31.05.2006

Bug cognitif

Il est 17h 30. Je suis de retour chez moi. J'ai quitté le taf précocément car je suis claqué : ce matin, mon réveil a sonné en plein milieu d'un rêve. Et depuis, impossible de rebrancher mon cerveau  : j'ai la désagréable impression d'être imparfaitement "en moi", un peu comme si j'essayais désespérément de faire rentrer une cassette audio dans un lecteur CD. Enfin, si vous voyez ce que je veux dire (je suis fatigué je vous dis).

En quelque sorte, j'ai du mal à "chausser mon moi", quoi.

Mais en même temps, je ne peux pas me coucher maintenant, car sinon c'est réveil assuré vers 23h-minuit. La solution ? Je l'ai trouvée tout à l'heure, dans le métro du retour : je vais aller voir "Hooligans". Il sort aujourd'hui, c'est parfait. En plus, la presse bobo l'a démoli, c'est donc très bon signe.

30.05.2006

Retour

Retour de mon colloque du week-end, qui se déroulait à la montagne. Les conférences auxquelles j’ai assisté étaient de bonne tenue : denses en informations, basées sur des données récentes, parfois passionnantes. Bref, je n’ai pas perdu mon temps. Quant à l’aspect matériel, c’était assez bien aussi : un bon hôtel, de la bonne nourriture, du calme et des beaux paysages.

Là bas, je :

- discute avec un éthologue suisse, qui est également berger, et qui mène une étude sur l’éducation des chiens de berger. Il me parle des rapports entre les loups et les chiens de bergers. Il me dit que lorsque les troupeaux arrivent sur le lieu des pâturages, c’est là que tout se joue. Car les loups vont alors tester les chiens des différents troupeaux à l’occasion de petites confrontations. Puis ils mémoriseront les troupeaux où les chiens ont semblé les plus vulnérables. Et au cours des mois qui suivront, c’est alors vers ces troupeaux que les loups n’auront de cesse de revenir. Il me parle aussi de la duplicité du loup. Il me dit qu’il a souvent l’impression qu’avec la presque-disparition du loup de nos régions, l’homme a perdu son pendant animal, son double, il y a un face à face ancestral qui n’est plus. J’apprécie sa vision car le mec est par ailleurs dénué de toute vision idéalisée de la nature.

- assiste à une conférence dont je connais plus ou moins le contenu des infos. J’en profite alors pour regarder les personnes de sexe féminin qui sont dans l’assistance. Il n’y a presque que des thons.

- fais une intervention, lors du moment des "questions du public", pour proposer au chercheur qui parlait (une psychiatre qui parlait des processus de deuil chez l’enfant) une mini-analyse du sentiment d’absurdité (celui qui émerge lorsque l’enfant, suite à l'apprentissage de la mort, réalise que vivre=livrer un combat dont on sait pertinemment qu’il est perdu d’avance, etc). Après la conférence, un mec de l’assistance m’aborde. Il me dit qu’il a été intéressé par ce que j’ai raconté. Il croit que je suis psy. Le mec, la soixantaine d’années, est cardiologue dans un hôpital de la région. Il parle d’une voix très douce. On parle de l’anxiété face à la mort (mine de rien, ce thème constitue tout un domaine de recherche en psychiatrie). Il me parle de ses patients. Je lui demande s’il remarque, chez ceux qui se savent condamnés de façon certaine à moyen terme, une sorte d’habituation à l’idée de la mort, une sorte d’amoindrissement de la peur. Un temps. Il me regarde silencieusement (à ce moment, je sens les images de son quotidien défiler dans sa mémoire). Puis il répond simplement « non ».

- assiste au tremblement de terre en Indonésie sur une chaîne de TV allemande, dans ma chambre d’hôtel. Comme je n’ai plus la télé depuis un moment (je l’ai jetée), je suis resté scotché anormalement longtemps aux images.

- réalise que ces derniers temps, il m’est arrivé plusieurs fois que l’on me prenne pour un psychologue dans le cadre de mon taf, et cela venant de psychologues ou psychiatres, de surcroît. Ce que j’aime bien, car ça veut dire que mes connaissances dans ce secteur commencent à être correctes. Aurais-je aimé être psychologue ? Je ne crois pas. Même si ce domaine me passionne, je crois aussi que je suis assez d’accord avec Marc-Aurèle lorsqu’il écrit : « Rien de plus misérable que l’homme qui tourne autour de tout, qui scrute, comme on dit, les profondeurs de la terre, qui cherche à deviner ce qui se passe dans les âmes d’autrui, et qui ne sent pas qu’il lui suffit d’être en face du seul génie qui réside en lui, et de l’honorer d’un culte sincère ». Malgré tout, je dois bien reconnaître que deviner ce qui se trame chez autrui me fascine, et ce depuis que je suis môme. Non pas comme un hobby malsain, mais parce qu’à cette époque, il m’était réellement utile de comprendre ce que les autres avaient dans la tête. D’ailleurs, d’un point de vue évolutionniste, c’est de toute façon pour ce genre d’utilité que cette faculté est apparue. En sciences cognitives, on considère que l’individu, à partir de 3-4 ans, accède à la « théorie de l’esprit » : disposer d’une « théorie de l’esprit » (on dit comme ça), c’est avoir la capacité de formuler des hypothèses sur ce que l’autre croit. Or, selon les spécialistes de l’évolution, l’accès à la théorie de l’esprit n’est pas apparu au sein de notre espèce par passion pour les mystères mentaux de nos semblables, mais plus prosaïquement parce qu’il a été indispensable de prévoir les actions d’autrui : une faculté vitale pour survivre au sein de ces petits groupes de chasseurs-cueilleurs qui évoluaient au cours de ces quelques derniers millions d’années (« Est-il en colère ? » « Me ment-il sur la présence de gibier a cet endroit ? », « Désire-t-il me piquer ma gonzesse ? », etc).

- participe à la fête qui clôture le festival. Il y a une seule belle femme. Mais je la trouve vraiment TRES belle. C’est une blonde de la quarantaine, qui, même si elle accuse certaines rondeurs, dégage un truc assez puissant. Pourtant, je ne l’aborde pas, à cause de son mec, un genre de chauve flippé, qui fait rempart entre elle et le monde extérieur. Une sorte de Michel Blanc dans l’excellente comédie « Embrassez qui vous voulez ». Il n’aime pas qu’elle danse sans lui, lui fait des scènes, la force à danser un rock grotesque. Il ne se sent pas à la hauteur, et je le comprends. Ils partent tôt.

- discute avec un journaliste. Il a écrit des bouquins. Je lui parle d’un projet de bouquin. Il me file le contact d’un éditeur.

 

26.05.2006

Homme-clavier

Depuis hier, je suis scotché chez moi, sur mon ordi. Je bosse sur mon "projet parallèle", toujours pas achevé. Le concept ? En gros, il s'agit de fournir aux patrons d'un secteur d’activité bien particulier -lequel secteur est, disons, un peu « en crise » actuellement- un nouvel outil pour voir plus clair dans la tête de leurs clients. Et en ce moment, je termine la rédaction d'un dossier qui expose le fonctionnement de cet outil.

Bon, en gros, vous l'aurez compris, le but, c'est de me retrouver dans quelques années à rigoler du salaire minable que je perçois actuellement. Ca fait une grosse année que je travaille dessus, et là, c'est un moment assez excitant, car j'arrive à la fin du processus. Le verdict va tomber sous peu. Et là, deux solutions : ou l'outil est réellement performant, et ça pourrait changer pas mal de choses pour moi. Ou bien alors j'aurai gambergé une année pour rien. Mais ne stressons pas, la réponse est pour bientôt.

Sinon, je suis allé chercher mes billets pour mon escapade du week-end. J’ai payé en chèques vacances (le seul moyen de paiement dont je dispose actuellement, la classe), et serai remboursé par mon boss en euros tintinnabulants. Cest bienvenu.  

M’étonnerait que j’aie le temps de faire une virée sur internet de là-bas, du coup je pense que je re-posterai à partir de dimanche. Alors, bon week-end, guys.

25.05.2006

Ascension

Ce matin, je déambule un peu dans les rues de mon quartier. Il fait gris. J’achète un Coca avec 11 pièces de 10 centimes.

En marchant, je réalise à quel point les gens ont le regard méfiant : ils se croisent à peine du regard, ne le soutiennent jamais. Je me dis que cela provient entres autres du fait qu’ils ne savent jamais qui ils ont en face : « qui est-il ? quelle langue parle-t-il ? quelle est sa culture ? quelles sont ses valeurs ? ». Autant de questions sans réponses, qui finissent logiquement par inciter chacun à cette forme de repli défensif. C’est un mécanisme psychique assez compréhensible.

Au fond, en France, il ne nous reste plus grand-chose, et nous errons avec ce peu qui nous reste. En nous-mêmes, nous savons plus ou moins consciemment que nous sommes orphelins de quelque chose. Un quelque chose qui avait la forme d’un socle, d’une pierre angulaire commune. Je crois que nous avons généralement aussi plus ou moins conscience que c’est une situation à laquelle nous avons tous consenti, et ce n’est pas un sentiment très agréable.

De plus, je crois sincèrement que tout cela comporte une dimension irréversible. Car perdre le courage d’être ce que l'on est, c'est un acte par trop « contre la vie » pour qu’il puisse un jour être excusé. Au regard de la morale de la vie, il y a là quelque chose d’impardonnable. Et de ce fait, d'ailleurs, je ne suis pas du tout nostalgique. Je ne suis plus agrippé à rien. Je crois qu’il y a un deuil à faire. Et qu’il existera à l'avenir de nouvelles manières, différentes, de se définir. C’est bizarre, mais depuis quelques semaines, je ne me suis jamais autant senti libre. Libre de faire ce que je veux.

Midi. Tout en me préparant un bon steak de bœuf agrémenté de pommes de terres cuites à l’étouffée (avec ce qu’il faut d’ail et de l’oignon, bien sûr), je tombe sur une émission sur Europe 1 dont le thème est « Faut-il instaurer des jours fériés pour les fêtes juives et musulmanes en France ? ». Comme je suis aux prises avec la préparation de mon plat, je ne peux pas tout de suite changer de fréquence, alors j’ai droit à quelques interventions d’auditeurs. Ils semblent plutôt favorables à cette idée. En tout cas, ils estiment que se pencher sur cette question est légitime. Seul un grincheux vient casser l’ambiance : il dit que il ne voit pas pourquoi il faudrait modifier ce qui fait partie de l’histoire et des traditions de notre pays. D’autant plus qu’au Maghreb, ajoute-t-il, il n’y pas de jour férié pour les fêtes chrétiennes. Vite, le présentateur de l’émission cherche alors un truc à répondre à cela, il ne faudrait pas que l’émission dérape. Dans l’urgence, il fait alors une réponse à la portée comique indéniable. Il dit, très sérieusement : « Mais c’est qu’au Maghreb, des chrétiens, il n’y en a pas beaucoup ». Des flashes de l’histoire du 20e siècle traversent alors mon esprit, et je ris beaucoup. Quelques minutes après, j’en ai fini avec la préparation de mon plat, et je peux changer de fréquence, ouf.

Après le repas. Accoudé à la fenêtre ouverte de ma cuisine, je regarde les HLM en face, en écoutant un de mes albums préférés de Fairouz. Cette musique me donne toujours des frissons, ainsi que l’envie de pleurer. Pas de tristesse, mais tout simplement parce que cette musique me constitue. C’est l’un des ingrédients de mon âme. Accessoirement, c'est aussi le premier témoignage du monde extérieur que j'ai reçu, il y a quelques 33 ans, lorsque je logeais encore dans le ventre maternel. 

Dans cet album, on peut par exemple entendre des morceaux tels que 01_habbeytak_bessayf.mp3 ,  12_al_bint_el_chalabiya.mp3 , ou encore 07_el_kods_alatika.mp3 .

Toujours à ma fenêtre, j’aperçois un mec d’une vingtaine d’années, qui est dans un autre appartement du même bâtiment que moi. Il est dans sa chambre, et se regarde dans sa glace. Il croit que je ne le vois pas. Après avoir passé plusieurs minutes à choisir la bonne manière de mettre sa casquette, il se met alors à osciller devant son miroir, en mimant la gestuelle des chanteurs de hip-hop. Apparemment, il trouve enivrant le fait de ressembler à une racaille, ce qui fait que le spectacle dure plusieurs minutes. Bon. Je finis par augmenter le volume de ma musique.

Grâce à Fairouz, mes pensées décrochent alors. Un souvenir heureux me revient. C’est l'année 1999, en été. Je suis dans un petit village du Chouf, la région montagneuse du Liban. Je me retrouve là, car j’ai été invité par des libanais rencontrés quelques jours auparavant à Beyrouth, à passer un week-end dans leur villa du Chouf. Le point de ralliement pour cette fête est justement ce petit village de montagne. Des jeunes gens arrivent, que je ne connais pas. Nous nous retrouvons alors dans l’église maronite du village, car il y a un concert : plusieurs musiciens, et un chanteur. L'église est bondée. Dans l’assistance, qui écoute silencieusement, il y a des libanais de toutes les générations. Ils sont très majoritairement maronites, mais pas seulement. Ainsi, rien que dans le groupe que nous formons, par exemple, je sais qu’il y a aussi des musulmans.

Entre les morceaux, le mec parle, il raconte des histoires. Puis il chante la dernière chanson du concert. L’assistance frémit alors. Elle se met à chanter doucement avec lui, puis à voix de plus en plus haute. Une force invisible se déploie lentement. Les jeunes avec leurs fringues branchées et leurs lunettes de soleil, les cinquantenaires, les vieillards du village, tous connaissent par cœur les paroles de cette chanson, et tous chantent. Tandis que sur scène, les musiciens, radieux, n’en finissent pas de jouer.

J’éprouve alors ces frissons que je ressens habituellement à l’écoute de Fairouz. Et aussi cette même envie de pleurer. Et je sais qu'à ce moment, dans cette petite église, je n'étais pas le seul à éprouver cela.

Escapade en vue

A mon taf, on me propose de partir ce week-end dans un grand village de haute montagne, afin d’y assister à un festival scientifique. Deux jours, tous frais payés par ma boîte, à respirer du bon air pur.

C’est une proposition qui tombe à pic. Car :

- je n’ai plus UN euro (enfin, pour être précis, il m’en reste exactement 25, des euros, à faire durer jusqu’à la fin du mois) ; d’où les 9 euros en « petites coupures » de mon précédent post, tout se tient comme vous le voyez.

- je n’ai pas du tout envie de passer mon week-end de l’Ascension sur Paris ; sans un minimum d’argent, cette ville n’a pas vraiment beaucoup d’intérêt.

Et puis, il faut dire ce qui est, en ce moment, j'ai aussi un peu besoin de voir autre chose que les rues de mon 14e arrondissement. Je crois qu'une souris de labo n'a pas une vie tellement plus monotone que la mienne. D'ailleurs, pour être même tout à fait franc, je dois bien avouer que j'ai une envie considérable d'envoyer chier une bonne partie de ce qui constitue actuellement mon existence. Pour aller encore plus loin, je crois aujourd'hui que la question n’est même plus tellement de savoir si je vais le faire, mais plutôt de savoir comment je vais le faire ; c'est-à-dire comment je vais procéder à cette opération, sans pour autant trop me foutre dans la merde.

Tout cela sera à méditer ce week-end, sur ma montagne.

24.05.2006

S'énerver au Monoprix

Je vais acheter quelques denrées alimentaires au Monoprix de mon quartier. J'ai avec moi 9 euros... mais en pièces de 10 et 20 centimes. J'achète ce que je dois acheter, mais arrivé à la caisse, la grosse martiniquaise qui fait office de caissière me dit qu'elle ne veut pas compter les pièces, car elle ferme dans 5 minutes et que cela lui fera perdre trop de temps. Elle m’explique que je dois aller à une autre caisse qui ne ferme pas maintenant.

Evidemment, il est hors de question pour moi que je refasse la queue à une autre caisse, tout cela juste pour lui permettre de ne pas faire son travail. Je lui explique donc que je ne suis pas d’accord avec sa vision des choses, que mon argent est du « vrai argent » (sic), et donc que je ne vois pas pour quelle raison elle refuserait de m’encaisser. La file d’attente s’allonge, la caissière devient nerveuse. Mais malgré tout, elle refuse toujours de m’encaisser. Elle s'arc-boute, elle ne veut pas perdre la face, avec son air de gamine butée. Derrière moi, les gens attendent. J'hésite à lâcher l'affaire, mais le comportement de cette gonzesse m'exaspère vraiment. Alors je décide d'insister, je hausse la voix. Je lui demande ce que je dois faire avec cet argent qui est le mien, que j'ai gagné en travaillant. Je lui demande s’il ne vaut rien, si je dois le jeter à la poubelle et retourner chez moi en renonçant à mon dîner.

C’est alors qu’une jeune femme qui est derrière moi dans la queue finit par me faire passer 9 euros en grosses pièces. Putain, je suis vert, cette conne de caissière va s’en sortir comme ça. Et je sais bien que c'est cela qui va se passer, en fait, car ça m’emmerde vraiment de faire poireauter tous les gens de la queue. J’arrête finalement de gueuler, je file mes pièces à la fille. Laquelle me dit doucement qu’elle me fait confiance pour le montant, tout en me tendant grand ouvert un porte-monnaie de mamie. J’y verse mes pièces, je paye la caissière, et me tire avec les ingrédients de mon repas du soir. Je suis super énervé.

23.05.2006

Up

J'ai été augmenté. Un évènement pour le moins bienvenu, au vu de la situation cataclysmique qui est actuellement celle de mon compte bancaire.

L'augmentation de salaire, ou l'une des principales petites satisfactions des derniers hommes.

 

22.05.2006

La Ratp se modernise

Ce matin, j'étais à la bourre. Désireux de ne pas perdre mon temps à faire la queue pour acheter un ticket de métro, je décide donc de commettre donc un "franchissement illégal de tourniquet". Fatale erreur : de l'autre côté du coude du couloir, il y a une flopée de contrôleurs. Je me prépare alors à une bonne prise de tête matinale. Ce qui, pourtant, va se révéler être une deuxième erreur d'appréciation. En effet, au cours des désagréables formalités administratives qui s'annoncent, les représentants de la Ratp vont faire montre d'une courtoisie assez décalée, ridiculisant n'importe quel équipage d'un vol 1ere classe sur Air France.

M’ayant d’abord informé du montant à payer, la fille -une petite blonde de la cinquantaine- me demande en souriant d'un air excessivement affable "Vous désirez payer par chèque, espèces ou carte bleue"? Carte bleue ? Etonné que cela soit possible, je dis oui pour ce dernier moyen de paiement. Dans un mouvement élégant et parfaitement chorégraphié, elle se retourne alors vers sa collègue, lui fait un mouvement de main bien précis, que seul un employé de la Ratp peut comprendre, et se fait amener… une machine à carte bleue, comme au resto. Sous le regard bienveillant d'un gros bras, qui observe la scène d'un œil amical et presque complice, j’insère alors ma CB, tape mon code… et hop, me voilà délesté de 45 euros en un tournemain, sans rien sentir. En échange, la fille me donne un coupon « qui va me permettre de terminer mon trajet », explique-t-elle toujours avec son sourire d’hôtesse. Je prends congé en souriant moi aussi, bêtement, avec à la main mon beau ticket violet estampillé de l’inscription « 45 euros ». Au revoir la petite blonde de 50 ans, au revoir le black et ses gros biceps, merci merci, gros bisous à tous, c’était vraiment super. Tel le grand pinceau du bonheur, voilà que le personnel de la Ratp a peinturluré ma mauvaise humeur matinale de toutes les couleurs de l’arc en ciel.

Je pars bosser d’un pas léger. Et j’en oublierais presque que j’ai quand même très mal au cul.

21.05.2006

Une soirée avec la jeune J*

Soirée avec la jeune J*. On est au resto, on doit aller au ciné, mais on parle trop et on rate 2 séances d'affilée. Les japonais qui servent, et qui ont l'habitude que la clientèle défile, sont fous. Mais tant pis. C'est une discussion amicale, à bâtons rompus, pas de drague. On parle de taf, d'amitié, de politique, et puis de sexe.  Puis je lui raconte mon projet de film, sur lequel je bosse depuis un moment. C'est un film de droite, lui dis-je en préambule, pour la provoquer un peu, qui raconte l'histoire d'un homme qui devient ce qu'il est. Puis je déroule le fil de mon histoire, elle adore, et je suis très fier.

18.05.2006

Bruno

En relisant mes notes, il m'a semblé que j'avais des points communs avec le personnage de Bruno dans le bouquin de Houellebecq,  "Les particules élémentaires". Bon. Certes, ce n'est pas un constat très agréable. Car, pour ceux qui n'ont pas lu ce chef d'oeuvre (le mot "chef d'oeuvre" n'est pas ironique, je pense cela sincèrement), il faut bien reconnaitre que Bruno n'est pas un personnage à la coloration, disons, particulèrement triomphante.

En même temps, quel est intérêt de tricher dans un blog ? Je continuerai donc comme cela.

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