15.03.2006
Je "fonctionne"
Je reviens de la boxe. C’était un bon entrainement. Le club en question est un nouveau club que j’ai « essayé » cette année, en complément de celui où je vais déjà depuis plusieurs années. L’ambiance est excellente. Et le niveau de certains pratiquants vraiment bon, ce qui produit sur tout le monde une émulation que j’aime beaucoup.
La boite où je bosse va être vendue. C'est une drôle de période. Mes collègues sont en effervescence, les CV volent dans tous les sens. Une volée de moineaux. Des fourmis affolées qui courent dans toutes les directions parce qu'un enfant a marché sur le toit de leur demeure. Putain, on est pas grand chose.
Mon CV aussi a volé, dans une direction bien précise (en fait, il avait "décollé" avant l’annonce de la cession). J'aurai une réponse bientôt. Je ne stresse pas de toute façon. En fait je ne stresse pour rien ces derniers temps, c'en est presque déstabilisant. Car oui, il faut stresser. S'alarmer du temps qui passe, ce bolide silencieux. Se bouleverser. Agir. Vainement, gratuitement, sans savoir pourquoi. Commettre des actes libres. Et puis en tout cas ne pas fonctionner. Ce qui est pourtant mon cas en ce moment : je fais ce que j’ai à faire, je suis scrupuleusement du matin au soir le planning que mon PocketPC affiche fidèlement tous les matins, et puis c’est tout. La phrase « le désir est inextinguible » de Lacan m’est complètement étrangère, comme écrite dans une langue que je ne connais pas. Je n’aime pas du tout cet état, même si j’en connais la raison, et que je sais que c’est passager.
Parfois pourtant, je me « réveille » un peu. Je pense alors à la scène politique française, aux tensions géopolitiques, aux sociétés humaines et aux sociétés animales, aux enseignements troublants que des expériences de psychologie sociale menées ces dernières années nous ont livré sur la nature humaine… Et puis il se produit alors une sorte de court-circuit, j’interromps brutalement le fil de mes pensées, et je reviens à mon état habituel de « fonctionnement ». Ce n’était pas le moment, c’est tout. « Continue sagement à fonctionner, mec, fais pas chier », voilà ce que je me dis dans ces moments.
En fin de semaine, je passe sur une obscure chaine de la TNT, pour parler d’un dossier que j’ai écrit récemment. Je connais l’endroit. Je sais que dans les couloirs, les talons claqueront dans tous les sens, j’y croiserai plein de bimbos blondes (et pas toujours connes). Ca me plait bien.
Ce midi, déjeuné avec une stagiaire de ma boite : 24 ans, un DEA en neurosciences et une maitrise en philosophie des sciences. Ca calme. Elle a un joli visage de fille de bonne famille : jamais maquillée, un brin impertinent, mais aussi avec pas mal de réserve. Elle a également divers accessoires vestimentaires désuets. Avec sa voix douce, elle me parle des choix qu’elle a eu à faire lors de son cursus d’étudiante. Elle me dit des choses simples sur la vie que j’estime être vraies. C’est un très bon moment.
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01.03.2006
Récap
Le récapitulatif de ces derniers jours tient en quelques mots : je passe mes journées de vacances à régler une montagne de trucs administratifs et bancaires, c’est un peu pénible mais quand ça sera fait, je me sentirai plus léger.
Hier, ma sœur ma prêté une BD formidable : « Léonora » , de David B. et Pauline Martin. Moi qui lis peu de BD, j’avoue que j’ai été complètement bluffé. C’est une BD à l’univers onirique et un peu absurde, au graphisme assez improbable de prime abord. Et dont l’histoire recèle une foule de choses simples et universelles qui m’ont touché avec une étrange intensité . Ca m’emballe autant que "Essais sur les libertés" (un livre de Aron sur Tocqueville, et qui est aussi accessoirement mon bouquin de métro du moment), c’est dire.
Extrait (de la BD) :
Léonora (au Diable) : Ne sors pas trop la tête sinon je te la coupe.
Le Diable : Si tu savais comme je me sens proche de toi, proche des humains. Votre douleur est la mienne.
Léonora : N'essaie pas encore de m'avoir
Le Diable : Je ne tente rien, je suis un gouffre de douleur.
Léonora : Change.
Le Diable : Il y a quelque chose en moi qui veut que je n'y arrive pas.
Léonora : Alors je ne peux rien pour toi. (Elle part. Le Diable pleure)
Dans le sac contenant la BD que ma sœur m’a filé lorsque je suis parti de chez elle, il y avait aussi plein de trucs à manger, comme du bon chocolat aux noisettes, un thé à l’arôme très spécial, du bon café et d'autres choses encore. Autant de délicieuses denrées bien planquées au fond du sac, et dont je n’ai réalisé l’existence qu’une fois arrivé chez moi. Je l’ai remerciée aujourd’hui au téléphone : « ce sont des attentions de fille », m’a-t-elle répondu avec une petite voix douce.
Sinon, je m’en suis allé glaner quelques nouveaux mp3. Pour ceux qui comme moi, apprécient la musique contemporaine tendance electro (minimal techno, abstract techno, etc), allez donc faire un tour chez l’excellent Scanner aka Robin Rimbaud à la section mp3, ainsi que chez Stephen Vitiello.
Enfin, last but not the least, j'ai arrêté de fumer depuis 3 jours (j'avais repris récemment après 3 ans d'abstinence) . Au début, ça énerve un peu forcément, mais je vais en contrepartie pouvoir reprendre la boxe et les sports aquatiques (j'avais fortement ralenti depuis mon basculement dans mon ancien vice), ce qui me changera les idées.
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