27.07.2006

Tapette

Bon, ça y est, je me suis pris ma veste avec la stagiaire de ma rédaction, dont j'avais déjà parlé il y a quelques posts.

C'est bizarre les émotions, on a beau en connaître le fonctionnement intime grâce aux progrès de la biologie, il n'en reste pas moins que lorsqu'elles surviennent, elles génèrent quelque chose d'enfantin et de primaire qui occulte tout le savoir scientifique qu'on peut en avoir.

Ainsi, en ce moment, je pense à cette image un peu ridicule du coeur brisé, et je me dis que si cette représentation n'existait pas, et bien c'est pourtant à peu près ce que je dessinerais si je devais expliquer ce que je ressens. Il y a en effet comme une faille qui part de mon ventre, et qui m'entr'ouvre le thorax verticalement, jusqu'au coeur justement. Ca dure 2 à 3 secondes. Et ça revient à intervalle régulier, toutes les 30 secondes environ. Encore une fois, il y a sûrement une explication scientifique à ce phénomène, mais j'avoue qu'à ce moment, je m'en branle assez largement, de la science.

Quoi qu'il en soit, pour cacher la drôle de gueule que je dois sûrement être en train de tirer, je me suis foutu dans un bureau inoccupé, où je tente tant bien que mal de terminer le monceau de travail que j'ai encore à abattre, entre deux ouvertures intempestives de ma "faille thoracique".

Je suis un peu une tapette, aujourd'hui.

25.07.2006

03h18

Ce matin lundi, après un rendez-vous très matinal avec quelqu’un qui pourrait bien jouer un rôle décisif dans ma prochaine vie professionnelle, direction le taf. Je bosse étonnamment vite, et efficacement aussi je crois.

Ce midi, j’ai eu droit à la cantine aux prévisibles commentaires de mes collègues sur le Liban et sur le Hezbollah : ils voient les membres de ce mouvement « quand même un peu comme des résistants », et comprennent également les libanais qui les voient ainsi. Je leur dis que le Hezbollah n’en a rien a foutre du Liban : les mecs du Hezbollah se vivent comme membre de la nation islamique, et point barre. Quant au Liban, leur seul désir est l’abolition de la démocratie confessionnelle, et son remplacement par un régime chiite pro-iranien. Comme mouvement "résistant", disons que le Hezbollah se pose là.

Au final, s’il est vrai que le Hezbollah a certes bénéficié - et bénéficie encore - de cet aura de résistant auprès d’un nombre non négligeable de libanais suite à la guerre de 75-90, force est de constater que c’est encore auprès des occidentaux que cette propagande grossière a le mieux marché. Traumatisés par Pétain et la période de la collaboration, mes contemporains sont éminemment prompts à voir des résistants partout, y compris chez les pires connards que la terre ait jamais porté. C’est assez fatiguant.

Au cours de la journée, j’ai d’ailleurs diverses conversations téléphoniques avec des libanais : certains sont des amis, d’autres d’anciennes histoires de cul, et d’autres encore sont des représentants des liens généalogiques obscurs qui me lient à ce pays (je vous avais dit il y a quelques semaines qu’avec la Corée, il y avait aussi d’autres pays avec lesquels j’entretenais des liens généalogiques obscurs, et dont je vous révèlerais ultérieurement l’identité ; et bien voilà, c’est fait, le Liban est donc le deuxième de ces pays – il y en a deux autres encore, mais je ne sais pas si j’aurai l’occasion d’en reparler).

Dans mon métro du retour, je travaille sur mon projet de film de droite. Je me dis d’ailleurs en rêvant un peu que ça serait quelque chose de bien, que de monter une boîte de production spécialisée dans le film de droite. Pas dans le film outrageusement propagandiste, non. Mais juste dans le film authentiquement réac, comme les américains savent par exemple si bien le faire. Après tout, j’ai bossé un sacré paquet d’années dans la production cinéma, à gérer le montage financier de dizaines de « films d’auteur » de gens de gauche. Alors pourquoi ne pas équilibrer un peu tout cela ? Bien sûr, financer de telles œuvres serait beaucoup plus difficile. Par exemple, question CNC et pré-achat des télés hertziennes, il est évident que je pourrais me brosser.

Bref, c’est à voir, tout cela. Pour une prochaine vie ?  Pas si sûr. Car si j’arrive à choper le casting que je veux pour mon projet actuel de film de droite, je monte direct ma boîte pour prendre des parts de copro, même minimes. Et si le film marche, ma foi, il serait dès lors bien dommage de ne pas utiliser cette structure pour faire d’autres belles images qui bougent et qui parlent

Mais revenons sur Terre.

Ce soir, dîner avec deux amis. Puis cinéma : Vol 93. Puis une bière, dans un bar où il y a un assez bon groupe de jazz.

Je me prépare à me coucher. Tout est tranquille, tout est bien ce soir. Je me sens vraiment bien, en fait, en ce moment. Il n’ y a en fait qu’une chose qui me manque vraiment : initier une vie de famille. Mais je connais les raisons qui m’ont poussé à retarder si longtemps ce moment, et je sais qu’elles sont bonnes. Pour emprunter une métaphore au poker, disons que, au vu de la main de départ dont je disposais, je pense avoir joué de façon optimale. Aurais-je pu bluffer ? Non. Pour ce genre de choses, il me semble évident que cela ne paie pas.

Désormais, il ne me reste qu’une chose à faire : trouver la meilleure femelle possible et propager allègrement mes gènes dans le pool génétique de mon espèce. Et je sais que cela me rendra heureux. Pas seulement parce que cela fera honneur à l’ultime dessein pour lequel l’ensemble de mon être est biologiquement programmé. Mais aussi parce que, depuis quelques mois, et cela pour la première fois de ma vie, je me sens suffisamment fort pour me battre pour le bonheur de mes proches. Et surtout, je me sens apte à atteindre un tel but.

24.07.2006

Bretagne

Ce week-end, Bretagne. Avec ma pote I* et de lointaines connaissances… du lycée. Il n’y a que des couples, je suis le seul célibataire. Très vite, au cours de ce week-end, je décide rapidement de boire beaucoup d’alcool, afin de ne pas trop me prendre la tête avec cette situation. En fait, je réalise pourquoi il y a un nombre croissant de gens que je vois de façon décroissante : ils sont en couple, et je ne le suis pas.

Je ne retiendrai pas grand-chose de ce week-end, si ce n’est une petite randonnée perso assez sympathique en palmes-masque-tuba (la visibilité était pourrie, comme je m’y attendais un peu, mais bon, le désir de passer une heure la tête dans l’eau salée était quand même le plus fort), et puis surtout les incroyables dégradés de bleu observés dans la baie de Lancieux. Là, pendant quelques heures, le temps s’est complètement arrêté pour moi. Laissant les couples cramer gentiment sur la plage, j’ai marché lentement sur le chemin des douaniers, en me laissant submerger par la beauté de ce paysage maritime.

19.07.2006

Fight Club

Ohoh. Ca y est, j'ai trouvé mon premier partenaire à mon boulot pour aller boxer entre midi et deux. Il a fait 2 ans de boxe anglaise il y a plusieurs années, mais il semble motivé.

Par ailleurs, un gymnase juste à côté de mon boulot me propose des créneaux, mais le soir, à partir de 18h30, et à condition d'avoir un statut d'association. Cela implique d'avoir déjà mobilisé une dizaines de personnes au moins à mon taf, mais c'est bon à savoir. Je me garde ça sous le coude.

Dans l'idéal, mon idée est de créer un club "autoorganisé". C'est à dire sans entraineur, sans entité coordonatrice, mais où chacun progresserait grâce à ses interactions avec les autres membres. Un peu comme ce qui se passe lors des processus dits "d'intelligence collective", observé chez les insectes sociaux, et où le suivi de quelques régles élémentaires par chaque individu suffit à faire émerger des phénomènes cohérents et complexes à l'échelle collective, sans pour autant que ces derniers aient été préalablement planifiés ( c'est cela, en fait, le concept scientifique "d'auto-organisation" ;  je spécifie "scientifique", car certains économistes un peu rapide en besogne, que je ne nommerai pas ici, ont récupéré ce concept, de façon souvent inappropriée, dans le but de démontrer la validité de leurs thèses).

Bon, et donc, dans ce club, les règles élémentaires à suivre pour chaque individu seraient donc : coopérer avec l'autre afin de progresser mutuellement (entraînements alternés sur "pattes d'ours", échanges de conseils tactiques, travail spécifique de tel ou tel point faible, etc). Des histoires de théorie des jeux et d'altruisme réciproque, en somme. Rien de nouveau sous le soleil, me direz-vous. Certes, mais appliqués à la boxe, ces concepts menacent à mon sens de déboucher sur des résultats tout à fait intéressants.

18.07.2006

Radio-Paris

Tout à l'heure, j'ai écouté cette inénarrable radio qu'est France-Info. Ils parlent du Liban. Premier reportage : les habitants de Haïfa. Jusque là, c'est ok. Je m'attends simplement à ce que le deuxième reportage traite quant à lui du ressenti des libanais.

Ce deuxième reportage arrive bien, mais ô surprise, qui a-t-on interrogé pour nous décrire le ressenti des libanais ? Une journaliste de la télé du Hezbollah Al-Manar. Non, ce n'est pas une blague. Et durant toute l'interview, là voilà  qui se permet de donner sans cesse du "les libanais pensent que", "les libanais sont horrifiés", "les libanais cela", etc.

Mais PUTAIN, qui es-tu, pauvre tache, pour te permettre de parler au nom "des libanais" ? Crois-tu franchement qu'ils s'estiment le moindre du monde représentés par des gens comme TOI ?

Et le pire, je crois encore que c'est les blaireaux de France Info qui sont venus te tendre le micro. Ceux-là mériteraient franchement d'aller finir le reste de leurs jours dans un putain de camp de travail, en Birmanie par exemple, pour pollution généralisée des esprits.

Au fait, vous avez vu, j'utilise les "tags" maintenant.

17.07.2006

Récapitulons

Aujourd'hui je suis au radar. Je bosse au ralenti. Mon week-end m'a un peu crevé, mais pour des raisons plutôt agréables. Bref récapitulatif :

Jeudi : fête chez l'ami d'une amie. Grand appart, deux terrasses sur les toits, des mecs intelligents et pas mal de belles femmes. La présence de ces dernières me conduit d'ailleurs à inviter mon pote P* à la dernière minute, car ce dernier vient de se séparer d'avec son amie, et a conséquemment besoin de réaliser que la vie continue.

Vendredi : je rejoins P* qui dîne avec des amis, dont quelques filles plutôt pas mal. Au cours de la soirée, nous raterons le feu d'artifice, nous partirons dans une boîte théoriquement gay mais en fait comprenant aussi pas mal d'hétéros, je boirai bien plus que de raison, claquerai beaucoup de fric, draguerai avec succès l'une des filles de notre groupe, et finirai conséquemment la soirée agréablement.

Samedi + dimanche : samedi, je lessive, nettoie, range mon appart. Puis je bosse jusqu’à minuit sur mon projet à pognon. La fille de la veille vient chez moi vers 1h du mat. J'aime pas mal de trucs d'elle, même si je la trouve un peu grande (elle fait à peine 2 cm de moins que moi), ce que je n'aime pas trop. La suite des évènements se déroulera sans sous-titre, et ce jusqu’au lendemain 17h. Heure à laquelle j’accompagnerai la fille à son train (elle habite en Suisse), en bon gentleman que je suis.

Lundi, soit aujourd’hui, donc : je bosse avec le peu de cerveau qui me reste. Puis je rentre chez moi, en faisant un petit bout de chemin avec la jeune stagiaire de ma rédaction, dont j’ai déjà parlé une fois ici, et qui, depuis ce post, s’avère décidément être quelqu’un qui gagne à être connu. Sa douceur, sa joie de vivre, sa détermination dans le travail, sa simplicité et son intelligence me touchent en permanence (oui, quand je la vois, je suis touché par tous ces trucs-là en même temps). Si nous tentions quelque chose ensemble, je me dis qu'elle serait même peut-être capable d’éradiquer à terme les souvenirs de V* stockés dans les neurones de mon hippocampe.

Pourquoi ne se passe-t-il rien entre elle et moi, alors ? Juste parce qu’elle est avec son mec depuis 7 ans, et qu’elle ne prévoit manifestement pas d’en changer. Certes, on s'entend plutôt bien. Ce qui donne même à croire à certains membres de ma rédaction qu'il se passe quelque chose entre nous. Alors que non, rien, juste des discussions assez formidables. Certes, la situation est en soi contrariante (enfin, pour moi surtout), mais le plaisir que j'éprouve à la cotoyer l'emporte toujours sur le reste. Et puis bon, 7 ans, c'est un bon chiffre, ça fait un compte rond, genre qui clôt un processus, non ? A suivre, donc.

12.07.2006

Grosse fatigue

Comme vous l'avez probablement appris, le gouvernement annonce le déblocage d'une allocation exceptionnelle pour les étudiants : elle concernera 500 000 étudiants à raison de 150 à 200 euros pour chaque heureux bénéficiaire.

Désirant calculer le montant de la somme totale, je vous avoue que j'ai préféré prendre ma calculette plutôt que d'effectuer l'opération mentalement, car au vu du résultat irrationnel qui s'annonçait, je craignais d'avoir à refaire les comptes plusieurs fois avant d'être sûr et certain de ne pas m'être trompé. Donc, et c'est ma calculette qui le dit, le montant total oscille entre 75 millions d'euros et 100 millions d'euros. Voilà. Non, vous ne rêvez pas. Et bien sûr, je ne parle pas de toute la thune que coûtera la mise en place du versement de cette allocation, ce qu'il ne vaut mieux pas que je tente d'évaluer car même ma calculette pèterait les plombs.

En fait, disons qu'il s'agit là d'une sorte d'énorme fellation très coûteuse, faite par nos gouvernants à nos étudiants. A la différence que normalement, lorsqu'une pute suce un client, ce dernier est censé s'acquitter en retour d'une somme forfaitaire. Alors que là non. C'est cadeau.

Notre système est devenu une sorte de vieille pute qui suce gratos.

Cela dit, pour être vraiment honnête, reconnaissons qu'il y a quand même eu une contrepartie : en effet, il y a bien eu ces centaines de milliers d'étudiants descendus dans la rue cette année pour faire leur gros caca à la gueule de tout le monde, dans le cadre des manifestations anti-CPE.

Donc, résumons-nous à nouveau : notre système est donc devenu une sorte de vieille pute qui suce des bites pour ensuite se faire recouvrir de merde par les bénéficiaires desdites pipes.

Pourtant, ce n'est pas fini. Car nous apprenons également aujourd'hui l'existence d'une deuxième énorme fellation. Celle constituée par le nombre moyen de points qui ont été octroyés à chaque candidat du bac 2006. En effet, comme vous le savez certainement aussi, nos journaux nous apprennent aujourd'hui que le taux de réussite du bac 2006, soit donc celui de l'année anti-CPE, est un record absolu. Il bat le précédent record, détenu par le bac… cuvée 68. Malheureusement, je ne peux pas effectuer ici un calcul aussi précis que celui fait plus haut, afin d'évaluer cette fois le nombre moyen de points qui a été rajouté par candidat, mais à n'en pas douter, ce chiffre-là menace aussi d'être assez irrationnel. Tout ce que l'on peut dire à ce stade, c'est qu'en échange du gros caca qu'a été le mouvement anti-CPE,  la réaction du gouvernement a donc été de procéder en contrepartie à une deuxième énorme fellation.

Résumons-nous donc une dernière fois : notre système est donc devenu une sorte de vieille pute qui suce des bites, puis qui se fait ensuite recouvrir de merde par les bénéficiaires desdites pipes, et puis qui suce à nouveau ces derniers pour les remercier de l'avoir couverte de merde.

Evidemment, si les bénéficiaires de toutes ces pipes décidaient à la rentrée prochaine de libérer un nouveau chargement de merde sur la vieille pute, gageons qu'ils auraient en contrepartie droit à une nouvelle énorme fellation. La boucle serait alors bouclée. Merde. Pipe. Merde. Pipe. Merde. Pipe. Merde. Pipe...

Je crois bien que j'en ai marre.  

11.07.2006

Un lundi soir chez moi

Hier soir, une fille croisée la semaine dernière lors d'une virée m'appelle. Je resterai plus de 2 heures au téléphone avec elle.

Au début de la conversation, je pense qu'elle est sûrement un peu givrée, mais je me dis qu'elle a une intelligence intéressante, qui me bouscule pas mal, et du coup je continue la discussion. Pendant un bon moment, on parle de sexe. Elle est assez chaude, à l'évidence, mais en fait-elle autant que ce qu'elle laisse entendre ? Des indices m'incitent à penser que oui, mais je n'en suis cependant pas certain. C'est à confirmer. En tout cas, elle a cette approche décomplexée des choses du sexe propre aux jeunes gonzesses aujourd'hui. J'apprends qu'elle n'habite plus à Paris, mais dans une ville à quelques centaines de kilomètres de là. Etrangement, il s'agit justement de la ville dans laquelle habite V*. Drôle de hasard. Elle me dit qu'elle revient cependant tous les week-end à Paris. On prévoit de se voir ce week-end.

C'est alors que, au détour d'une phrase, on comprend mutuellement qu'on a un étrange point commun, pour le moins troublant (une histoire de "début de vie", encore, j'ai parlé de cet aspect-là  de ma vie il y a quelques temps sur ce blog). Je suis assez décontenancé, et elle aussi je crois. Du coup, la conversation prend une toute autre tournure. Moins superficielle, plus sincère. Je cesse de la considérer comme un corps avec lequel je pourrais potentiellement me branler, et elle devient une femme. On parle. Les heures passent. Puis on finit par raccrocher. Il est 23h30.

Je n'ai plus du tout envie de dormir. Je suis pensif. Cette conversation était vraiment surprenante.

C'est alors que je réalise que mon voisin d'en face, habitant de l'autre côté de la rue, en vis-à-vis par rapport à mon appartement, hurle depuis des heures à son balcon. J'ai l'habitude, car ça fait des mois que ça dure, à raison de deux soirs hebdomadaires en moyenne. Ce type est perpétuellement submergé de haine. Il s'adresse à ses voisins, qu'il insulte copieusement de son balcon, ou alors à des personnages imaginaires quand il est bourré. Il est manifestement dérangé, mais en même temps je suis convaincu qu'il sait très bien ce qu'il fait, qu'il a conscience qu'il empêche tout le quartier de dormir.

C'est un peu con, mais je n'ai jamais osé le remettre en place. Il est assez flippant en fait. Il a une gueule assez inquiétante, pleine de vice et de haine. Je suis sûr que c'est le genre à commettre des actes de malveillance. En fait, il est tellement extrème que je ne sais pas du tout de quoi il est capable. Je le vois par exemple très bien foutre le feu quelque part quand tout le monde dort, par exemple. De surcroit, je sais aussi très bien ce qui peut m'arriver si je m'avise de faire respecter mes droits directement, sans respecter le monopole de la violence normalement dévolu à l'Etat.  Et du coup voilà, c'est un peu humiliant, mais je n'ai jamais osé lui dire quoi que ce soit. Ni aucune autre personne de ma rue, d'ailleurs. Depuis des mois, je me suis donc résigné à dormir avec des boules Quies.

Et donc hier soir, rebelote. Il hurle. Il insulte encore les voisins de son bâtiment, qui endurent stoïquement l'aggression verbale, comme d'hab. Il est à fond. J'ai envie de le tuer. Je regarde la fin de "In the mood for love" mais je n'arrive pas à me concentrer. Il crie trop fort.

Alors je m'habille, et je sors sur mon balcon. Je m'étais toujours dit que le jour où je lui parlerai, il me faudrait être calme, et procéder par gradation dans l'agressivité ; inutile de tout donner d'emblée. Mais là, ce fut pour le moins raté. J'ai complètement craqué. Je lui ai hurlé direct de fermer sa putain de gueule. Après un instant de surprise, le mec a commencé à m'expliquer que ce n'était pas sa faute, que c'était sa voisine qui tapait contre son mur, et que c'est pour cela qu'il hurlait. Je lui ai hurlé que je m'en branlais de ses histoires, qu'il ne fallait pas qu'il me casse les couilles, qu'il fallait qu'il ferme sa gueule, et que sinon il allait lui arriver des "bricoles". Bref, je l'ai menacé et insulté. Tout ce que je ne voulais pas faire. Le mec a alors commencé à me répondre. Je lui ai proposé de le retrouver en bas dans la rue. Mais il a décliné, si l'on peut dire, en se contentant de continuer à me hurler dessus.

Je suis rentré chez moi, ne sachant que faire. Puis je suis ressorti encore sur le balcon, pour hurler à nouveau. Ca ne servait à rien, je le savais, mais c'était bon.

C'est alors que une, deux, puis plein de têtes de voisins sont apparues aux fenêtres de ma rue. Et ils se sont lâchés à leur tour, en insultant eux aussi le taré ; des hommes, des femmes, des jeunes, des vieux... C'était assez étonnant, j'avais déclenché un drôle de truc. Alors que je n'avais strictement jamais entendu personne lui dire la moindre chose, j'ai pu mesurer le degré d'exaspération contenue atteint par mes voisins.

Je suis rentré chez moi. Le taré a hurlé un peu moins fort pendant une demi-heure encore, puis c'était fini. Quant à moi, j'ai plutôt bien dormi. Je ne sais pas comment ça va se passer lorsque je le croiserai dans la rue, mais ça risque de partir en sucette : j'ai vraiment envie de l'anéantir, je ne suis pas du tout sûr de rester calme. Et en même temps, je suis sûr que ce connard se fera un plaisir de porter plainte si je le touche. C'est assez énervant.

Bon, heureusement, si tout se passe bien, je déménage bientôt.

09.07.2006

En vrac

Ces derniers temps, j'ai joué au serrurier comme vous le savez. J'ai de moins en moins de portes fermées, et de plus en plus de portes ouvertes. C'est bien. Dommage collatéral : j’ai un peu délaissé mon blog. Et c’est mal. Alors en vrac, ces derniers jours :

Finances :

La semaine dernière, mon banquier, un espèce de blanc-bec prototypique des produits de nos belles écoles de commerce, m’a accordé un prêt à un taux d’usurier. La raison ? « Le fonctionnement particulier de mon compte bancaire ». Connard. Toujours est-il que :

-          Je n’ai plus de découvert permanent. Fini mes agios mensuels exorbitants.

-          Je peux m’acheter un scooter. Je vais chercher un X8 d’occasion.

-          J’ai racheté un prêt dont les intérêts étaient encore plus énormes que celui-ci.

-          J’ai pu dévaliser, en ces temps de soldes, quelques magasins de fringues histoire de renouveler mon stock de chemises. J’adore les belles chemises.

Une des conditions de l’octroi de ce prêt a été le blocage mensuel d’une certaine somme d’argent dans le cadre d’un contrat d’assurance-vie. Comme je n’ai pas d’enfants, j’ai donc inscrit mon filleul en tant que bénéficiaire. Mon filleul est le fils d’une de mes meilleures amies, avec laquelle j’ai habité lors de sa grossesse ainsi que durant les 3 premières années qui ont suivi la naissance de son fils. Mon filleul a 9 ans, aime le foot, est trop sensible, et a besoin de référents masculins. Avec sa mère et le récent mari de cette dernière, ils habitent maintenant dans le sud-ouest de la France. Durant l’époque où j’habitais avec elle, dans ma ville quasi-natale du sud de la France, je m’étais forcément un peu occupé de lui, puisque j’étais de facto l’homme de la maison à cette époque, et que le géniteur n’était pas dans les parages. A cette période, je l’appelais « petit poussin ». Mais j’ai arrêté maintenant : à chaque fois que je le vois ou  que je l’ai au téléphone, je lui parle désormais avec une voix grave et virile.

J’aime ce souvenir : le jour où j’ai amené sa mère à la clinique le jour de l’accouchement. J’avais 23 ans. Il était 11 heures du mat, je dormais depuis 3 heures, après avoir passé une nuit à me défoncer la gueule avec ma bande de potes de l’époque, comme presque toutes les nuits de cette période d’ailleurs. Mon amie m’a réveillé, et m’a dit en grimaçant que « c’était bon ». Je me suis redressé d’un seul coup, et avec ma vieille 504 Peugeot (la voiture dont je me servais à l’époque pour mon taf d’agent commercial – je la garais généralement à une ou deux rues de mes clients pour que ces derniers ne me voient pas sortir de cet engin fumigène), j’ai foncé à la clinique. J’ai posé la femelle et son ventre rond là où il fallait, puis je suis allé me prendre une bière au bar de la clinique, histoire de soigner ma gueule de bois. Je pensais en avoir pour quelques heures de répit, mais en fait non. Je n’avais même pas fini mon verre qu’une infirmière a fondu vers moi en me disant que c’était fait, qu’il était né. J’ai lâché mon verre et j’ai foncé vers la salle d’accouchement. Je disais « je suis le père, je suis le père » avec mon haleine puante de pochtron. Les infirmières m'ont cru. On m’a mis un bonnet et une combinaison, et j’ai vu un petit poussin.

  

Boulot :

Mon boss ne m’aime pas, enfin de moins en moins. Parmi les multiples raisons :

-          mon boss a récemment viré la personne qui m’a permis, il y a 3 ans, de mettre un pied dans la boîte où je bosse. A cette époque, n’ayant pas les diplômes requis pour être là, cette personne avait donc dépensé quelques heures de son temps pour me former. Je lui dois un peu d’être le journaliste que je suis, et accessoirement d’avoir pu quitter le milieu du cinéma dans lequel je travaillais à l’époque, lequel me prenait assez intensément la tête. Bon. Donc cette sympathique personne n’est plus là, virée pour des motifs à moitié justifiés : disons qu’elle avait une bonne grosse névrose qui parasitait quelque peu sa façon de travailler, et dans laquelle la  perversion de mon boss s’est engouffrée. Et le coït entre ces deux psychés peu équilibrées a finalement débouché sur ce licenciement. Avec deux autres personnes de mon taf, j’ai alors rédigé une pétition, signée par la quasi-totalité de ma rédac, pour exprimer notre désaccord. Mon boss a fait la gueule.

-          Lors d’une réunion où tout le monde était là, j’ai été le seul à dire que je n’étais pas d’accord avec sa décision sur le licenciement. Il déteste être attaqué en public, et depuis, il me fait encore plus la gueule.

-          Mon boss pressent que j’ai d’autres projets professionnels en dehors de mon taf, et ça l’énerve, même s’il ne peut pas le prouver. En effet, dans mon contrat, il est stipulé que je n’en ai pas le droit.

-          Mon boss n’aime pas lorsque j’ai des bonnes idées. Bien qu’étant bon dans son travail, il se sent perpétuellement menacé. J’ai appris récemment par quelqu’un « qu’il se méfie de moi, parce que j’ai beaucoup d’idées ». Il est désormais évident que la requête que j’ai récemment formulée auprès de lui visant à obtenir plus de responsabilités n’aboutira jamais. Professionnellement, je suis donc dans une impasse. Mais j’ai quelques idées pour en sortir.

  

Logement :

J’attends la réponse de l’office HLM, pour mon studio quartier Belleville. Un grand studio, dans lequel je vais pouvoir peindre, installer un sac de frappe, et puis faire de la photo.

  

Art :

Mon projet de film de droite progresse. Un réseau se forme, grâce à mes connaissances nouées lorsque je travaillais dans ce milieu. Je sais que ce truc-là va marcher. C’est le projet artistique de ma vie.

  

Sport :

Je tente de monter un club de boxe à mon taf. Mon DRH m’a dit qu’il n’avait pas de local pour cela. Alors j’ai arpenté les alentours de mon lieu de travail, et j’ai repéré non loin un endroit où il serait possible de faire du sport. J’ai donc commencé à proposer à des mecs que je croise dans les couloirs, le principe « de petits entraînements de boxe conviviaux » entre midi et deux. Ca ne prends pas super bien pour l’instant, mais ce n’est que le début de ma prospection. Je pense que je vais faire des affiches, et les punaiser un peu partout. Et puis il y a d’autres boîtes à côté de la mienne, avec notamment pas mal de jeunes mecs qui font du télémarketing. Je vais sûrement aller leur proposer mon truc, si je ne trouve personne dans ma propre boîte.

En attendant, je me suis inscrit au club de fitness à côté de mon taf.

  

Sexe :

C’est moyen, je dois bien le reconnaître. J’ai quelques nouvelles ouvertures, avec des filles rencontrées récemment lors de soirées. Mais rien de très emballant, en fait. J’en ai marre de draguer des femmes dont je sais pertinemment qu’elles ne seront jamais rien pour moi. Force antagoniste : l’hygiène du sexe. Sans sexe, je deviens con. Alors je drague quand même, sans grande motivation.

  

Vie familiale potentielle :

J’ai rappelé une fille que je n’osais pas appeler depuis des mois. Elle est physiquement somptueuse, a monté un one-woman-show hilarant. C’est une vraie belle femme, avec une intelligence de femme et pas de mec. Bref une femme comme je les aime. Elle m’avait filé son tel après une soirée chez une pote il y a une grosse année, où, pinté au champagne, j’avais fait mon numéro à deux balles de nietzshéen inactuel. Pour diverses raisons, nous n’avions pas pu nous voir, et depuis j’avais lâché l’affaire. La vraie raison est que j’avais peur, je ne me sentais pas à la hauteur. Bon bref, je l’ai rappelée sans me faire d’illusions. Elle était un peu surprise. A suivre.

En fait, le truc est que je me suis fixé le planning suivant : étant donné que le souvenir de V* hante toujours aussi efficacement mes neurones, je me suis donné 6 mois pour rencontrer des femmes au moins aussi bien que V* (et même si je me prends une veste à la fin, c’est pas grave : l’important est juste, dans un premier temps, de constater qu’il existe d’autres femmes aussi désirables que V*). Si, en janvier 2007, je n’y suis pas parvenu, alors je partirai un mois ou deux dans la ville où habite V* et son nouveau mec, je prendrai un studio ou une chambre d’hôtel, et je ferai du forcing.

Vous trouvez que c’est un projet stupide ? Je n’ai pas trouvé autre chose. Vous n’avez qu’à me proposer mieux, si vous êtes si malins.

06.07.2006

Avancer

Il a récemment été question de porte cadenassée sur ce blog, et puis aussi de peur. Depuis une semaine, j'ai décidé d'ouvrir tout ça. On verra bien ce que ça donne. Pour l'instant, c'est plutôt positif. Mais je reviendrai sûrement là-dessus plus en détail.

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