30.06.2006

Iténarration

Au taf ce matin, je suis au radar. En effet, j'ai dormi 3 heures, et je suis dans un état un peu second, bien que pas désagréable. Autant le dire tout de suite, la raison de cette courte nuit n'est pas sexuelle. En fait, hier soir, après avoir essayé sans succès de m'endormir à 22h, j'ai été contraint de me lever, et de maintenir une activité cérébrale diffuse jusqu'à 4h du mat. On appelle communément cela une insomnie.

Alors pour passer le temps, j'ai allumé mon ordinateur, et, tout en écoutant en boucle le même morceau de Roots Manuva à fond dans mon casque, j'ai bossé sur mon projet à pognon, répondu à des mails en retard, fumé beaucoup de clopes, bramé "Sometimes I hate myself, sometimes I love myself" au moins 250 fois dans la nuit  (en cause, le morceau de Roots Manuva en boucle dans mes oreilles),  bu du Porto blanc qu'une amie m'a gentiment ramené du Portugal, et puis réfléchi à divers trucs.

Du genre par exemple : est ce que je change de logement ou non ? En effet, j'ai visité un appart dans les environs de Belleville avant-hier : il est pas mal, et comme j'en ai marre de mon 14e arrondissement et que Belleville me manque un peu (j'y ai habité 6 ans), j'ai donc joué avec l'idée de me casser. D'ailleurs, le résultat est que ce matin, après avoir réécouté encore une dizaine de fois le morceau de Roots Manuva, j'ai appelé les gens qui gèrent la location, et je leur ai dit que je prenais l'appart. Le tout est que mon dossier soit accepté par la gérance, ce qui n'est pas entièrement acquis (c'est un appart hlm, obtenu via mon taf).

Bon, soyons franc, le but est surtout de quitter un appart dans lequel l'odeur de la chatte de V* rode encore partout, tous les jours, toutes les minutes, toutes les secondes, et cela sans que le temps n'y change strictement rien. (Sometimes I hate myself, sometimes I love myself.)

Durant mes 3 heures de nuit, j'ai fait un rêve du genre thriller, tellement flippant que je me suis réveillé avant la fin. J'avais le cœur qui battait à 100 à l'heure. Dans le rêve, il était question de messages reçus sur mon portable. Au début, il s'agissait de messages de mon père, puis je réalisais peu qu'il ne s'agissait pas du père auquel je pensais. J'ai eu peur. J'ai laissé le cadenas sur la porte qui menaçait de s'ouvrir, et je me suis réveillé. (Sometimes I hate my self, sometimes I love myself.)

Je me suis levé, douché, j'ai chargé le morceau de Roots Manuva sur mon lecteur mp3, écouté la dernière intervention avant l'été de Nicolas Canteloup sur Europe 1, puis je suis parti au boulot. Dans le métro et dans la rue, la musique dans les oreilles, j'ai laissé libre cours à ma créativité chorégraphique, toute personnelle s'entend. On m'a bien sûr dévisagé à de nombreuses reprises, mais je m'en branlais assez largement, même si je me disais que tout cela n'était décidément pas la meilleure manière de rencontrer la mère de mes enfants. (Sometimes I hate myself, sometimes I love myself.)

Puis je suis arrive au taf, ai participé à une réunion de travail où j'ai parlé de quête des origines et de déchéance originelle. Puis j'ai décidé de rédiger cette note. Pour la suite, revenez donc au début de ce texte.

Et voilà, ça y est, vous êtes prisonniers d'une histoire sans fin. C'est la mienne. Bienvenue.

Sometimes I hate myself...

29.06.2006

Ici, mec, c'est mon blog

J’ai peur. J’ai peur de moi. De ce qui pourrait se passer si j'ouvrais certaines portes. Putain, merde, ma journée n'a été qu'une prise de conscience de cela. Aujourd’hui, j'ai parlé à la télé de choses sérieuses, rencontré plusieurs nouvelles personnes intéressantes, plu à des femmes belles et originales, donné à croire que j'étais intelligent à plusieurs reprises, décliné un plan cul, bu du bon champagne gratuit, parlé avec condescendance avec une personne qualifiée dans les médias de "philosophe", été dans le métro regardé avec condescendance par une fille qui, vu mon comportement, me pensait probablement  fou, et puis d'autres choses encore. Et tout en même temps, je n’étais qu'un type cadenassé par une putain de peur archaïque. Voilà. Je dis ça ici. Sur ce blog. Cet endroit aseptisé, à distance de tout, où je ne connais personne que je connais. J’ai trop bu, mec. J'ai sûrement trop bu. Mais de toute façon, c’est mon blog, je fais ce que je veux. Dans un ¼ d’heure, un pote va arriver, on va aller prendre un verre quelque part, et tout à l’heure, je rentrerai chez moi, je serai encore plus raide, et peut-être que j’écrirai encore plus ce que je veux sur ce blog. Mais après tout, mec, c’est mon blog ici.

 

26.06.2006

Occident

Nos instincts pourrissent

Somnolent leur défaite dans le zoo diurne

Errent, le soir venu, comme des chiens mauvais

Nous hyperdétruisent

 

23.06.2006

Vendredi noir

Je suis vert. La Corée est éliminée.

18.06.2006

Une bonne opération

Très bon nul obtenu par la Corée ce soir. La victoire n’était pas loin, c’est un peu dommage. Mais avec 4 points, la probabilité d'accès aux 8est importante, à condition d'éviter la défaite contre la Suisse.

Quant au match lui-même, quel chien, quelle classe cette équipe coréenne ! Menés durant une grande partie du match, les rouges n’ont cependant jamais abandonné, lançant offensive sur offensive, gardant leur sang-froid en permanence, et ne commettant de surcroît que très peu de fautes en comparaison des mauvais gestes observés chez les français.

Côté supporters, chapeau bas : une présence  impressionnante et enthousiaste, tous derrière leur équipe du début à la fin du match. Quel cop ! Evidemment, ils ont carrément humilié les supporters français, très peu nombreux et quasi-inexistants (j’ai simplement entendu ces derniers scander « zizou » un court instant, un peu comme on prononce le nom d’un doudou qui rassure).

Résultat : une égalisation logique, 9 minutes avant la fin du match. Bravo.

17.06.2006

Baleines

Excellent entrainement à la boxe ce midi. J'ai une méchante pêche. Cet été, au cours duquel je ne quitterai pas Paris (pas assez de fric), entraînement intensif histoire d'impressionner tout le monde à la rentrée.

Après l'entraînement, je m'achète une tondeuse à cheveux chez Darty, regarde un bout du match Portugal-Iran sur un écran de démonstration, appelle un pote portugais pour lui dire que je suis aussi content que lui de la défaite de l'Iran, achète le dvd de "Fight Club", puis me rends chez mon banquier, où m'attend une désagréable surprise : il semblerait que je sois à nouveau interdit bancaire. J'ai bizarrement la possibilité de retirer du liquide, mais pas de payer en CB sur des bornes reliées à la BDF. Ca m'énerve un peu, mais comme je sais que "ce que l'on possède finit par nous posséder", je reste assez serein. Rdv mardi avec le petit con qui me sert de conseiller de clientèle, afin d’en savoir un peu plus.

Sinon, j'ai rêvé de baleines cette nuit : elles étaient trois, passaient d'abord sous le petit canot sur lequel je naviguais en créant de gigantesques vibrations liquides. Puis, alors que j'étais sur le sable, elles venaient s'échouer à tour de rôle pour me faire face. Elles étaient immenses et belles, légèrement rosées sur les flancs. Le face-à-face durait un moment, puis elles repartaient dans l'eau. C'était un cadeau formidable. Pour ceux qui sont ici de passage sur ce blog, il se trouve que voir des baleines est l'un de mes désirs les plus forts. Dès lors, ce rêve, je ne peux le voir que comme doté de la signification suivante : il tentait de me signifier que mes objets de désir, loin d'être inaccessibles, sont en fait potentiellement à portée de main ; il suffit pour cela que je me bouge un peu le cul. Enfin, c'est mon interprétation, et j'y tiens beaucoup.

Bon, je dois filer, direction chez mon pote P*, avec  sous le bras, des CDs que je lui ai gravés (du post-rock et un album du pianiste Abdullah Ibrahim), une bouteille de bon blanc, ainsi qu’une belle chemise sale que je laverai chez lui pendant que nous ripaillerons. Car après, direction une péniche, où l’une de mes amies et des amis à elle seront. Et comme ce soir, je veux parler à de belles femmes, et si possible coucher avec, je me dois par conséquent d’être beau.

Après tout, les baleines ne m’attendent-elles pas sur la grève ?

16.06.2006

Méandres de la psyché

Il m'est arrivé un drôle de truc aujourd'hui : j’ai compris le sens d’un tatouage que je m'étais fait faire quand j’étais ado.

Or, ce tatouage, plutôt glauque, représente en quelque sorte l'orientation que je souhaitais assigner à mon existence. Le fait que mon tatouage illustrait cela, je l’avais déjà compris il y a quelques années. Mais par contre, la raison qui m'avait poussé à fixer cette orientation à ma destinée m’avait toujours échappé.

Jusqu’à aujourd’hui.

Résultat : je sais par conséquent ce que signifie véritablement mon tatouage. Or, ne voyant plus aujourd'hui l’utilité de fixer une telle orientation à ma vie, il est dès lors évident qu’il va me falloir songer à recouvrir ce tatouage au plus vite. Par un gros dragon, des entrelacs tribaux, ou n’importe quoi d’autre, je m’en fous un peu en fait.

13.06.2006

Football football

A mon taf, une télé a été installée dans un bureau, pour le Mondial. Après avoir rendu un dossier urgent à mon boss, je m’en vais jeter un œil sur la deuxième mi-temps. Il y a une dizaine de salariés de ma boîte, qui regardent le match. La non-équipe de France non-joue un non-match. C’est assez impressionnant, cette absence de cœur au ventre.

Suite à une occasion suisse (celle de la tête à bout portant, où Barthez renvoie comme il peut), je me surprends même à me lever de mon siège, espérant le but des suisses. Voyant qu’il n’y a pas but, je me retiens de jurer (je ne veux pas me faire trop remarquer), et me rassoit. Ma réaction m’emmerde un peu, mais qu’y puis-je ? C’est venu comme ça.

Une jeune stagiaire entre dans la salle, pour regarder le match, et s’assied par terre, sur la moquette. Elle a 20 piges maxi, maquillée comme une star de X. Comme elle a une jupe, largement retroussée du fait de sa position, j’ai une vue exclusive sur sa chatte et son petit string noir. Elle croise mon regard et a une sorte de sourire bête. Mais ce n’est pas de la drague, c’est juste une sorte d’impudeur assez stupide. La situation me gêne un peu, et je décide de la boycotter du regard.

Plus tard dans la soirée, une ex m’appelle pour prendre de mes news. On parle foot. Je lui dis que lors du match Corée-France, je serai pour la Corée. Elle me demande pourquoi. Je lui explique alors que c’est parce que j’ai des liens familiaux assez étroits avec la Corée, du fait d’une histoire généalogique plutôt obscure (d’ailleurs, si vous continuez à lire ce blog, vous apprendrez probablement que j’ai également des liens familiaux avec d’autres pays du monde très exotiques également –qui ne sont malheureusement pas représentés au Mondial-, et là encore pour des raisons généalogiques plutôt obscures). Et de ce fait, dis-je, je ne vois pas pourquoi je ne devrais pas supporter les coréens, qui d'une certaine manière font partie de ma famille, alors qu’ils jouent contre des africains avec lesquels je n’ai en revanche aucune histoire généalogique commune, même obscure. Elle est un peu choquée, car elle sait que je parle sérieusement, mais comme elle me connaît, elle rigole.

Plus tard encore, chez moi. J'écris cette note. En fond, j’écoute Europe 1 : ils font le constat que l’équipe de France n’a pas d’âme, et ils se demandent d’où ça vient. Amusant.

 Je me rappelle de la demi-finale du Mondial 82, France-Allemagne. J’avais 10 ans, j’étais avec mon frère et mon père, dans un restaurant bondé d’allemands, devant la télé commune. Suite à la défaite de la France, j’ai pleuré pendant 2 jours. Le pénalty raté de Bossis se rejouait sans cesse dans ma tête. A cette époque, mes héros s’appelaient Giresse et Bossis, tout autant que Trésor et Tigana. De sacrés joueurs, tous ces mecs. Je les aimais immensément, de tout mon cœur. De toute la passion dont était capable un joueur de foot de 10 ans, qui jouait en pupille dans une petite ville du sud de la France.

Bon, guys, ce soir tout s'emmêle un peu, je suis assez fatigué en fait. Tout ce que je peux vous dire, c’est que la vie, je la trouve bien complexe, et que ce n’est pas avec quelques lignes tapées sur un blog que je parviendrai à exprimer ce que je ressens.

12.06.2006

Tsunami

Aujourd'hui, au taf, un tsunami de travail m'a englouti. C'est assez désagréable. Heure de départ prévue pour ce soir : 23h. Au bas mot.

 

09.06.2006

Pokermania

Bon, certes j'ai ré-arrêté de fumer, mais c'est pas pour autant que je vais  supprimer toutes mes satisfactions de dernier homme, non plus. Donc, ce soir, c'est soirée poker.

En prévision de cela, hier soir, après la boxe, j'ai passé 4 heures dans mon lit à faire des petits calculs de statistiques, que j'ai tenté de mémoriser ce matin dans le métro. Ca devrait normalement m'être plutôt utile. A la condition toutefois que je renonce à boire de l'alcool pendant le jeu : en effet, il y a quand même pas mal de chiffres à garder en mémoire (et toute une stratégie à développer derrière), donc il est hors de question d'en faire de la bouille avec de l'alcool, et même si c'est avec du bon vin cher comme il y a de temps à autre lors de ces soirées.

Allez, encore une heure devant mon écran plat à griller quelques milliers de neurones pour mon employeur, et puis direction l'antre du vice.

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