions eues récemment avec des gens du monde du marketing et du web, et de l’avancement de ma réflexion sur l’un de mes projets. Elle est intéressée par mon projet, travaille précisément dans ce secteur, a comme moi des envies d’indépendance professionnelle, et a de sucroît un profil complémentaire au mien. On se dit, ni plus ni moins, qu’on pourrait s’associer. On convient de se voir rapidement pour en parler.
- Après-midi : pot pour le départ d’un collègue. Discours, cadeaux. Tout le monde boit beaucoup. J’aime bien ce genre de moments : chacun tente de discuter en permanence avec d’autres pour ne pas avoir l’air exclu, et si possible avec les personnes en vue, ou « populaires ». S’ils n’y parviennent pas, ils angoissent très vite, et se rabattent alors sur d’autres, moins populaires. On voit du coup certains se mettre brusquement à être sympathiques avec d’autres, alors qu’ils les méprisent pourtant habituellement : bien contents de les avoir à disposition, ils entrent avec eux dans de longues discussions. Heureusement, le champagne rend la couleuvre avalée plus comestible.
Quant à moi, je discute avec un petit groupe, dont Y* et une autre fille, qui me dit que je ressemble à un russe de ses amis. A un moment, j’ai l’idée d’approcher une fille vraiment excitante, que je vois malheureusement rarement, mais je n’y arrive pas, à cause de ma vanité. En effet, je discute avec des gens, et il s’agirait donc d’interrompre ces conversations avec ces gens pour traverser la pièce (nous sommes tous autour d’une très grande et longue table, les uns face aux autres), et la rejoindre là-bas, à l’autre bout de la pièce, en passant devant tout le monde. Tout le monde verrait donc clair dans mes intentions. Ma vanité m’interdit de m’exposer à une telle situation. En temps normal, j’écoute rarement ma vanité, mais là, je ne sais pas pourquoi, je décide de l’écouter.
- Soir : à la fin du pot, je suis un peu entamé. On reste avec quelques irréductibles à raconter des conneries. Puis je me casse à ma partie poker, organisée par le collègue qui fait son pot d’adieu, justement.
Sur la route, j’achète un kebab frites. Là, il y a un type assez mal habillé, portant au cou une croix en bois très voyante, et qui attend son kebab. Je lui demande s’il est plutôt pour la messe Pie V, ou Paul VI. Il rigole, me dit qu’il est prêtre, qu’il est plutôt pour la « messe Paul VI », et qu’il est inquiet des récentes décisions du pape à ce sujet. Je lui offre une cigarette, puis lui dit que, bien qu’étant non croyant, je suis plutôt pour la « messe Pie V ». Il me demande pourquoi. Je lui dis qu’il me semble bon qu’il y ait une part de distance, d’inaccessible, dans les célébrations, que ça introduit une part de crainte chez le croyant, qui me semble bonne. Je lui dis aussi que la proximité entre la messe et les gens voulue par Vatican II est à mon sens une des raisons qui explique la désaffection des gens pour la foi chrétienne en Occident. Le curé, pas chiant, me dit que j’ai peut-être raison.
J’arrive à la soirée poker. Je suis un peu bourré, alors je joue mal au début. Puis les autres se mettent à boire, et je me mets à gagner. Lorsque la partie d’achève, j’ai des gains assez petits. Le mec qui organise la partie a beaucoup gagné. Et ses deux potes, des « bourgeois de gauche », connus pour être des bons joueurs, sont en déficit, ce qui est bien.
Vendredi :
- Matin : je n'ai plus de chaussettes propres, car pas eu le temps de faire ma lessive cette semaine. Ca fait 2 jours que je mets les mêmes chaussettes, et je me dis qu'une troisième journée pourrait causer à mon image des dégâts olfactifs certains. Du coup, sur le chemin de mon taf, je m'arrête à un Monoprix pour y acheter des chaussettes. Puis je m'assied sur mon scooter, enlève mes chaussures, puis mes chaussettes sales, et enfile mes chaussettes neuves. Un employé de la mairie de Paris, accoudé sur son balai, regarde mon manège, un peu perplexe.
- Au taf, je suis cassé. Je rentre chez moi précocément, et m’occupe de tâches administratives chiantes, que je devais faire depuis longtemps. Ce week-end, je vais à Bruxelles avec des amis, alors je me demande s’il ne serait pas bon de souffler un peu ce soir, et de me coucher tôt. Mais je vais dîner chez mon pote P*, ce qui se révèle une erreur. Car je réalise que je suis vraiment fatigué, et que demain, je ne serai pas en forme. Bon, la soirée est quand même agréable, on parle gonzesses, on écoute de la musique, il me lit des poèmes qu'il a écrit, un peu à la gainsbourg, et qui sont plutôt pas mal.
Samedi :
- matin : je bosse sur mon projet à pognon. Je dois déjeuner avec C* à ce sujet ce midi, mais je pense qu’on va annuler, car j’ai plein de trucs à faire avant de partir à Bruxelles cette après-midi. Je trouve néanmoins quelques minutes pour écrire ce post.
Sinon, depuis la chose survenue la semaine dernière dans ma vie à laquelle j’ai fait allusion dans un de mes posts précédents, je réalise que mon existence est en train de s’accélérer. Les choses vont beaucoup plus vite, je n’ai plus peur d’échouer, de rater, de manquer, de mourir.
- après midi : départ imminent pour Bruxelles. Une amie, A*, m'appelle pour me demander si elle peut venir squatter chez moi ce soir, car elle habite en banlieue lointaine, et désire sortir ce soir. Je lui dis que je pars à Bruxelles, mais qu'elle peut dormir chez moi si elle veut. Il faut juste que je lui file les clés. Mais nous n'arriverons pas à caler un créneau horaire qui lui convient pour cela. Apparemment, cela ne semble pas être un trop gros problème pour elle. Du coup, je reste avec quelques questionnements, du type "Que voulait-elle vraiment ?".13:55 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
08.11.2006
08/11/06
Mon challenge : écrire ce post en 10 mn maxi, c'est-à-dire le temps que mes pâtes cuisent.
Matin :
Devant mon café, je décide d’arrêter de fumer pour la énième fois. Départ pour le taf. Rencart avec un mec des ressources humaines : je veux faire modifier une clause de mon contrat. Il ne veut pas. J’insiste. Il me dit qu’il va en parler à son juriste. Connard.
Je vais dans la salle fumeur : pas pour fumer, mais parce que il y a de temps à autres des nouvelles têtes (féminines, entres autres). Une blonde, pas trop mal, que je connais de vue, arrive. Elle est habillée en mini-jupe en jean de salope + bottes. Hum. Elle s’assied à côté de moi, et se met à lire un dossier. J’entame la conversation. Elle lève la tête, on discute un peu. Elle a un TRES beau sourire. Et se révèle assez intéressante. Puis on se dit « à bientôt dans la salle fumeur ».
J’invite ma pote Y* au resto, pour une soirée de la semaine prochaine. Elle est terriblement sexy, aujourd’hui, ma pote Y* (et fiancée depuis peu, aussi).
Après-midi :
Face à l’écran plat de mon ordinateur, je médite. Je n’arrive pas à bosser. Je suis agité par 1001 questionnements. Les jours passent, et je sais de plus en plus clairement que je vais me casser de mon taf, et je crois que en même temps, cela me fait peur.
Mes arguments pour le faire :
- la presse écrite va se vautrer d’ici 5 à 10 ans. Autant se reconvertir maintenant, plutôt que d’attendre le crash final sans bouger.
- Dans 10 ans environ, accélération probable et importante du délitement de la France : il sera beaucoup plus dur d’y vivre, et mieux vaudra avoir le fric pour aller vivre ailleurs (je ne veux pas finir ici, dans une « réserve pour occidental »). Il me faut conséquemment faire du fric au cours de ces prochaines années, ce que mon taf actuel ne me permet pas de faire (c'est moyennement payé, et je suis un flambeur).
- Envie de me mettre à plein temps sur 4 activités : commercialiser mon projet à pognon (je n’ai contractuellement pas le droit de le faire tout en étant à mon taf) / désir d’écrire un projet de bouquin, dont j’ai déjà parlé ici / besoin urgent de finaliser mon scénario de mon film de droite / une idée récente, à développer : monter un site internet sur un thème précis, qui n’existe pas vraiment, et qui coûterait assez cher dans un premier temps, mais doté d’une rentabilité à moyen terme potentiellement alléchante (je n’y connais rien dans le monde de la « levée de fonds », mais je connais des gens qui pourraient peut être me tuyauter) /
- Je n'ai pas encore d'enfants. Donc si je tombe, il n'y a que moi qui tombe. Ce qui ne sera, un jour ou l'autre, plus le cas.
- Le fait que je sais désormais qu' « il est plus tard que je ne crois ».
Ce qui me retient de le faire :
- je n’ai pas vraiment de « filet financier ». Donc si je ne réussis pas rapidement dans quelques uns de ces projets, ça deviendra très vite chaud.
- Si j’échoue dans mes projets, il me faudra retrouver un taf, et comme je n’avais pas les diplômes pour faire ce que je faisais, ça sera donc plus dur. Il me faudra recommencer de très bas, et je n’ai plus 20 ans.
- Bosser là où je bosse me donnait un statut social plutôt sympa, et était notamment très efficace lors des phases de drague (« ah ouais ? tu fais ça ? »). Ce qui signifie donc que trouver la mère de mes enfants va devenir plus difficile.
- Je rencontrais des filles à mon taf, déjà « triée » intellectuellement : elles avaient toutes la plupart du temps un bon niveau socio-culturel, ce qui m’importe pas mal (là, je vous parle toujours de ma logique de « recherche de génitrice », et non recherche de plans baise, bien sûr). Alors que quand je drague n’importe où ailleurs, il faut « trier » ensuite, avant de savoir s'il faut passer la seconde ou non, et donc c’est donc de l’énergie et du temps perdus.
Voilà mes principaux arguments pour/contre. Et je dois me décider rapidement, pour des raisons que je ne peux pas évoquer ici. Tiens, c’est marrant, c’est la première fois que je les formalise, ces arguments pour/contre, et je vois que les arguments « pour » me semblent plus convaincants que les arguments « contre ».
Ah, mes pâtes sont prêtes, et je n’ai pas fini ce post. Je n’ai donc pas réussi le challenge. On s’en fout.
Soir :
Boxe. Il y a un nouveau coach : un noir, ancien champion de boxe anglaise, assez intéressant Après l’entraînement, on discute pas mal. Ses propos me semblent une métaphore assez saissante de la situation en France, alors je les rapporte. Selon lui : la France est le pays du monde le plus richement doté en équipements pour la boxe, et en médecins spécialisés. Pourtant, la boxe française a un piètre niveau, et de plus les boxeurs y sont de moins en moins nombreux. Pourquoi, d’après lui ? En France, les gens ne veulent plus prendre de coups, et donc s’inscrivent de moins en moins. D’autre part : le système fait que les patrons de clubs sont, une fois qu’ils touchent leurs subventions, assurés de les toucher pendant un gros paquet d'années. Résultat : Ils ne font donc pas beaucoup d’efforts pour « apprendre » à tous, y compris aux mauvais et aux débutants (qui sont pourtant eux aussi, des clients de ces mecs, puisqu’ils paient le salaire du patron du club via leur cotisation, et lui permettent, par leur présence dans le club, de continuer à toucher ses subventions). Ces entraîneurs se contentent de faire bosser les meilleurs, en vue de les préparer à de la compét. Enfin : les entraîneurs, en France, ne sont pas forcément au top, techniquement. En effet, il faut un paquet de diplômes pour pouvoir être patron de club tout en étant payé. Et donc pour cela, s’ingurgiter un paquet d’infos théoriques assez éloignées de la boxe (le fonctionnement du milieu associatif, le fonctionnement du système nerveux humain, etc). Ce qui fait que, toujours selon lui donc, nombre de mecs pourtant vraiment bons en boxe, qui ont des choses techniques assez précieuses à transmettre, mais qui ne sont pas forcément super calés en physiologie humaine ou en droit administratif, ne peuvent jamais vivre des cours qu’ils donneront. Ce qui les décourage tôt ou tard.
Retour chez moi. Je suis un peu "down", la clope me manque déjà. Ca passera. Je dois me coucher tôt, car demain, journée chargée.
Ah, j’entends du bruit dans la cuisine. Mes pâtes sont en train de cramer. Et merde.
23:05 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
07.11.2006
Mon week-end
Journée : boulot. Je discute agréablement avec une fille du service marketing dans la salle fumeur. On parle des problèmes de la presse écrite et du Net. J’apprends des trucs. Sinon, je passe une journée à ne pas beaucoup travailler : j’erre dans les bureaux, et discute avec des gens que j’aime bien.
Soir : rendez-vous avec le boss d’un organe de presse assez connu. Je lui parle de mon projet à pognon. Je ne lui donne pas d’éléments écrits, je veux juste tâter le terrain. Intérêt de mon interlocuteur. Il veut lire des trucs écrits sur mon produit. Fin de l’entrevue. Je pars rejoindre S*, une ex que j’aime bien. Je passe la chercher chez elle, la prends sur mon scoot, et on va dîner dans un resto japonais du 6e. Je lui parle de mes projets. Puis dernier verre dans un bar branché du 6e, ouvert récemment. On s’installe au bar. Bonne ambiance, bons cocktails. Le barman en fait trop pour nous plaire, il a envie qu’on revienne. En même temps, c’est normal, car je nous trouve très beaux ce soir, S* et moi. Puis je la ramène chez elle, je monte boire un dernier verre, et puis forcément ça dérape.
Samedi :
Réveil chez S*. Petit dej. Puis je la dépose à son taf, et file chez moi manger des pâtes. Pourquoi ? Car à midi, c’est boxe. L’entraînement se passe bien. Quelques bons rounds avec des mecs que j’aime bien. Puis je propose un petit round à un jeune mec de 17-18 ans. Je n’aime pas trop ce mec, car c’est l’archétype du petit blanc bourgeois qui se la joue racaille en modifiant son accent, en alignant des phrases vides de sens, en surjouant un comportement qui n’est pas le sien. Le mimétisme est tellement flagrant, ses origines sociales sont manifestement tellement sans rapport avec la pose banlieusarde qu’il tente d’arborer qu’il en est souvent ridicule. Mais bon, il me fait surtout pitié. Et de tout façon, il est jeune. Donc, on se met à boxer. Il est rapide, mais pas très bon. Ce qui fait que je le touche tout le temps, et lui jamais. Rapidement, j’atténue mes coups, j’essaie de faire gaffe. Je le touche simplement, pour lui montrer à chaque fois combien il pourrait en prendre dans la gueule si j’appuyais mes coups, pour lui montrer combien sa garde est merdique. Il se sent légitimement un peu humilié. Mais j’apprécie le fait que, au lieu de s’énerver, il s’adapte à cette façon soft de boxer, et ne tente pas de se « venger » en essayant de me faire mal. Il prend ce round comme une occasion d’apprendre des trucs. A la fin du round, je l’ai touché un nombre de fois assez énorme. Il a alors un sourire simple, et me dit « merci ». L’espace de quelques secondes, il a quitté son costume d’arrogance qui ne lui appartenait pas, et il est devenu lui-même. Son sourire sincère me touche. C’est un bon moment. Puis un noir avec qui je boxe souvent me propose un round, que j’accepte. Et on se latte copieusement, comme d’habitude avec lui, bien qu’amicalement car on s’aime bien tous les deux.
Puis douche, et un petit verre avec des mecs du club dans une brasserie maghrébine. Je parle de l’Allemagne avec un des mecs, tout en mangeant un bon sandwich au jambon.
Puis, direction le salon de coiffure où travaille ma sœur. Quand j’arrive, elle coupe les cheveux d’une fille. C’est la première fois que je la vois sur son lieu de travail. Je la regarde plaisanter avec sa cliente, tout en se concentrant sur la coupe. Ma sœur assure, je trouve. Vraiment pro. Puis c’est mon tour. J’aime bien qu’elle s’occupe de moi, me toucher les cheveux, le shampoing, tous ces trucs. Tout en me coupant les cheveux, elle me parle de son nouveau mec. Elle est bien avec lui, et c’est nouveau, ce genre de trucs, dans sa vie. Elle me dit que j’ai l’air d’être en forme en ce moment, malgré mes yeux cernés. Je réponds que c’est vrai, même si je ne lui dis pas pourquoi. En fait, je ne vous l’ai pas dit à vous non plus, d’ailleurs, car je n’ai pas trouvé les mots pour expliquer cela. Mais bon, oui, il s’est passé quelque chose de bien cette semaine. Un truc qui me rend heureux, un truc important (rien à voir avec V*). Mais je vous en parlerai sûrement dans un de mes prochains posts.
Puis je repars du salon, et vais rejoindre R*, un vieux pote. Enfin, un ex-vieux pote, mais qui va peut-être devenir à nouveau un vieux pote : en bref, il y a deux ans, on s’est salement engueulés au terme d’une discussion politique, on s’est dit des trucs qu’on aurait jamais du se dire, et suite à cela, on ne s’est plus rappelés pendant deux ans. Et là, c’est nos « retrouvailles », si l’on peut dire, même si je ne sais pas trop comment ça va se passer. Je le retrouve à son bureau (il a une boîte de prod), dans le 18e. On va dans un bar assez sympa, une sorte de cave à vins pleine de trentenaires. On s’installe au comptoir, on commande une assiette de charcuterie, un pichet de vin rouge, et hop on parle. Et on parle et on parle, comme si on s’était vu la veille. Merde, je suis vraiment content. Il me raconte ses deux dernières années, qui n’ont pas été simples pour lui. Je lui parle des deux miennes aussi. Pendant qu’on discute, une fille assise à une table qui semble de loin assez jolie me fait des sourires, que je lui rends. Puis 21h arrive. Je dois y aller, car j’ai poker. On sort. La fille me suit du regard avec insistance. Putain de ticket. Je raccompagne mon pote, puis vais à mon scooter. Je démarre, puis pense à la fille du bar, et me dis que c’est un peu con de partir comme ça, quand même. Du coup, j’arrête mon scoot, et reviens dans le bar. Je commande une bière au bar, mais la fille et ses deux potes sont en train de partir. Merde. Ils sortent, tandis qu’on m’amène ma bière. Bon, alors je laisse mes affaires, mon casque, et sort dans la rue. J’interpelle la fille, je lui dis qu’il me semble qu’elle a oublié de me laisser son numéro de téléphone. Elle vient vers moi, fait d’abord mine de non-quand-même-je-ne-te-connais-pas, puis rigole et me laisse son téléphone. Hum. La soirée commence bien. Je rentre dans le bar pour finir ma bière, et en profite pour y acheter une bouteille de Saint Chinian (pour le poker). C’est alors qu’une blonde vient commander au bar. Je lui lance une vanne à deux balles, elle rigole, et on se met à parler. Je me dis que je vais être méchamment en retard à mon poker, mais tant pis. Une fille mignonne, charmante, et pas conne. Elle bosse dans le marketing, mais en même temps, a envie de faire autre chose. Pendant ce temps, sa bande de potes la regarde parler avec moi, en rigolant. Elle se lève, va chercher son verre, et revient s’asseoir à côté de moi. Ses potes se marrent encore plus. Bon, au final, on parle une bonne demi-heure, et puis je lui dis que je dois y aller, et lui propose de prendre un verre dans la semaine. Elle dit ok, et me laisse son téléphone. Putain de merde, je me dis, si ça continue comme ça, je vais tout déchirer au poker.
Jarrive au poker, il est minuit environ, trois heures de retard. Il y a une artiste assez connue, un écrivain, un reporter de guerre, un autre type que je ne connais pas, et moi. Bon, je la fais rapide : j’ai plumé tout le monde, et suis rentré dans les annales de notre petit cercle, car mon gain était ni plus ni moins le plus gros gain jamais réalisé chez nous. Putain de soirée. Quand je rentre chez moi, il est 8h du matin.
Dimanche :
Je me réveille à 13h en catastrophe, car j’ai rendez-vous avec une amie pour un brunch. J’arrive à moitié réveillé, sur le lieu du rendez-vous (un bar cossu du Marais). Je suis hirsute, les yeux cernés. Alors qu’elle est toute belle, soignée, sexy. La Belle et la Bête. Pour faire bonne mesure, entre deux croissant, je commande des verres de vin. Elle me dit que j’ai un côté un peu keupon. Je lui dit que oui, que depuis quelques jours, ma vie est en train de prendre un tournant un peu keupon. Pour me justifier, je lui cite la phrase qui m’a servi de titre pour ce post. On discute expériences persos, les choses qui arrivent dans la vie, celles dont on arrive à se détacher, et celles pour lesquelles on n’y arrive pas. Puis on se quitte, et je reviens chez moi, et me couche tôt.
Lundi :
Midi : déjeuner avec le boss d’un petit groupe de presse. Je lui parle de mon projet à pognon. Il a envie d’essayer mon truc. Et il me propose de mettre en application mon truc, là maintenant tout de suite, car justement, il est confronté en ce moment même à un problème que mon produit est censé résoudre. Je monte avec lui dans ses bureaux, et me retrouve à discuter avec lui et deux de ses collaborateurs. On brain-storme. C’est productif. Je repars, avec le sentiment que je n’ai pas fait trop mauvais impression.
Je file à mon taf. Je suis en retard. Sur les quais, des flics m’arrêtent : excès de vitesse. La fille met vingt minutes à rédiger le PV. 90 euros dans les dents, et un point de mon permis. Passons. J’arrive finalement à mon taf. Je bosse peu, et discute avec mon boss : il sait que j’ai le projet de partir de mon taf, et me dit qu’il aimerait que je reste. Pour la première fois, je parle sincèrement avec lui. Je lui explique que la vie de bureau me gonfle, que je ne suis pas fait pour ça, que j’ai des idées plein la tête et que j’aimerais voir ce qu’elles valent, me lancer des défis. Gagner, perdre. Je lui dit aussi que, en même temps, j’ai peur, car la place que j’occupe actuellement est pour le moins confortable. Il me dit que de toute façon, il a toujours su que j’étais comme ça, que je marche à l’adrénaline, et que quand il m’a embauché, il a pensé « celui-là, on en profitera pas longtemps, mais embauchons-le quand même, pour le temps qu’il décidera de rester ». Je lui parle alors plus en détail de mon projet à pognon. La première fois où je lui en avais parlé, il avait été très sur la défensive. Mais là, je le sens plus ouvert. Beaucoup plus, même. Du coup, on convient d’en reparler, et notamment des modalités contractuelles qui vont entourer tout cela.
Il est 19h. Je dois me casser car… j’ai rendez-vous avec V*. Et oui, je sais, je suis lourd avec V*. Mais c’est comme ça. Elle est de passage sur Paris, et on a convenu de se faire un petit resto. Je fonce chez moi repasser une chemise, et puis je la rejoins. On dîne. On parle. Je ne me suis jamais senti aussi serein avec elle. Elle me parle du groupe de rock dans lequel elle chante. Je la trouve bien, plus en forme que l’autre fois, à Rouen. Puis on va boire un verre. Elle me fait écouter des morceaux de son groupe. J’aime, évidemment, mais je ne suis pas du tout objectif, bien sûr. On part. Il est minuit. Je lui dit que je peux la ramener en scoot chez la copine chez qui elle dort ; je n’ai pas trop envie de la laisser prendre le métro à cette heure. Elle n’est pas trop chaude pour monter sur le scoot, mais finalement elle accepte. Je lui file un k-way, et on démarre. On roule dans la nuit. La sentir derrière moi est une sensation véritablement bienfaisante. A un feu rouge, je me retourne, lui demande si ça va. Elle a son sourire serein que j’aime tant. Tout va bien, elle se sent à l’aise, pas de stress. On redémarre. L’air froid nous fouette. On enjambe la Seine , les lumières de la ville, on croise vers Bastille... J’aimerais que ce moment dure éternellement. Je suis heureux.
Puis on arrive. Elle descend du scoot, je descends, j’arrête le scoot. J’avais décidé de ne pas faire mon lourd, mais bon, la soirée s’est vraiment bien déroulée, et alors je me lance. Je lui dis que j’aimerais qu’on essaie un truc ensemble. Que je pourrais monter régulièrement sur Rouen. Je lui dis que les filles qui ont été dernièrement avec moi se sentaient bien avec moi. Je lui dis qu’on pourrait être heureux ensemble.
Quand on s’était rencontré, nous n’avions jamais fait autre chose que coucher ensemble : pas de sorties, pas de présentation aux amis, pas de week-end ensemble, juste de la baise. C’était ce qu’elle voulait. Et moi aussi, au début. Mais peu à peu, en moi, cela avait changé : j’étais devenu amoureux d’elle, tout simplement ; la première fois de ma vie que je ressentais un truc comme ça. Et quand elle avait compris que j’étais en train de craquer pour elle, elle avait décidé d’arrêter.
Je lui dis qu’on pourrait essayer d’être vraiment ensemble, de construire un truc à deux, et que ça serait sûrement différent. Qu’il se passerait certainement des choses nouvelles.
Mais elle ne veut pas. Elle est un peu emmerdée. Elle me dit qu’elle préfère notre relation telle qu’elle est aujourd’hui. Et puis, elle a un mec, même si c’est depuis peu.
Je m’attendais à cette réponse, même si bien sûr, elle produit en moi une certaine « douleur psychique », disons.
Je lui dit de rentrer, qu’elle va avoir froid, et je me casse. Je suis triste, évidemment, mais enfin ça va. Ca ne me décourage pas. Il y a 1 mois, j’ai décidé de me donner 6 mois pour la récupérer, il m’en reste encore 5.
A un feu rouge, je discute avec un autre deux-roues. J’aime bien cette connivence entre les deux-roues, sur Paris. Puis j’arrive chez moi, achète un grec-frite chez des cons, puis une petite bouteille de rouge chez un épicier algérien qui m’explique qu’il aime le 14e arrdt et pas le 20e, là où il habite pourtant, car dans le 14e, les gens sont de « vrais gens », il y a une mentalité de quartier, et pas de la « politesse qui veut dire merde » (sic) comme dans le 20e. J’aime bien ce mec, souvent bourré, toujours à discuter philo avec ses clients.
Puis je rentre chez moi, me colmate le tube digestif à l’aide du grec-frites, débouche ma petite bouteille de rouge… et commence à écrire ce post.
Bonne nuit, guys.
04:10 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
03.11.2006
03/11/06
Aujourd'hui, au taf, petite séance d'escalade avec deux collègues, entre midi et deux. C'est la quatrième fois de ma vie que je pratique ce sport. Autant dire que le concept de verticalité, quand on a le cul à 15 mètre du sol, ça prend toute sa signification. Mais enfin, j'espère ne pas avoir été trop ridicule. J'ai notamment réussi à gravir une voie avec des surplombs assez inquiétants vus d'en bas (on prononce "déver", dans le milieu), et donc j'étais plutôt content. Mes collègues m'ont traité de bourrin, car je me suis hissé sur quelques mètres à l'aide de mes bras, tandis que mes jambes pendaient dans le vide, sans leur chercher de prises. Ce n'était pas très élégant, paraît-il. Mais enfin, c’était efficace.
D’ailleurs, toujours au sujet de mon taf : l’ambiance s’est largement modifiée depuis ce post. D’une part parce que je n’en ai plus rien à foutre (plus rien à foutre d’un paquet de trucs, en fait, même), ce qui fait que je suis aimable et ouvert avec tout le monde, y compris avec les gens que j’estime peu. Du coup, j’ai fait basculer dans mon camp toute une frange « d’indécis ». De plus, de nouvelles gonzesses sont là, et ma foi, elles ont l’air de me trouver sympathique, ce qui fait qu’elles viennent souvent à mon bureau taper la discute. Ce qui énerve les petites connes dont j’avais parlé dans le post sus-cité, et qui du coup, pour ne pas avoir l’air d’être aigries, se mettent elles aussi à plaisanter avec moi. Evidemment, je ne me prive pas pour les vanner. Une situation assez amusante, quoi. Et d’autre part, parce qu’il y a un mec de plus dans ma rédaction, et que cela a suffi pour faire basculer l’équilibre qui y régnait : on déjeune entre mecs la plupart des midis, on fait des blagues à la con, après le repas on joue au baby foot, bref on se marre, tandis que les trois petites connes déjeunent rapidement dans leur coin. Le seul mec qui traînait avec elles a même fini par nous rejoindre, lassé qu’il a du être de son rôle d’eunuque du palais. Bref, le climat est donc plus sain.
Soir : je m'arrête à une brasserie de mon quartier pour y acheter des clopes. Dans le bar, une gonzesse m'interpelle : une serveuse d'un autre bar où je suis allé récemment, et avec qui j'avais un peu discuté. Elle est entourée de mecs. Bon. Mais les mecs partent petit à petit. Elle me parle d'un bouquin, tandis que je commande une bière. Elle me demande mon tel, que je lui file. Mais rapidement, elle me fatigue, sans compter que ce n'est pas vraiment une bombe sexuelle. Je me casse précocément. Elle m'envoie peu après un sms sans équivoque. Et ben. Si les mecs aux couilles pleines peuvent parfois être assez lourds, tout ce que je peux dire, c’est qu’ils sont loin d’être les seuls. Je ne répondrai d’ailleurs pas à ce sms.
Vers 22h, je vais manger un bœuf saté dans une cantine chinoise de mon quartier. Des bobos entrent, commandent de la bouffe aux chinois avec ce sourire condescendant typique du bobo qui s’adresse à un représentant du tiers monde. Les chinois répondent excessivement poliment, ils savent bien quelle est la posture de servilité feinte qu’il faut adopter avec ce genre d’individus. Puis une famille africaine entre. Ils commandent de la bouffe, aussi, mais avec un ton normal c'est-à-dire sans politesse sirupeuse, presque sèchement, même. Et les chinois répondent assez sèchement eux aussi, et ne font pas vraiment d’efforts pour corriger leur accent chinois (ce qui rend d’ailleurs leurs réponses difficiles à comprendre). Bref, l’ambiance est froide, beaucoup plus froide. Et moi, je regarde tout ça, assis à ma table. Certes, il n’y a rien de très convivial dans ce qui se passe. Mais enfin, j’ai au moins l’impression d’assister à une scène normale. Rien n’est feint, joué, artificiel : deux groupes d’individus au patrimoine génétique et culturel extrêmement différents se parlent compte tenu de ces différences. Pas de chichis, pas de coquetterie, pas de mensonges. Juste le vrai visage de l’humanité. Inutile de vous dire que je préfère largement ce spectacle au précédent.
Puis, toujours assis à ma table, j’en profite pour appeler des gens qui m'ont laissé des messages sur mon portable aujourd'hui, que j'avais malencontreusement mis sur vibreur. Enfin, il y a surtout des plans culs, ou des ex plans culs. Je clos à cette occasion le dernier plan cul que j’avais sous la main. J’arrête ce genre de trucs, pour le moment en tout cas. De toute façon, depuis ma « petite pute », les plans culs me semblent assez fades. Car oui, au fait, avec ma petite pute, c’est fini. Là encore, à mon instigation, même si ça n’a pas été facile. J’aimais vraiment bien cette fille. Sa franchise notamment. Je me souviens d’un film qu’on est allé voir récemment (« La méthode ») : au début de la séance, avant le film, on s’est lancé dans une discussion politique. Comme je vous l’avais déjà mentionné, elle est d’origine marocaine, a connu des choses que je ne souhaite à personne de connaître, et reste partagée entre sa loyauté pour sa culture d’origine, et son attrait pour la culture occidentale. Bref, donc on discute, on déconne, et comme souvent dans mes discussions avec elle, elle finit rapidement par me traiter de facho, tout en exagérant son accent de banlieue. Je rigole, elle rigole, on se vanne, tandis que le reste de la salle, silencieux, nous écoute. Puis elle me dit qu’elle sait bien de toute façon que les gens de gauche, en France, désirent le multiculturalisme car pour eux, c’est en fait une façon de coloniser les noirs et les arabes de l’intérieur, dans leur propre pays, après avoir échoué à le faire « à l’extérieur ». Et du coup, elle concède qu’on est beaucoup plus d'accord qu'il n'y paraît. Puis on se roule des grosses pelles, et le film commence.
Je relis ce que j’ai écrit, et je me dis que c’est un peu énervant, car je parviens quand même à avoir pas mal de filles… mais pas V*. C’est con. Quand je suis face à elle, je perds tous mes moyens, je panique, je redeviens ado. Fermons la parenthèse.
Je me suis complètement égaré, là. Ce que je voulais écrire, en fait, c’est que, à l’heure qu’il est, mes désirs sont les suivants :
- quitter mon taf
- lancer officiellement mon projet à pognon
- finaliser mon projet de film de droite (j’ai chauffé récemment des gens du milieu de la prod, qui attendent ma prose)
- finaliser mes deux projets de bouquin (l’un a pour projet de dresser une sorte de constat sur la situation des démocraties occidentales à la lumière des sciences cognitives, et l’autre a pour but de raconter des trucs très persos ; j’ai, pour ces deux projets, plusieurs contacts éditeurs, grâce à mon statut de journaleux2merde-qui-bosse-pour-un-canard-connu)
- prendre un appart à Rouen, y voir souvent V*, finir par l’épouser, et l’engrosser au moins 4 ou 5 fois dans sa petite existence
Bon, l'un des désirs listés dans cette wish list est particulièrement idiot, tellement idiot que finalement, je risque fort de le rayer de cette liste un jour ou l'autre.
Voilà. Sur ce, bonne nuit, guys.01:55 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
02.11.2006
02/11/06
Ca y est, j'ai eu la réponse que j'attendais, à laquelle j'avais fait allusion dans mon post précédent. Et elle va dans le sens que je souhaitais. Je suis soulagé. Et putain, c'est un puissant euphémisme. Les conséquences de cette réponse n'ayant, du coup, pas grande influence sur ma vie, je me sens le droit de ne pas vous donner plus de détails (même si des esprits perspicaces se douteront éventuellement de quelque chose qui se rapproche de la vérité).
Sinon, qu'ai je fait aujourd'hui ? Médité sur un projet de bouquin, travaillé sur mon "projet à pognon", trop pensé à V*, et allé à une sorte de crémaillère chez une amie que j'avais aidé à déménager la semaine dernière. Une amie à elle est là, intéressante, éditrice de son état pour une grosse boîte. Elle me pose pas mal de question sur mon cursus, est admirative, et je suis flatté. Elle est très moyenne physiquement, mais pleine de charme. Je la questionne aussi. Son mode de vie est celui de la fille intello solitaire, sensible. Trop sensible. Le genre de fille qui me rend moins mysogine. Le genre de fille, aussi, que je ne drague pas, con que je suis. On boit des bières, on mange des pizzas. C'est un moment assez agréable.
Minuit s'approche, et je rentre. Mon appart est dans un bordel indescriptible. Je surfe un peu, télécharge un film de cul avec une actrice que j'aime bien, lis divers blogs que je n'ai pas le temps de lire comme je le voudrais. A un moment, je tombe sur cela. Je trouve ce projet formidable ; les textes autant que les sons sont véritablement envoûtants (le module "loneliness" me touche particulièrement), le concept est vraiment excellent, j'éprouve plein d'émotions. Bref, c'est un chouette moment, là, tout seul, devant mon ordi.
Puis je fume des clopes. Je me prépare à me mettre sous ma couette, sans cul à palper, mais avec mon nouveau bouquin du soir, "Le camp des saints" de Jean Raspail. Le style n'est pas extraordinaire, mais la clairvoyance de l'auteur est assez étonnante, d'autant plus qu'il a publié son livre en 1973.
Juste pour le plaisir, je vous recopie un passage que j'aime bien :
"Ballan mourut très vite. Lui vinrent, tandis qu'il s'enfonçait dans l'eau sombre, l'amour et le regret de l'Occident. Cette conviction dernière, où il se reniait tout entier, lui fut tellement pénible qu'il ouvrit volontairement la bouche et aspira goulûment la mort".
Voilà. Maintenant, direction le lit. Mes amis virtuels, je vous la souhaite bien bonne, tous autant que vous êtes.
00:30 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

