23.02.2006

Acte inutile

Passé une bonne partie de l'après midi à rechercher des infos sur le meurtre d'Ilan. Pourquoi ? Suite à un dîner chez mon pote P*, hier soir. Au cours de ce dernier, on s'est en effet mis a parler de cette histoire. Et je lui ai dit avoir appris sur un forum français rapportant le journal Haaretz, que les mecs qui avaient enlevé Ilan récitaient des versets du coran en fond sonore au téléphone, lorsqu'ils appelaient les parents pour négocier la rançon. P* ne m'a pas cru. P* est d'une famille juive, et il est ultrasensible à ce genre d'infos.

Ce matin, il m'envoie un mail en me disant, manifestement rassuré, qu'il est allé sur le site de Haaretz, et qu'il n'a rien trouvé. Me voilà alors parti pour remonter mes sources. Une tâche pas simple, puisqu'en France effectivement, l'info n'a pas du tout circulé dans les médias officiels. Au bout de plusieurs heures, j'arrive cependant à ce résultat:

Ont parlé de cette histoire de versets récités au téléphone :

- à l'origine, le journal Haaretz, suite à une déclaration de l'oncle d'Ilan

- la radio RCJ, le 19 février dans l'émission Qui Vive

- le journaliste Alain Hertogue sur son blog

- le Bureau National de Vigilance Contre l'Antisémitisme

- le Los Angeles Times

Je lui envoie les infos. Je reçois la réponse de P*, qui reconnait qu'effectivement, tout n'a manifestement pas été raconté par les médias. Je sens de la tristesse dans son mail, la tristesse que cette histoire soit vraie. Et du coup, je me sens un peu con d'avoir généré ça chez mon ami. J'ai pour habitude de respecter l'attitude des personnes qui se ferment volontairement au flux continuel de toutes les informations anxiogènes, pour se concentrer sur leur bonheur et celui de leurs proches. Et je respecte d'ailleurs cela peut-être aussi parce que je deviens un peu pareil, je crois.

En attendant, j'écoute les mp3 de Michel Jonasz que P* m'a gravé hier soir, tout en décidant qu'à notre prochaine entrevue, je m'abstiendrai de parler politique et société, pour me concentrer sur les sujets de la vie vraiment importants (femmes, sexe, voyages, moyens de se faire du fric... ).

22.02.2006

Fin de journée, début d'une autre

En deuxième partie de journée, il se passe ceci :

- je fais l'interview d'un spécialiste des primates (c'est le dernier acte professionnel de ma période pré-vacances). Il me parle des fondements de la morale chez les primates, de leur sens de l'équité, et plus généralement du sujet "du singe qui dort en nous". Pour lui, les sociétés de primates ont une hiérarchie pyramidale très claire, et c'est justement cela qui leur permet de vivre (hormis quelques bastons sporadiques entre petits chefs) de façon globalement agréable. Il me dit aussi qu'en labo, les primates font montre de capacités langagières très poussées quand on leur apprend des langues, mais qu'en milieu naturel, leur système de communication est pourtant très frustre. Pourquoi ? Il en conclut que c'est parce qu'ils n'ont tout simplement pas besoin de communiquer de façon aussi complexe que nous : pour assurer leur survie et celles de leurs congénères, leur système de communication élémentaire leur suffit parfaitement, inutile de faire plus d'efforts. J'aime cette idée.

Une autre personne est là pour l'interviewer aussi, mi-primatologue mi-journaliste. Elle a une grâce discrète, mais sa passion pour le sujet des primates est refroidissante (sexuellement je veux dire, car socialement elle est assez sympa) : c'est la "femme-homme", celle qui croit obtenir le phallus en s'emparant du savoir détenu par les hommes. Bizarrement, elle est en même temps douce et assez timide. Peut être souffre-t-elle de cette contradiction. Peut être aussi les primates ont ils occupé dans sa vie la place que les hommes n'ont pas voulu occuper. Bon, peut-être encore est-elle mariée, 3 enfants, et super heureuse, et dans ce cas-là je me plante complètement. Mais je ne pense pas.

- on m'appelle pour un rencart, suite à cela. J'en avais déjà eu un premier, qui s'était plutôt bien passé.

- je reçois un mail de J*. Cool. Elle écrit sans une faute d'orthographe (rare à son âge).

- J'appelle mon ami Alex. Alex est communiste depuis toujours, et je suis son ami depuis longtemps (les amis sont les amis, je ne plaisante pas avec l'amitié, surtout pour des choses aussi futiles que la politique). Il me propose de venir le voir dans le sud ouest, là où il habite. J'irai sûrement vers les beaux jours. On fera du surf, ça sera bien.

- j'écoute 50 Cents, Francis Cabrel ("Bonne nouvelle", énorme cette chanson d'amour), et encore la BO de 21 grammes.

- je me pointe boire un verre au bar en bas de chez moi, et j'y croise les deux mecs. On parle astronomie, géopolitique et religion.

- ma soeur m'appelle. Elle est coiffeuse, et ses collègues sont des cons. Elle en a marre.

- A 2h du mat, de retour chez moi, j'ai mon quart d'heure psychanalytique. Je pense aux femmes, et au difficile arbitrage qu'est le leur : il s'agit durant leur existence d'être quelque chose entre la femme-qui-pourrait-avoir-le-phallus (quête que la société fait mine de leur rendre accessible, et qui, malgré la promesse illusoire de jouissance totale qu'elle fait miroiter -celle de la toute puissance-, finit immanquablement par rendre malheureuses ou tarées celles qui tombent trop dans le panneau) et la pétasse-objet-de-son-mec (certes "normale", mais chiante et prévisible). Je pense alors à V* qui, par je ne sais quel miracle, avait su être quelqu'un d'autre qu'un point situé sur le continuum qui relie ces deux pôles. Tu me manques, V*.

21.02.2006

Vacances impromptues

Aujourd'hui, j'ai opéré à une saine rupture de rythme, matérialisée par une prise de congés de dernière minute. Résumons : j'arrive ce matin au boulot. Au bout d'une heure de travail, une chape de plomb me tombe dessus : lassitude, fatigue, mon boss pas là alors qu'on doit discuter des sujets sur lesquels je dois écrire... Bref, j'en ai marre. La fatigue qui tournait en sourdine depuis des mois sort brutalement au grand jour. Certes, le fait que, en 3 ans de boulot, je n'aie eu en tout et pour tout que... 4 semaines de vacances pèse lourd dans la balance (ne me demandez pas comment cela est possible, ça l'est -du simple fait qu'avant d'être embauché, j'avais un statut qui ne me donnait pas droit aux congés payés, mais bon on s'en fout).

Je décide alors d'aller méditer sur ma condition dans la salle fumeur. Quelques bouffées plus tard, je décide de poser 10 jours de vacances, là maintenant, dès cette après midi. C'est pas bien révolutionnaire comme décision, me direz vous. Mais c'est que mes congés, j'en ai pas des masses (embauche récente), et je les gardais en fait précieusement pour des périodes financièrement plus fastes, notamment pour faire un gros voyage dans le golfe du Mexique pour aller voir les baleines (chacun ses lubies). Bon, cette période de vaches grasses n'est jusqu'à présent pas survenue, et j'en ai marre d'attendre, alors tant pis pour les baleines.

Du coup, cette décision me détend beaucoup. Je rallume une clope, et puis une autre clope. Entre dans la salle fumeur une gonzesse que je croise souvent dans cette pièce, sans que pourtant on se soit jamais parlé. Assez ronde -bien que pas grosse-, souvent fringuée sexy mais pas trop non plus, plutôt attirante. J'entame la conversation. On parle. J'apprends qu'elle fait un stage en marketing. Le genre de nana qui a peur de son vide intérieur, et qui de ce fait aime les mecs qui ont des passions, des buts dans la vie. Pourtant, si les passions suffisaient à remplir le vide intérieur des gens, ça se saurait, non ? Mon intuition est que son propre vide intérieur, ça ne sert pas vraiment à grand chose de le fuir. En ce qui me concerne, je préfère le domestiquer comme un petit animal amusant, tout en le narguant de temps à autres avec quelques petits moments de bonheur volés ça et là.

Quoi qu'il en soit, la fille est assez sympathique. Je lui demande son téléphone. Elle me le donne en souriant.

Sur ce, je m'en vais remplir ma feuille de congés.

20.02.2006

Une semaine en orbite

Bon. Cette semaine il m'est arrivé un truc difficile à raconter, là comme ça. Un truc plutôt désagréable, en fait, et donc je ne connais pas encore l'issue (entre 2 et 7 mois pour avoir la réponse définitive). Je ne vais pas non plus faire mon mystérieux, alors j'arrête d'emblée d'en parler, et passons à autre chose.

Aujourd'hui, dimanche passé à obtenir une signature électronique sécurisée (demande d'une clé à Microsoft, etc). Et comme je suis une brêle en informatique, ça a pris du temps.

Puis ménage, et ensuite tentative de faire baisser la hauteur du tas de papiers administratifs qui trône sur la table de ma cuisine. Je ne vais pas épiloguer sur l'intérêt profond d'une telle journée, on voit bien qu'il tend vers 0. Et de toute façon il faut bien qu'il y en ait de temps en temps, des jours comme ça, non ? Je me console en me disant que, avant de me coucher, je lirai quelques pages de "Ressusciter", de Christian Bobin, un bouquin dont certains passages sont exceptionnels.

A part ça, je prépare mentalement mon entretien annuel d'évaluation qui va se dérouler cette semaine avec mon boss : un moment sympathique où, généralement, le boss explique à son subalterne tout ce qui ne va pas dans son travail, histoire de lui montrer que c'est bien lui le chef.

En ce qui me concerne, je pense que cet entretien ne sera pas très positif. Me sera notamment reproché mon attitude "en retrait" par rapport au reste de la rédaction. Ce qui est vrai. A cela, trois explications (mais que je ne pourrai pas exposer à mon boss, dommage) :

- mes opinions politiques, sans être pour autant extravagantes, ne sont pas en phase avec le journaliste moyen de ma rédaction qui, pour s'informer de ce qui se passe dans le vaste monde, use du journal "Libération" comme source d'information exclusive. Lorsqu'il y a 2 ans, les gens se sont rendus compte du décalage entre eux et moi (lors d'une banale discussion de cantine sur Houellebecq), il y a eu un rafraichissement très net de l'ambiance, surtout chez les gonzesses (qui font la pluie et le beau temps en ce qui concerne l'ambiance de ma rédac). Et cela ne s'est jamais réchauffé. Une sorte de mur invisible, mais pour autant trèèès épais, s'est depuis installé entre pas mal de personnes et moi.

- la deuxième raison, il me faut être franc, est de mon entière responsabilité : je n'ai pas été d'humeur très sociable avec mon prochain pendant... une longue période de ma vie, et même si, comme vous le savez peut-être, les choses ont très récemment changé à ce sujet, il est cependant des phénomènes qui mettent du temps à s'inverser ; et l'opinion qu'on se fait d'autrui est l'un de ces phénomènes (un peu comme ces pétroliers qui mettent 15 km pour s'arrêter en mer).

- la dernière raison enfin est, en gros, une sombre histoire de cul qui n'a pas eu lieu (à mon instigation). S'il est des coups de queue qui coûtent cher, l'inverse est vrai aussi.

Comme vous le devinez, il serait peu stratégique de révéler l'existence de ces trois raisons à mon boss durant mon entretien d'évaluation. Il me faudra donc en inventer d'autres. Si vous avez des idées...

12.02.2006

Latence

Je fume des clopes, tout en écoutant la BO de "21 grammes". Je regarde distraitement, mais longuement, par la fenêtre de ma cuisine. Je sais, grâce à un post d'Aska, que Victor Hugo a écrit un jour : « Car le plus lourd fardeau, c’est d’exister sans vivre ».

08.02.2006

Bluette

Hier soir, c'était l'anniversaire de mon pote P*. Dans un bar, tenu par un pote à lui. J'arrive en retard, un peu stressé pour une raison assez futile : je suis très sensible au charme de sa jeune soeur, qui, je le sais sera là, et que j'ai croisé une seule fois (!) il y a quelques mois (le reste du temps, c'est P* qui m'en a parlé, sans vraiment se douter à mon avis de tout le "bien" que je pensais d'elle). Profil de la donzelle, prénommée J* : 24 ans, belle, physique méditerranéen (la famille de mon pote P* est juive mi céf-mi ashkénaze), intelligente (bac à 16 ans), chante dans une chorale de musique classique, fait des études d'urbanisme. Il y a aussi les parents de P*. Ils sont contents de me rencontrer car, disent-ils, P* leur a raconté les nombreuses discussions enflammées qu'il a eu avec moi. J'ai été décrit comme faisant montre d'opinions "pas conventionnelles", mais "intéressantes" et "bien argumentées".

Au début de la soirée, je discute avec le père, qui est très sympathique. Je donne une image un peu fausse de moi même, plus "propre sur moi" que ce que je ne suis réellement (je joue au mec sérieux, casé professionnellement, fiable). Je pense d'ailleurs qu'il s'en rend compte mais il ne le montre pas. Tout ça c'est l'effet J*: je me dis que je dois donner à son père une bonne image car "on sait jamais", "au cas où...", "et si jamais...", etc etc. Tout cela est vraiment très naïf, mais c'est comme ça.

Puis, alors que je me rapproche doucement et discrètement de J* (on a croisé nos regards mais on ne s'est pas encore parlé), je tombe sur une gonzesse avec qui j'avais travaillé sur un tournage de film il y a quelques années (c'est qu'avant de verser dans le journalisme, il se trouve que dans une vie professionnelle antérieure, j'ai bossé dans le cinéma durant quelques années, mais j'aurai sûrement l'occase d'en reparler). La fille en question veut absolument parler de tout et de rien, c'est très pénible, je perds du temps.

Je finis par la semer en allant chercher une bouteille au bar, et je me rapproche à nouveau de J*. Bingo. On engage la conversation. On parle une bonne demi heure, comme déconnectés du reste du monde (en tout cas moi je l'étais). Le tout sous les regards de ses parents et de son frère, ce qui me gêne un peu. Je finis par lui promettre de lui envoyer une information, juste pour avoir son mail (je n'ose pas lui demander de but en blanc son téléphone, à cause de ses parents qui sont à 2 mètres).

Peu après, J* part avec une amie. Je reste, et je me détends (je me rends compte alors que j'étais complètement stressé). J'échange des paroles insignifiantes avec les gens présents, et puis je rentre.

Seul, chez moi. Carrément troublé par J*, je ne sais cependant pas trop ce que je dois faire, étant donné que son frère est l'un de mes tout meilleurs potes, et qu'il connaît ma propension à consommer les gonzesses plus que de raison. Et cette propension, non seulement il la connaît, mais il est de surcroît lui aussi doté de cette même caractéristique, ce qui fait qu'il ne nourrit absolument aucune illusion sur le vide narcissique qui sous-tend ce type de comportement. En d'autres termes, il aurait de très bonnes raisons de souhaiter à sa soeur un autre mec que moi. Cela étant, je crois que, à ce niveau là, je ne suis plus comme avant. Je suis en train de changer, mais P* ne le voit pas encore.

Bon, voilà, il fallait dans ce blog un peu de niaiserie façon "Hélène et les garçons", et bien c'est fait.

06.02.2006

Poker (2)

Bon, et bien voilà, me revoilà. Comme certains le savent, j'ai dû (à défaut de faire de même avec ma personne) faire migrer les posts de mon ancien blog sur celui-ci (en perdant au passage les quelques commentaires - désolé), pour d'obscures raisons -mais pour autant fort justifiées. Ce qui m'a contraint à ne pas poster ces derniers temps.

Que s'est il passé dernièrement ? Parlons poker. Le 3/2, ainsi qu'annoncé plus bas, voilà donc que je me pointe à 20h chez le type qui organise habituellement les parties. On était... neuf. Neuf mecs en pleine forme, bien décidés à en découdre, mais cependant dans une ambiance fair play, élégante, très agréable. On décide de faire deux tables de 4, jouant en parallèle. Et toutes les 2 heures, on change la composition des tables en tirant aux cartes.

C'est parti. Les 4 premières heures se passent mal pour moi : désireux d'éviter les pertes à tout prix (je suis un peu fauché en ce moment), je joue prudemment, défensivement, et de façon très lisible (quand je monte -"monter" c'est continuer à miser du pognon- tout le monde sait que j'ai du gros jeu, donc tout le monde se couche rapidement, et je ne gagne conséquemment que des clopinettes ; et le reste du temps, je finance le jeu des autres). Je comprends que je fonce dans le mur vers minuit-1h du mat. Des mecs partent, on fait une seule table, à cinq joueurs.

Et là j'ai une sorte de déclic bizarre : je décide de jouer sans flipper la somme que je me suis permis de perdre ce soir. Et qui plus est, voyant que mes adversaires cultivent eux aussi la prudence, de jouer très agressivement. De donner l'impression d'avoir tout le temps du jeu, de ne jamais faire que suivre, mais de surenchérir en permanence, même si j'ai un jeu totalement minable. Parfois, je casse le rythme en me couchant précocément ("se coucher", c'est sortir de la partie, renoncer au pognon misé au cours de ladite partie, ce qui signifie implicitement "sur cette partie, je n'ai pas de jeu"). Et ça paie. Je finis par montrer un ou deux jeux plutot bons, et je me forge une réputation de mec "qui a du jeu". J'en profite pour remporter des mises sans jamais montrer mon jeu, toujours en surenchérissant, tant et plus. Je n'avais jamais joué comme ça. Les mecs, se demandant à chaque fois si c'est de l'art ou du cochon, finissent presque toujours par se coucher. Et je rafle des pots (le pot, c'est la somme qui est mise sur le tapis lors d'une partie par l'ensemble des joueurs) plutot coquets avec des jeux vraiment tout pourris. Tout devient ultra easy. Je finis à 6h du mat en beauté, en montrant une quinte floche (combinaison la plus forte) face à un carré, qui me permet d'empocher pas mal de fric, sous les regards ecoeurés de mes sympathiques adversaires.

Résultat : je reviens chez moi avec pas mal de liquide. Et comme, en ce moment, je suis un peu fâché avec les distributeurs automatiques, c'est évidemment un évènement bienvenu. J'ai certes bien conscience de la futilité de cette joie, mais je m'y adonne pourtant sans retenue.

02.02.2006

Grosse fatigue

Je suis explosé. Cette semaine a commencé merdiquement. Dabord, croyez-le ou non, j'ai bossé 29h d'affilée (sans dormir donc) de lundi 12h à mardi 16h. Même pas chez moi, mais au bureau. Sans coke, sans amphet, sans rien. Juste avec la motivation du troufion de base, déterminé à donner le meilleur de lui même dans son boulot. De quoi s'agissait il ? De la rédaction d'un dossier plutot hardos (dont j'ai parlé plus haut), pour le canard qui m'emploie. Délais serrés, il a fallu assurer. Bon, le résultat est bien, je suis plutot content. Mais merde, ça coute cher question santé, ce genre de conneries. Quand j'étais plus jeune, j'ai fait des délires de ce style, aussi, mais c'était pour faire la fête, pour tirer des gonzesses, et puis c'était avec l'assistance de moult substances chimiques qui rendaient la performance super facile. Bref, pas du tout dans ce genre de contexte. Bon, je vieillis, c'est comme ça.

Dans la foulée, j'étais tellement mort mardi soir que je n'ai même pas pu aller à la crémaillère de ma pote Y*, et ça c'est très énervant.

Par ailleurs, il y a eu report de mon rendez vous censé me faire voir d'autres horizons professionnels (report à la semaine prochaine), et ça aussi c'est énervant.

Autre contrariété : je me pointe lundi matin à une réunion de l'Office d'Immigration du Canada, où j'apprends une fâcheuse nouvelle. Contexte : c'est une réunion d'information pour tous les candidats à l'expat. Je me mets dans le fond de la salle, finit mon sandwich tout en écoutant la canadienne de l'ambassade nous parler de son pays. Jusque là, c'est complètement ok. Elle nous parle du monde professionnel canadien, donc très anglo saxon, avec cette image d'épinal (manifestement avérée) du type qui peut changer de boulot tous les 3 ans. Et qui non seulement le peut, mais y gagne considération et estime. Et il se trouve que moi, avant de faire le journaliste dans la rédaction ou je passe actuellement mes jours (et mes nuits, donc), et bien j'ai fait un sacré petit paquet de boulots : livraison, restauration, manut, commerce, cinéma, ... bref j'ai touché à pas mal de filières. Mais bon, tout ça c'était en France. Et évidemment, c'est pas toujours bien vu, un CV pareil, quand on veut se caser professionnellement. Et donc voilà que je me dis "mec, ce pays est fait pour toi". Sans compter ces longs hivers froids (qui inclinent à l'introspection et au ski de fond) et ces étés, assure-t-elle, "plus chauds qu'en France" (de quoi, donc, favoriser l'épanouissement de son stock d'hormones). Bref, à ce moment là de la reunion, je suis très motivé.

Et c'est là qu'elle nous parle alors du casier judiciaire, obstacle majeur à l'immigration en ces contrées. Or, le mien n'est pas tout à fait vierge, si vous voyez ce que je veux dire, en tout cas moins immaculé que la neige canadienne (mais cependant quand même nettement plus beau que la neige toute pourrie des trottoirs parisiens). Personne ne tique. Sauf moi, qui lève timidement la main : "et... hum, lorsqu'on a un casier, ça se passe comment, alors ?". Il ya des rires, on se retourne pour voir la tête du type qui a posé la question (et ce qui est marrant, c'est que jeme suis rendu compte que je m'en foutais complètement).

Et j'apprends alors, en substance, que no way, mec, pas possible pour toi ne serait ce que de poser un seul pied dans ce beau pays qu'est le Canada. J'encaisse le coup (difficilement). Je poserai 3 - 4 autres questions dans ce sens au cours de la réunion, mais la conclusion restera globalement la même : il serait bien mieux que je m'expatrie en Europe (je déconne), au moyen orient, ou encore vers un des nombreux pays du tiers monde, qui seront beaoucoup moins regardants en matière de casier. Bon. Je vais aller consulter un avocat, histoire de voir les recours possibles, quand même. Et puis on avisera.

Bon, vous savez quoi ? C'est 4h, je me lève dans pas longtemps, alors je m'en vais aller sommeiller un peu, et je vous raconte la suite demain, de façon un peu moins décousue, ok ?

Et puis soyez urbains, touchez du bois pour moi, je joue au poker demain soir, et j'aimerais bien repartir chez moi les poches un tant soit peu dodues...

Merci d'avance.

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